‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 17 sur 188 · II. Lucas, Heures d'amour · texte numérisé non relu

II. Lucas, Heures d'amour

ses vœux se peuvent suspendre aux autels ^. Aucune foi ne fit tant de prosélytes ni de plus heureux martyrs. On est enfant encore qu'on ne conçoit point d'autre bonheur que d'aimer, et très sérieusement, comme Sainte-Beuve auprès de Victor Pavie, on se lamente de ne l'avoir « jamais obtenu, ni pleinement ressenti ^ ». Tout ce qu'on a de force et de jeunesse, on le jette à la flamme du feu sacré. Quand elle s'éteint, « c'est l'hiver de l'âme ^ », qui souvent, ii,race au ciel, est suivi d'un nouveau printemps. — Si la foi le quitte, c'est pour l'être comme une anticipation de la mort. Le pessimisme fier et désolé du poème des Destinées où s'enferma Vigny à quarante ans est l'agonie hautaine d'une grande âme précipitée par la trahison de Marie Dorval dans le deuil des croyances de sa jeunesse. Certains même, comme ce pauvre Antony Deschamps, éprouvaient presque la terreur des syndérèses chrétiennes à l'idée d'une existence qui avait manqué à sa loi :

Car, n'avoir point aimé, femme, c'esl là le crinio ' !

C'est celui dont il s'accusait. La vicomtesse de Saint-Mars s'en garda, préférant pécher par excès que par défaut. Il faut l'entendre parler de la séduction et des ravages que l'amour exerça alors sur les cœurs généreux, tant il se présentait, à ce c[u'elle prétend, « dépouillé de toutes pensées charnelles » et sous la mine « du rêve, de l'idéal, de l'union des êtres dans l'azur ». Elle en avait l'expérience pour avoir été

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