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VI. (1831-1869). d'août 1831. — Impressions ineffaçables

Chambre des représentants, Gendebien combat les nouvelles propositions de la conférence de Londres et vote contre le traité dit des vingt-quatre articles. — Il devient le chef de la gauche. — Distribution des drapeaux d'honneur aux communes de la Belgique; discours adressé par Gendebien au roi Léopold (septembre 1832). — Gendebien refuse les fonctions de procureur général à la cour de cassation. — Deuxième intervention française ; capitulation de la citadelle d'Anvers. — Gendebien propose de voter des remercîments à l'armée française et de faire disparaître le monument commémoratif de la bataille de Waterloo. — Séance de la Chambre des représentants du 24 juin 1833; MM. Devaux et Gendebien; intervention de M. Rogier. — Duel entre Gendebien

et Rogier. — Gendebien propose de mettre en accusation M. Lebeau, ministre de la Justice. — Détails sur la séance du 23 août 1833. — Troubles à Bruxelles (avril 1834); expulsion

de Cabet et d'autres étrangers.

Irritation de Gendebien ;

il récapitule tous ses griefs dans un véhément discours pro-

noncé le 28 et le 29 avril.

En 1835, Gendebien veut se

retirer de l'enceinte législative ; mais, cédant aux conseils de ses amis, il renonce à cette détermination. — Période plus calme. — Mort de Jean-François Gendebien. — - Correspondance d'Alex. Gendebien et du roi des Belges. — Guillaume l" adhère au traité des vingt-quatre articles, qu'il repoussait depuis 1831. - Agitation

TABLE

en Belgique. — Gendebien fait un dernier effort contre les arrêts de la conférence de Londres. — Après le vote énergique qu'il émet le 19 mars 1839, il se condamne à l'ostracisme politique. — Il sort de l'enceinte législative pour n'y plus reparaître. — Ses dernières

années.

Il meurt le 6 décembre 1869. — Ses funérailles.

Discours prononcé par M. Van Humbéeck, au nom de la représentation nationale, pp. 83-111.

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Alexandre-Joseph-Célestin Gendebien, né à iMons, le 4 mai 1789, appartenait à la classe supérieure de la bourgeoisie.

Quelques détails sur ses ascendants seront lus avec intérêt.

Son bisaïeul était brasseur à Dinant et remplit pendant soixante et un ans les fonctions de bourgmestre de cette ville. Son aïeul, avocat à Liège, avait vingt-cinq ans lorsqu'il fut appelé à la direction des affaires de la maison d'Arenberg, poste de confiance qu'il conserva pendant soixante années aussi. Son père, Jean-François

Gendebien, avocat-pensionnaire des états du Hainaut, fut successivement membre du Congrès souverain des Étals Belgiques-Unis en 1 790, membre du Corps législatif de l'empire français pendant treize années, et, lors de la création du royaume des Pays-Bas, en 1815, membre de la commission chargée de reviser la loi fondamentale des Provinces-Unies, afin de la rendre également applicable aux anciennes provinces

belges ( l ).

Alex. Gendebien, après avoir commencé ses études au collège de Tournai, les acheva au lycée de Bruxelles d'où il sortit au mois d'avril 1808. 11 se sentait entraîné vers l'état mili-

(«) Pendant qu'il siégeait à la Haye, J. -F. Gendebien s'était amusé à tracer les silhouettes biographiques de tous les membres de la commission ; voici ce qu'il disait de luimême :

« M. Gendebien, septième dans l'ordre d'âge, a été

nommé pour la province de Namur. Il est âgé de soixantedeux ans et quatre mois (*). Il a été pensionnaire des états de Hainaut jusqu'à l'entrée des Français, en 1794. Il a été membre du Corps législatif de France jusqu'à la révolution du mois de mars 181 4. Il aime la justice ; il a soif du bien public, il est démocrate par conviction. Il est obstinément attaché aux pensées et aux vues qu'il croit bonnes. >»

(*) Il était né à Givet, le 21 février 1753.

ALEXANDRE GENDKBIEN.

taire; il ne commença même letude du droit qu'à la condition de pouvoir suivre la carrière des armes si, après avoir obtenu le diplôme, il persistait dans ses goûts militaires. Les événements en décidèrent autrement.

