La Mode, passitn. Automne
ment dénommées nymphes, panthcres on loreltes. Depnis quelques années, celles-ci ont leur état civil, leur place au soleil, suivant le mot d'Arsène Houssaye, un de leurs plus galants serviteurs. I^es jeunes gens ne quittent plus les danseuses ou les lorettes, et poussent l'eiTronterie jusqu'à se montrer avec elles dans tous les lieux publics ^. Le coude appuyé au rebord de la loge, elles ont l'aisance du bon ton, jouent de l'éventail comme une duchesse, minaudent avec afféterie, en respirant les « sels ranimateurs )) de Guerlain dans un flacon d'or ou de cristal appendu à leur bracelet ou à leur châtelaine, et n'ont qu'indifférence pour les deux diamants en poire qui jettent des feux à l'extrémité du fermoir de leurs gants ^, Est-ce Mogador, est-ce la princesse G... qui porte ce béguin à la Marguerite de Provence, en velours violet dont les franges faites de perles bruissent le long des joues? Est-ce la comtesse d'il..., est-ce la belle Mathilde qui s'est coiffée de ce turban inoscovite à fond gros bleu, à ramage et longs efTdés d'or qui flottent sur le cou? Et ce bandeau ionien, couleur de pourpre, posé à l'antique et laissant retomber autour de la tête un voile de gaze brillante d'argent et d'or, couronne-t-il le front d'une élégante du fau-
1. La Chronique (Année 1842). Art. signe de la Marquise ur. Yagneux : Lettres sur te monde.