Alexandre Dumas, Péc/tés de /eu/iesse (llcpcnlir
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lion, elle n'aspirait qu'à en sortir, sans en trouver la volonté. Mais refuscrait-on quelque indulgence aux vingt ans d'une jolie fille qui déjà touchait à l'heure où meurent les souhaits et naissent les regrets? D'ailleurs, elle participait de son temps par cette mobilité du désir, cette avidité d'émotions, cette soif d'un bonheur inconnu où l'âme usait ses forces en une agitation stérile et une ardeur sans objet qui ne lui laissaient, après les pires désillusions, que le sentiment atroce d'un destin manqué à jamais. Ce fut j)our elle, comme pour sa génération, le cruel retour du rêve. — « C'est la Sirène des âmes, disait Flaubert ; elle chante, elle appelle, on y va et l'on n'en revient plus ^. » Au terme d'une vie toute de passion, et d'une « plénitude effrayante », chacun n'emportait de l'expérience des affections les plus ardentes où il s'était consumé à la recherche de « l'idéal insaisissable » et du « bonheur pur », que le tourment renaissant de l'éternelle inquiétude qu'on demandait en vain à l'amour d'apaiser.
L'amour, une ombre qui passe ou qu'on traîne avec soi ! « le sublime mensonge de deux êtres pour se donner un bonheur auquel chacun d'eux ne croit plus pour lui-même !» — ^ « Écoutez-moi quand je vous le dis : ne croyez pas à l'amour, car, ici-bas, il li'y a pas d'amour ^ ! » Ainsi, M"^^ d'Agoult, encore aiix pieds de Liszt, proclamait la faillite du dogme qui avait été sa loi, dans le même moment que, déchaînant sur Dalila la colère de Samaon, Alfred de Vigny écrasait l'idole du culte sous les pylônes du temple.