La Femme de Claude (Préface), et l'Affaire Clemenceau
ment d'amour de ce cœur vaillant, Dumas nous a laissé des rappels émus, à peine transposés dans r Affaire Clemenceau.
Le père qui se prodiguait avec entrain pour se frayer sa voie, nouant des relations, forçant l'Ambigu et la Porte Saint-Martin, publiant nouvelles et vers dans les Revues, fondant avec quelques amis un recueil mensuel La Psyché, se jetant à corps perdu, sous l'influence des représentations de la troupe anglaise, dans la grande croisade littéraire ^, n'oubliait pas tout à fait, cependant, le chemin ni peut-être l'habitude de ses premières amours. Alors même qu'il est l'amant de Mélanie Waldor, qu'il la trompe alternativement avec Marie Dorval et avec Virginie Bourbier, et qu'il dresse Belle Krelsamer au rôle de reine de la main gauche qu'elle tiendra chez lui au lendemain d'Antony, il revoit Catherine Lebay. Car, l'enfant qu'il a eu d'elle lui tient au cœur.
Une série de succès, Henri III et sa Cour, aux Français, Christine, puis Napoléon à rOdéon ^, élevaient bientôt Dumas au rang
1. La Chaase et i Amour (Ambigu-Coniiquc), 22 septembre 1825.
La noce et V enterrement (Porto St-Marlin), 21 novembre 1826. Éléffie sur la mort du général Foy (brochure), 1825. Nouvelles contemporaines (1826).
La Psyché (1826).
2. Henri 111 et sa Cour, 11 février 1829. Christine, 30 mars 1830.
Napoléon, 10 janvier 1831.
des chefs de file, et lui donnaient en même temps que la renommée et les honneurs, la fortune. Henri III lui rapportait cinquante mille francs ; le duc d'Orléans le nommait son bibliothécaire adjoint ; Devéria, Noël et David d'Angers popularisaient ses traits. Il se meuble un bel appartement rue de l'Université, mène la vie à grandes guides, étonne par son faste et ses extravagances : « Gomme étourdi de son passage subit de l'obscurité à la gloire, écrit assez jalousement de Loménie, M. Alexandre Dumas se plonge avec ardeur dans un luxe exagéré ; il porte des habits fantastiques, des gilets éblouissants, abuse de la chaîne d'or, donne des dîners de Sardanapale, crève une grande quantité de chevaux et aime un grand nombre de femmes ^. ^)
Mais, aussi, il s'empresse de proclamer sa progéniture. « Il advint, nous dit son fils, que mon père était de premier mouvement, mais bon... Quand après ses premiers succès au théâtre il crut pouvoir compter sur l'avenir, il me reconnut et me donna son nom ^. » Ce fut le 17 mars 1831. La semaine d'avant, le 7, il avait reconnu sa fille Marie, qui lui était née, ce jour-là, de Belle Krelsamer. Pourtant, Catherine Lebay se défendit contre les tardives prétentions d'un père jusque-là trop ou-
1. Cité par A. Maurel, Les Trois Dumas (Librairie illustrée).