En 1811, peu de semaines après avoir été reçu avocat, Alex. Gendebien épousa la lille unique de M. Barthélémy, un des membres les plus distingués du barreau de Bruxelles.

Depuis 1794, Barthélémy faisait aussi partie de la municipalité, et là, il s'était signalé par un courage civique très-rare à cette époque, car on ne bravait pas impunément les proconsuls de la Convention et les commissaires du Directoire ('). En 1821, Barthélémy entra aux états

H Laissons-le parler :

« J'ai débuté, en 1794, dans l'administration de la ville de Bruxelles, en exposant ma tête pour délivrer la ville d'une contribution militaire de cinq millions de francs. — J'ai soutenu les capitalistes qu'on voulait dépouiller par des remboursements en assignats, et j'ai justifié leur refus, quoique ce refus entraînât la peine de mort. — J'ai fait expulser de Liège un représentant du peuple qui prévari-

J'ai défendu le clergé de Bruxelles, auquel on demandait la prestation du serment de haine à la royauté.

J'ai plaidé devant le comité de salut public la cause des grands propriétaires émigrés, et j'ai triomphé. »

Voir l'intéressante notice qui a été consacrée à Antoine

quait.

l-rl

Gendebien siégeait aussi

généraux où J.-F.

depuis 1815 fl.

De bonne heure, dès 1815, Alex. Gendebien s'était déjà quelque peu mêlé de politique; mais il ne tarda point à se décourager et, selon ses expressions mêmes, il n'attendit plus de remède que de l'excès du mal. Il s'occupa exclusivement des devoirs de sa profession, et, par un noble labeur, conquit une des premières places du barreau de Bruxelles.

Orateur de la loge maçonnique, il y entra en relations avec le prince Frédéric, grand-maître, et avec le prince d'Orange. Le prince Frédéric avait pour lui une grande estime et le prince héréditaire lui faisait toujours le plus affectueux accueil. Aux banquets maçonniques, il l'invitait souvent à prendre place près de lui.

Dix-huit mois avant la révolution, Alex. Gendebien quitta la loge pour n'être pas en contradiction, a-t-il dit, avec les principes de l'union catholique-libérale. L'un des premiers il avait compris l'heureuse influence de l'union de tous les partis, et il y avait activement travaillé. — Il

Barthélémy, par l'un de ses petits-fils, Jules Gendebien.

(Bruxelles, 1856, in-8°.)

(') J.-F. Gendebien donna sa démission en 1822.

avait aussi participé aux travaux de la presse périodique : on lui dut plusieurs articles contre l'usage exclusif de la langue néerlandaise et l'injuste répartition des emplois civils et militaires.

Telle était déjà la considération acquise par Alex. Gendebien que, en 1828, ses concitoyens l'appelèrent, à une grande majorité, dans le collège électoral de Bruxelles. Aux qualités principales de l'orateur, il unissait l'énergie de l'homme d'action.

Entraîné, au mois de mars 1830, dans un second procès politique, M. de Potter exprima le désir qu'Alex. Gendebien s'adjoignît à MM. Van de Weyer et Van Meenen pour le défendre devant la cour d'assises. Gendebien accepta cette tâche ('), et de Potter lui en fut reconnaissant. Violemment séparé de sa patrie et de ses amis par l'arrêt qui le condamnait à huit années de bannissement, de Potter écrivait

( l ) M. Gendebien à de Potter. — Mons, 29 mars 1830.

