P. O'Neddy, Poésies posllntines
gloire et mon bonheur ! » A quelle épreuve Emile Cabanon, l'auteur fantasque de Un Roman pour les Cuisinières, ne mettait-il pas la vertu d'une femme quand à bout de moyens de persuasion, il se jetait sous l'attelage de la belle inhumaine?
Plus heureuses du bonheur qu'elles donnaient que du leur, l'exaltation chez beaucoup de femmes était toute morale. Les Keepsakes, à qui leur coquet ajustement de soie et l'honorabilité des signatures dont ils étaient l'écrin facilitaient plus qu'aux romans l'accès des familles bourgeoises auxquelles ils apprenaient à la fois par leurs gravures le sentiment de la toilette et par leurs contes la toilette du sentiment, ont-ils assez prôné ce qu'il y avait de grandeur dans les faiblesses de la femme pour les « déshérités du sort », et les « âmes méconnues ! » Un peu de pâleur, une toux sèche, un air fatal et byronien gagnaient l'apitoiement des plus sensibles qui abrégeaient pour, le soupirant l'attente du bonheur ^. C'est ainsi que Gabrielle Dorval, la fille de la tragédienne, interprétant comme l'excès d'une violente passion pour elle les symptômes de la maladie de poitrine qui rongeait le pauvre Fontaney, le Lord Fielding de la Revue des Deux Mondes, se laisse enlever par lui ^. Quelquesunes consacraient leur vocation de la bonté à consoler de leur tendresse des dédains immérités : de Bériot dut la Malibran autant à ce qu'elle l'avait su jusquelà malheureux dans ses affections qu'au talent qu'elle admirait en lui '. La comtesse de Magnencourt touchée de la constance d'un attachement tel « qu'il n'en