Gautier. La Presse, op. cit
logue, le bibelot de valeur, « objets de petit Dunkerque, colïrets, vases, brûle-parfums, flambeaux, figurines, tasses et plateaux en porcelaine de Sèvres et en porcelaine de Saxe », essaimaient leur grâce surannée ou pimpante aux cantons des pièces et sur les quatre consoles dorées du salon.
Marie Duplessis avait une préférence pour « ce petit art coquet, gracieux, élégant... ; elle aimait les bergers et les bergères en biscuit, les bronzes florentins, les émaux... » Ce goût se marquait dans tous les accessoires du mobilier. Leur diversité avait un lien commun d'origine et de tonalité. Elle avait choisi, comme note dominante, la porcelaine « de pâte tendre, à fond bleu turquoise à médaillons de sujets pastoraux, oiseaux et fleurs ».
Un juste accord de ton fondait tous les objets dans la même harmonie. Un lustre à vingtquatre lumières, — « un lustre de vieux Saxe », selon Dumas, — une « magnifique pendule », avec sa paire de candélabres « à bouquets de lis à sept lumières », deux bras à trois bougies, deux « beaux vases », tous objets sur armature de « bronze doré, or moulu », répétaient cette décoration de porcelaine tendre « bleu turquoise ». Deux grands meubles « en bois de rose et marqueterie », un « bonheur du jour », une jardinière, un « très beau coft'rc », les uns et les autres également de bois de rose et chargés de riches ornements de bronze doré, chan-
taient la même mélodie bleu turquoise sur laquelle bergers et bergères, au son des pipeaux agrestes, dansaient dans un décor de fleurs et d'oiseaux. Une table de milieu, aux pieds de « bronze rocaille doré, or moulu » et dont la tablette d'albâtre était sous glace, « guirlandée de fleurs et constellée d'oiseaux », avait particulièrement fait l'admiration de Théophile Gautier ; « une princesse, disait-il, aurait regardé à deux fois pour s'y accouder »; il avait aussi apprécié quelques vieux Sèvres, de jolis pastels et deux charmants dessins de Vidal qui font, en effet, l'objet d'un article du Catalogue. « Trente tableaux, pastels et dessins », disséminés dans l'appartement, ne sont pas autrement désignés.
Du moins, savons-nous par l'inventaire * qu'entre nombre de lithographies, paysages au pastel et études de costumes, figuraient en bonne place un Hubert dont on donna à la vente 235 francs, et trois peintures de genre « à la manière » de Greuze et de Boucher qui ne furent que médiocrement prisées. Les autres toiles indiquées sans attribution étaientelles de Diaz, puisque aussi bien, la jeune femme l'avait adopté, une des premières, au dire de Janin, « comme le peintre véritable du printemps de l'année » ? Mille futilités de bon goût, vases et bonbonnières de cristal, casso-