‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 4 sur 188 · Revue des Deux Mondes (Mai · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes (Mai

Jusque-là, ils s'en tiennent à l'analyse individuelle et s'abandonnent corps et âme à leur fièvre sentimentale.

On fait de la passion : ce mot d'argot littéraire qui court la rue ^ inspire les œuvres autant qu'il régit les existences. De celles-ci à celles-là, le passage est de plain-pied, car l'œuvre d'un romantique n'est que le prolongement de sa personnalité. Les déclamations d\Antony sont tout entières dans les épîtres enflammées d'Alexandre Dumas à Mélanie Waldor ^ ; le texte de Lélio de Berlioz, épilogue de sa déconvenue avec Camille Mocke, est en partie la paraphrase des lettres où il voue aux gémonies la fiancée de Pleyel. Chaudes encore de l'amoureuse étreinte, les âmes se jettent en pâture aux commentaires du public, La première Lettre d'un Voyageur palpite des sanglots qu'une amante non sans remords donne à son bonheur d'hier, tandis qu'Alfred de Musset, accordant sur sa correspondance avec George ^ le ton de son émotion, écrit sa Confession d'un Enfant du Siècle. Les Enchantements de Prudence ont-ils beaucoup déguisé la liaison de M"^^ Hortense de Méritens avec i?ene vieilli, mais toujours prêt à chasser la Sylphide?

Le public, on le prend encore à témoin de ce qu'on tente pour ramener l'objet des plus tendres promesses quand il se dérobe : ainsi Sainte-Beuve lorsqu'il écrit

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