Janin. Les Débats. Art. du 9 février
N'est-ce pas Dumas père qui, dans une de ses chroniques du Mousquetaire, s'apitoyant avec son fils sur le sort de Marie, s'écriait : « Tu as raison de la plaindre ! elle est fort audessus du métier qu'elle fait. » En quels termes Alfred Asseline ne parle-t-il pas de « cette créature adorable, bien digne de son bonheur par sa beauté et par les grâces de son esprit ». C'est tout juste s'il retient la diatribe toute prête à s'élancer de sa plume contre « ces femmes du monde cjui détournaient la tête avec un petit sourire de dédain » quand passait près d'elles Marie Duplessis, « tout éblouissante de l'éclat de sa jeunesse folle, ne rêvant que bals, spectacles et robes de satin blanc ^ », Et quelle indignation chez Théophile Gautier qu'une si parfaite personne n'eût pas trouvé son Praxitèle ou son Raphaël ! Quel accent prenait son regret « qu'aucun de ces jeunes magnifiques qui obstruaient le boudoir de cette femme de si riches coffrets et de vases précieux, n'eût eu l'idée de répandre une poignée d'or devant un statuaire pour éterniser dans le Carrare ou le Paros une telle beauté^ » ! Prononçant selon sa seule foi païenne, lui aussi il accordait rémisr sion complète à l'excuse de charmes devant lesquels tombaient toutes les rigueurs de la morale.