A. Deschamvs, Dernicres Paroles il
successivement ou tout ensemble, la victime du comte de Rochefort, de lloger de Beauvoir, d'Elim Metschersky et de quelques autres ^,
Pour elle, tout ce qui tenait à la passion devait parler avant tout. Effectivement elle lui donna souvent la parole dans son existence, et nul ne l'en eût blâmée. Au-dessus de tout droit, il y avait « le droit humain, passionnel, imprescriptible ». Rien n'entrait en balance avec ses revendications, et une comtesse d'Agoult n'hésitait pas à leur sacrifier, son nom, sa fortune et son enfant, sans qu'on songeât autrement qu'à la plaindre quand le beau sentiment qui l'avait emportée eut fait naufrage. En un temps où « les échanges de sentiments étaient sans limites », l'amour ne se faisait pas à demi, et comme il procédait d'un droit si haut, le monde allait jusqu'à le protéger ^. A soixante-dix ans, M'"^ Paul de Musset ne voyait nulle impudeur à la publication de la correspondance galante que « l'Enfant du siècle» avait entretenue avec elle lorsqu'elle était jeune fille. Et la comtesse Dash n'avait que le regret de ses cheveux blancs quand Maxime Rude, le journaliste, l'amenait à évoquer les jours d'autrefois. « Ah ! si vous saviez comme nous aimions ! soupirait-elle. Ce qui peut vous paraître le plus exagéré dans un de nos romans, n'est que l'exacte vérité ^ ! »
Les romans, la femme les vivait avec une intensité telle que la réalité eût difficilement égalé les passions, les sacrifices et îes douleurs qu'elle se composait à plaisir.