‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 159 sur 188 · Documents privés · texte numérisé non relu

Documents privés

2. D'après le récit de Montjoyeux, lord A... avait obtenu de Marie qu'il donnât à souper chez elle à quelques amis. Il le fit, paraît-il, en homme qui se devait de ne pas être en reste de prodigalité avec celle qui présidait cette fête. 11 se proposait donc, pour l'en renfiercier, de lui olTrir un beau cheval de selle qu'il avait en vue à Londres. Mais ayant appris, entre temps, que Marie était tombée malade, il avait jugé opportun de lui témoigner sa gratitude en espèces plus sonnantes.

croire ? — que tout ce temps-là, elle tint ses volets clos à la lumière du jour, lui préférant « la lumière blafarde » qui tombait « de vastes lampes d'albâtre^ ». Etait-ce pour habituer son beau regard aux proches ténèbres de la tombe, tandis que, d'une main sans force, ouvrant un volume oublié parmi les colifichets de sa gloire première, elle demandait au poète,

— parfois aux récits de la Bible, — le bercement des heures de son couchant et le secret de mourir, elle aussi, désespérée et ravie !

Qu'est-ce donc que des jours pour valoir qu'on les pleure? Vn soleil, un soleil, une heure et puis une heure ! Celle qui vient ressemble à celle qui s'enfuit ; Ce qu'une nous apporte, une autre nous l'enlève ; Travail, repos, douleur et quelquefois un rêve. Voilà le jour, puis vient la nuit !

Elle ne partit cependant pas sans faire ses adieux à la vie. Elle vint porter à ses courtisans d'hier le salut de leur reine expirante. On di^t que deux soirs encore son élégante silhouette se profila dans une avant-scène sous la clarté des lustres. Une fois, vers la mi-décembre, ce fut à l'Opéra. « On crut, témoigne un rédacteur du Siècle, en voyant ce beau spectre, aux yeux enflammés, couvert de diamants »

— hélas ! où étaient-ils les rayons d'antan ! — « et enveloppé dans un flot de dentelles et de satin blanc, que Marie était sortie de la tombe

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