« Mon cher ami, puisque vous avez l'obligeance de croire que je puis être utile à votre défense, je n'hésite pas à rester à mon poste. J'arriverai à Bruxelles jeudi.... Je m'entendrai avec MM. Van Meenen et Vande Weyer pour la distribution de notre besogne respective, car il convient que mon rôle ne soit pas purement passif.... »

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à son défenseur le 5 juin suivant : « Que M. Gendebien ne perde pas de vue qu'il est appelé à jouer un grand et beau rôle dans notre patrie. Les états généraux l'attendent. C'est là qu'il doit tourner contre nos oppresseurs la franchise et la force de caractère qui le distinguent si éminemment et les lumières de toute espèce dont la nature et le travail l'ont si généreusement doué. »

La révolution dejuilletfut saluée avec enthousiasme par Alex. Gendebien. Il y vit le signal de la délivrance de la Belgique. Dès les premiers jours d'août il écrivit à Paris, pour demander « qu'on s'expliquât catégoriquement si on voulait les limites du Rhin; » et il garantissait « un succès complet, en cas d'attaque. » 11 n'obtint pas de réponse. Le même silence fut gardé lorsqu'il voulut savoir si le gouvernement français interviendrait, le cas échéant, pour repousser une agression prussienne. Vers le 15, il fut enfin mis en rapport direct avec un

agent du

gouvernement français : M. D...,

ancien secrétaire du comte de Celles et administrateur d'un des domaines de la famille d'Orléans. Cet agent secret lui dit que, vu la situation déplorable de l'armée française, il fallait tout calmer et arrêter toute explosion

pendant une année, le gouvernement français ayant résolu de ne pas intervenir lors même que les Prussiens entreraient en Belgique ('). La timidité du cabinet du Palais-Royal fut une grande déception pour Gendebien : il ayoue lui-même qu'il était alors réunioniste et qu'il le resta jusqu'au moment où le gouvernement provisoire victorieux proclama l'indépendance de la Belgique ( 2 ).

( ! ) Lettre de M. A. Gendebien à M. de Potter, du 16 septembre 1830. Cf. Aperçus de la part qu'a prise Alex. Gendebien à la révolution de 1850, dans le journal hebdomadaire

la Liberté.

(*) Dans la séance du Congrès du 6 juillet 1831, Alex. Gendebien s'exprima en ces termes : « La Belgique ne veut pas être réunie à la France, et ici je dois m'expliquer une fois pour toutes, de manière à n'avoir plus à revenir sur ce point, dont on a fait tant de fois un texte d'accusation contre moi. Dans diverses réunions à Bruxelles, les 7, 13, 15 et 17 août, réunions dont faisaient partie plusieurs des membres ici présents, et qui avaient pour but d'examiner le parti à tirer de la révolution française pour secouer le joug, nous étions tous d'accord, un seul excepté, que le seul moyen était la réunion à la France. Nous avions alors à combattre l'administration et l'armée hollandaises, nous connaissions le pacte de famille entre la Prusse et la Hollande ; il n'y avait pas alors déclaration de la France du principe de non-intervention. Nous considérions la réunion comme moyen, jamais comme but. — La révolution a éclaté

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D'accord avec d'autres patriotes, Alex. Gendebien avait pris la résolution de se rendre lui-même à Paris pour solliciter plus activement l'appui du gouvernement français. En quittant Bruxelles, le 21 août, il remit au journal le Belge une lettre où la réunion à la France était encore une fois l'idée dominante : mais

plus tôt que nous ne l'avions pensé. Vers le 5 ou le 6 septembre, nous avons eu connaissance de la résolution du cabinet français de s'opposer à toute intervention. Dès lors nous avons compris que nous pouvions marcher sans la France, dès lors il n'a plus été question de réunion.... * [Discussions du Congrès national, t. 111, p. 477.)

Peut-être a-t-il été plus explicite dans sa réfutation des Souvenirs personnels de l'ancien prisonnier des Petits- Carmes. M. Agathon de Potter ayant pris la défense de son père, Gendebien répondit : « J'ai vu dans la révolution de juillet l'aurore de notre délivrance : mes regards se sont tournés vers cette France si grande, si généreuse, lorsqu'elle n'est pas détournée de ses instincts toujours si sympathiques aux peuples opprimés. Aussi, dès le 2 ou le 3 août, comme le dit de Potter, j'ai espéré, désiré la réunion de la Belgique à la France, comme le seul moyen de nous débarrasser du joug du roi Guillaume et du joug des insolents dédains et de la morgue stupide des séides du pouvoir exploiteur. J'ai désiré cette réunion jusqu'au moment de notre victoire du 26 septembre qui nous permit d'espérer nationalité, indépendance et liberté. »

ici elle était évoquée comme une éventualité de nature à faire réfléchir le roi Guillaume et à lui arracher des concessions ( ] ).

