VERS RETROUVÉS
Croquis pour le plafond du Capitole a Toulouse.
La Femme au Paon
A Falguière.
Non, Maître, non, mille fois non !
Ta statue est un joyau rare,
Mais pourtant ce n’est pas fiunon Qui m’apparaît dans le carrare.
Malgré qu’elle ait à son côté Un paon qui, de l’or de sa queue, Avec noblesse et majesté Va balayant la voûte bleue,
Son œil qui reste ensorceleur A travers la pose hautaine,
Me révèle la grâce en fleur Des brunes filles d’ Aquitaine.
Si, par un matin radieux,
Souriante, ingénue et nue,
Au festin des douze grands dieux Pareille jjunon fut venue,
Croyant à quelque autre Cypris Plus belle et française, ô Falguière! ... Le blond Ganymède, surpris,
En eût laissé choir son aiguière.
La nappe, — naturellement,
De nectar se serait rougie,
Et ce notable événement Nous changeait la mythologie.
Car , rencontrant femme à son goût ,
Le roi des dieux, coureur insigne,
N’avait plus besoin, mais du tout ,
De devenir taureau ni cygne,
Ou de se transmuer en or ;
Danaé, jeunesse perverse,
Dans l’alcôve attendrait encor La luisante et sonore averse,
Et sur les triomphants sommets Que l’aigle seul frôle de l’aile,
Jupiter, sage désormais,
Devenait un époux modèle.