‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 5 sur 188 · Parigot, Le Drame d' Alexandre Dumas (Lévy · texte numérisé non relu

Parigot, Le Drame d' Alexandre Dumas (Lévy

3. « J'ai commencé le roman dont je t'ai parlé. A propos do cela si tu as par hasard conservé les lettres que je t'ai écrites depuis mon départ , fais-moi le plaisir de les rapporter. — (Correspondance de George Sand et d'ALFREo de Musset, Deman, 1904.)

cette nouvelle de Madame de Pontwy à l'intention de jyjme Victor Hugo, ainsi Barbey d'Aurevilly dédiant V Amour Impossible à la marquise Armance D. V. pour la « faire ressouvenir ». Aux exigences du lyrisme toutes les convenances sont sacrifiées : Ohjmpio mêle un encens coupable au parfum des lis qu'il sème sur les pas de sa femme ; un autre, pour se hausser au rôle de séducteur, commet cette infamie qu'est la la publication du Lwre d'amour. Les années passent sans ternir la vision qui les a faits pour la plupart, d'un même coup, amants et poètes. La petite cigarière de Naples dort depuis longtemps oubliée sur la plage de Sorrente, quand Graziella lui rend la fraîche émotion de ses premiers aveux. Julie Bouchaud des Hérettes dépouille son suaire et ressuscite dans Raphaël sous les traits où survivra sa personnalité languide, tourmentée d'infini.

Ames blanches et candides ou grandes dames n'ont pas été seules associées aux réputations ou aux débuts littéraires de cette époque. A défaut de croyance plus ferme, on attribuait à l'amour une vertu régénératrice qui n'excluait du bienfait de la grâce nul être qui en était touché. Victor-Hugo avait réhabilité Marlon Delorme ; mais c'était une figure historique. Il advint que sous l'action d'une émancipation progressive des mœurs, l'analyse morale s'humanisa à l'égard de créatures qui dans la médiocrité de leur condition ou dans un abandon coupable avalent sinon la justification, l'excuse de leur déchéance. Elles

n'étaient point toutes de basse extraction. A côté de la prostitution relevant de la loi, à côté des Lorettes dont Murger parle sévèrement comme de « créatures impertinentes qui déshonorent le plaisir '^ », il y avait toute une catégorie de femmes galantes plus dignes de pitié que de mépris. C'étaient les « femmes entretenues ». Parmi elles figuraient nombre de jeunes filles de plus d'éducation que de fortune, qui, n'ayant pas rencontré un mari qui pût réaliser leurs espérances, s'étaient résignées à un amant, puis à d'autres. Leur esprit cultivé, ce que leur assurait de noblesse ou de distinction une hérédité de bon sang, faisaient d'elles, dans une société qui avait encore la hiérarchie de ses rangs, « les dernières incarnations de Phryné, de Marion Delorme et de Ninon de Lenclos ^. »

Dans la course à l'argent et au bien-être que favorisa la monarchie de Louis-Philippe, la légion de ces déclassées s'accrut de celle des grisettes, ces petites fées de l'élégance et de la mode, quand elles se furent convaincues, un beau jour, qu'il y a plus de profit à chiffonner une robe qu'à la confectionner. Ces jolies filles, « moitié abeilles, moitié cigales » qui ne demandaient à Dieu « qu'un peu de soleil le dimanche », comprirent que leur pauvreté ne leur était plus ni un attrait ni un mérite, lorsqu'elles se virent abandonnées au comptoir des boutiques ^.

Après des expériences désintéressées, des dévouements inutiles, des trahisons imméritées, des luttes sans issue avec la misère, il ne fallait que quelques dîners aux Vendanges de Bourgogne, l'agrément

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