Retenu momentanément à Mons par une affaire de famille, Gendebien y apprit le 26, dans la soirée, les troubles de Bruxelles; il voulait repartir immédiatement; son père le retint. Le lendemain il vit ses amis politiques ; presque tous voulaient arborer sur-le-champ le drapeau français. « Je les dissuadai, dit Alex. Gendebien; je leur fis comprendre que l'Allemagne, très-disposée à faire sa révolution, pourrait hésiter dans la crainte d'un envahissement de la France, ou, du moins, de sa trop grande prépondérance chez nous. » Le 28, à cinq heures du matin, il arrivait à Bruxelles.

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(') Les lignes suivantes étaient significatives : « ... Les Belges ne veulent être ni colonie de la Hollande, ni colonie delà France; ils veulent être citoyens belges sur le même pied que les habitants d'Amsterdam ou de la Haye, comme ils ont été citoyens français, quoique conquis par la France. Les Belges sont convaincus que, réunis aujourd'hui à ce royaume, ils partageraient, comme autrefois, les destinées de la France, en tout et pour tout. Le gouvernement n'a donc qu'un seul parti à prendre, un seul moyen de faire oublier le passé et de rassurer pour l'avenir : c'est de donner aux Belges des garanties pour l'avenir. . . . »

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ALEXANDRE OENDEBIEN.

Il s'occupa immédiatement, dit-il encore, de créer un centre de direction : il réunitrplusieurs citoyens respectables dans les bureaux duCourrier des Pays-Bas et proposa d'envoyer une députation à la Haye en apparence pour conj urer Forage, mais en réalité alin de gagner le temps nécessaire pour organiser l'insurrection. À six heures du soir un certain nombre de notables se réunirent à l'hôtel de ville. Gendebien eût désiré « éviter la corvée d'un voyage en Hollande, » croyant « être plus utile à Bruxelles qu'à la Haye; » mais quoiqu'il se fût en quelque sorte effacé, les notables l'adjoignirent à MM. Joseph d'Hoogvorst, Félix de Mérode, de Sécus fils et Palmaert père.

Lorsque ces délégués de la bourgeoisie de Bruxelles arrivèrent à la Haye, le 30 août, la populace s'ameuta contre eux et ils furent l'objet demanifestations menaçantes et odieuses. Gendebien a retracé tous les détails de l'audience royale du 3i. « Je lus le mandat et dis les noms des mandataires. — C'est vous qui êtes M. Gendebien? dit Guillaume I er . — Oui, Sire. C'est la première fois que je vous vois; pourquoi n'êtes -vous jamais venu à mes audiences ? — Sire, je n'avais aucune qualité pour m'y présenter. — Mais tout le monde

pouvait s'y présenter, je recevais tout le monde. Sire, 'je n'avais rien à demander à Votre Majesté ni pour moi ni pour personne; j'ai cru inutile d'augmenter le nombre souvent trop grand des importuns. » L'entretien s'étant porté ensuite sur la responsabilité ministérielle et les griefs des Belges, Gendebien défendit énergiquement ses concitoyens. En congédiant les délégués des notables bruxellois, le Roi leur dit : « Allez chez le ministre de l'intérieur ('), il est Belge ; entretenez-le de tout ce que vous m'avez dit. Voyez avec lui ce qu'il est possible de faire pour calmer les Belges. » Il ajouta, en s'adressant à MM. Gendebien et J. d'Hoogvorst :

« Aussitôt votre arrivée à Bruxelles, allez voir mes fils, ils auront besoin de conseils; je suis persuadé que vous ne leur en donnerez que de bons. » En résumé, la mission avait été inefficace, mais elle fit surgir le projet de la séparation du Nord et du Midi ( 2 ).

(>) M. De la Coste.

( 2 ) Alex. Gendebien à de Potter (16 septembre 1830) : « Notre mission à la Haye fut sans résultat auprès du Roi, qui nous fit des promesses vagues, ne laissant entrevoir que la résolution de renvoyer Van Maanen. Nous étant rendus, d'après linvitation du Roi, chez le ministre de l'intérieur, il nous dit que le Gouvernement était dans une position

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Dans la soirée du 1 er septembre, les délégués étaient de retour à Bruxelles. Ils y trouvèrent le prince d'Orange qui, le matin même, n'avait pas hésité à rentrer, sous la seule escorte de la bourgeoisie, dans une ville couverte de barricades et en pleine insurrection. MM. Gendebien et J. d'Hoogvorst se rendirent immédiatement chez le prince et lui donnèrent communication du résultat de leur mission. Dans un entretien qui ne dura pas moins de quatre heures, Gendebien proposa à l'héritier du trône, comme seul moyen de salut, de le faire proclamer le lendemain roi des Belges, moyennant un compromis préalable. Le prince répondit en substance : « La postérité ne dira pas qu'un Nassau arracha la couronne du front de son père pour la placer sur le sien. »

, Le 3 au matin, furent reçus par le prince les membres belges des états généraux alors présents à Bruxelles. Ils lui représentèrent que le désir le plus ardent de la Belgique était la séparation complète entre les provinces

telle, que, sïl faisait droit à nos griefs, il en résulterait une insurrection en Hollande. Cette observation du ministre fut pour moi un trait de lumière, et je conçus dès lors le projet de la séparation du Nord et du Midi... »»

ALEXANDRE GEXDEBIEN.

septentrionales et les provinces méridionales, sans autre point de contact que la dynastie régnante. Dans une proclamation qu'ils publièrent après le départ du prince, ils annonçaient le dessein d'attendre dans Bruxelles même le résultat des efforts qui devaient être faits en vue de la séparation ; ils prenaient ainsi l'engagement tacite de ne pas se rendre à la Haye où les états généraux étaient convoqués pour le 13 en session extraordinaire. Mais, le 6, les députés eurent à l'hôtel du baron de Sécus une nouvelle réunion, afin de décider irrévocablement s'ils iraient ou non à la Haye. Vers la fin de la délibération, Alex. Gendebien parut avec M, Vande Weyer et s'efforça d'obtenir d'eux l'accomplissement de l'engagement qu'ils avaient pris le 3. « Votre départ, leur dit-il, sera considéré comme une fuite honteuse, ou comme une désertion à l'ennemi... » Il ne put les convaincre ce jour-là, ni le lendemain dans une nouvelle réunion qui eut lieu à l'hôtel de ville. Jamais il ne leur pardonna ce qu'il regardait comme une désertion. 11 écrivait à M. de Potter : « Après avoir tout compromis, après nous avoir jetés dans la position la plus fausse, ils nous ont abandonnés, accablés de toutes les chances d'anarchie, pour aller, eux, se mettre en sécurité à la Haye et

discuter lentement une question déjà résolue en fait et qu'un seul mot de leur part pouvait consolider ( ! ). »

Dès lors Gendebien eût désiré la formation d'un gouvernement provisoire. Ce projet ayant avorté par suite du refus de concours des membres belges des états généraux, il travailla à la création d'une commission de sûreté publique qui devait, tout en veillant au maintien de la dynastie, assurer le principe de la séparation du Nord et du Midi. Gendebien fut désigné par le conseil de régence pour faire partie de cette commission. Mais elle ne tarda pas à être accusée de modérantisme, et des patriotes plus ardents constituèrent, avec la connivence de Gendebien lui-même, la Réunion centrale qui était destinée à stimuler et à dominer la commission de sûreté ( 2 ).

( 1 ) Ceci était écrit le 1 6 septembre. Déjà au moment du départ des députés , Gendebien s'était exprimé en ces termes (10 septembre) : « ... Us vont discuter lentement et lâchement à la Haye. Pendant ce temps, on nous cerne, on nous suscite des embarras dont nous pourrons être les victimes, si nous cédons à la force armée ou à la populace... >»

( 2 ) On lit dans une note autobiographique : « Convaincu de l'impopularité de la commission, M. G. organisa un club

Les troupes royales campées à Vilvorde continuaient de menacer Bruxelles. Dans une réunion de notables qui eut lieu le 18 septembre à l'hôtel de ville, Gendebien proposa de repousser la force par la force. Lui et M. Vande Weyer conduisirent ensuite le comte Félix de Mérode dans l'embrasure d'une des croisées du salon dit du Conseil. Ils y constituèrent à eux trois un gouvernement provisoire occulte. Dans la nuit suivante, Gendebien quitta Bruxelles pour aller, d'accord avec ses amis, chercher M. de Potter à Lille, où il lui avait donné rendez-vous. On supposait que M. de Potter, dont la popularité était alors sans égale, rallierait les patriotes sous un seul drapeau et exercerait sur le peuple une action toute-puissante.

Gendebien s'arrêta quelques heures à Mons, et là, malgré les supplications de son père, il prit l'irrévocable résolution de triompher ou de succomber avec les adversaires de la suprématie hollandaise ('). Le 20, M. de Potter rejoi-

sous le nom de Réunion centrale, destinée à déborder la

commission. »

(<) On lit dans les Aperçus :«.... J'allai déjeuner chez mon père. Après le déjeuner nous allâmes nous promener dans son jardin. « Mon fils, me dit-il, nous allons à une révolution ; je désire vivement que vous n'y preniez aucune

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ALEXANDRE GENDF.BIEN.

gnit Gendebien à Lille et, après de vives discussions, consentit seulement à le suivre à Valenciennes pour s'aboucher avec les patriotes attendus dans cette ville. La réunion eut lieu le 22. On supposait alors Bruxelles au pouvoir des troupes royales et il s'agissait d'organiser la résistance en province; mais on ne put se mettre d'accord, et M. de Potter retourna à

part; vous avez sept enfants, votre premier devoir est de leur assurer une existence honorable ; vous n'avez pas le droit de la compromettre. N'oubliez pas que les révolutions ne sont profitables qu'aux intrigants ; elles sont toujours la ruine des honnêtes gens. Si vous étiez seul au monde, vous pourriez en faire l'expérience et disposer de votre existence ; mais vous n'avez pas le droit de compromettre l'avenir de vos enfants. » Je gardai le silence. Il reprit, me conseilla de quitter la Belgique pendant quelques semaines. Comme je restais silencieux, il ajouta : « Mon fils, ne vous engagez pas dans cette lutte qui sera pour vous une cause de ruine et d'amers regrets ; puis n'oubliez pas qu'un premier pas fait en révolution, il n'y a plus moyen de reculer sans se déshonorer. » — « Eh bien ! mon père, le premier pas est fait. » — Je vis deux grosses larmes sillonner ses joues ; il leva les deux mains, les posa sur ma tête, et dit : « Je vous bénis mon fils, et vous pardonne. Du courage, beaucoup de courage, et le reste à la garde de Dieu. » Il m'embrassa et me dit : « Si vous succombez, je serai un second père pour vos enfants. »

Lille. Lorsque dans la soirée du 23 les réfugiés de Valenciennes apprirent d'une manière certaine que les troupes royales entrées dans Bruxelles y rencontraient une vive résistance, ils prirent la résolution irrévocable de se joindre aux défenseurs de la cause belge. Partis de Valenciennes vers sept heures du soir, Gendebien et Vande Weyer arrivèrent à Bruxelles dans la soirée du lendemain à la tête de trois cents volontaires qui avaient répondu à leur appel ('). Le 25, ils s'associaient aux citoyens dévoués qui dirigeaient déjà la résistance et constituaient avec eux le gouvernement provisoire n.

(') « ... Je revins à Bruxelles avec MM. Vande Weyer, Gendebien, Niellon, Ghazal et quelques autres, accompagnés des populations, que nous avions soulevées pour voler au secours de Bruxelles. Le 25, nous étions au nombre des combattants ; le 26, je commandais toute notre aile gauche. » (Lettre du général Van der Meere au Boi, du 15 novembre 1831.)

Dans une note autobiographique, déjà citée, A. Gendebien dit : « Il arriva à Bruxelles à la fin de la deuxième journée (donc le 24), amenant avec lui trois cents volontaires et des munitions. »

( 2 ) Alexandre Gendebien et Sylvain Vande Weyer s'associèrent, le 25, à MM. Charles Bogier, Emmanuel d'Hoogvorst et Jolly, ancien officier du génie, qui formaient déjà une

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« Ce gouvernement, disait Alex. Gendebien au Congrès, s'est installé à l'hôtel de ville, ayant pour tout mobilier une table de bois blanc, prise dans un corps de garde, et deux bouteilles vides, surmontées chacune d'une chandelle.

La caisse municipale renfermait dix florins trente-six cents, et c'est avec ces moyens que nous n'avons pas désespéré de la victoire, que nous avons commencé à organiser en entier l'armée, l'ordre judiciaire, l'administration civile, l'administration des finances. »

commission administrative. La liste du gouvernement provisoire, définitivement constitué, fut affichée sur les murs de Bruxelles le 26 au matin. Ce gouvernement comprenait : MM. d'Hoogvorst, Ch. Rogier, Félix de Mérode, A. Gendebien, S. Vande Weyer, Jolly; Joseph Vanderlinden, trésorier; baron E. de Coppin et J. Nicolaï, secrétaires. Le 28, après la délivrance • de Bruxelles et le retour de M. de Potter, le gouvernement provisoire s'adjoignit celui-ci. Le même jour il créa un comité central formé de MM. de Potter, Ch. Rogier, S. Vande Weyer et Félix de Mérode; M. Gendebien y fut adjoint le 1 octobre.

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Le i er octobre, Alex. Gendebien arrivait à Paris ; ses collègues du gouvernement provisoire l'avaient chargé d'une mission importante. Il s'agissait d'obtenir du cabinet du Palais-Royal que celui-ci ferait respecter le principe de non-intervention, si les Prussiens entraient en Belgique. L'envoyé du gouvernement provisoire vit successivement le maréchal Gérard et le comte Mole dont les dispositions lui parurent satisfaisantes. En effet, étant retourné à minuit chez le maréchal, celui-ci lui dit, en présence de M. Tielemans, que le conseil avait, sans hésiter et à l'unanimité, proclamé la résolution

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de faire respecter le principe de non-intervention et de protéger la Belgique contre toutes les éventualités. « Vous pouvez, ajouta-t-il, transmettre officiellement celte décision au gouvernement provisoire (*). »

( ! ) Voir Aperçus, etc. — Des détails, puisés dans l'ouvrage qui a été consacré par le comte de Montalivet au règne de Louis-Philippe, seront à leur place ici : « Au premier bruit de l'expulsion des Hollandais de Bruxelles, le roi de Prusse, beau-frère du roi de Hollande, sous la double impulsion des sentiments de famille et de la politique alarmée ou hostile de l'Autriche et de la Russie, venait d'ordonner à son armée de marcher vers la Belgique, pour y favoriser un retour offensif du roi Guillaume sur sa seconde capitale. Le temps pressait. M. le comte Mole demande, le lendemain de cette grave nouvelle, une entrevue à M. le baron de Werther, ministre de Prusse, et, après avoir reçu de ce ministre la confirmation du rassemblement des troupes et des intentions de la cour de Berlin, il lui déclare, au nom du roi, que l'entrée d'un seul soldat prussien en Belgique serait le signal de la marche d'une armée française sur Bruxelles et du commencement de la guerre. « Prenez garde, ajouta-t-il, que nous n'avons pas posé en vain le principe de non-intervention, que nous ferons tous nos efforts pour le faire respecter de loin comme de près, mais que, dès à présent, nous sommes décidés à le maintenir sur nos frontières, et, s'il le faut, les armes à la

main » Dix-huit années de gouvernement parlementaire,

pp. 26 et suiv.

Dans la même journée Gendebien avait vu le général Lafayette et lui avait proposé le gouvernement de la Belgique, sous le titre de cjrancl-cluc ou toute autre dénomination, avec ou sans hérédité. « Je ne suis pas autorisé, lui dit-il, à vous faire cette proposition ; mais si vous l'acceptez, mes concitoyens, j'en ai la certitude, la ratifieront avec enthousiasme...^ Quoi qu'il en fût, Lafayette répondit prudemment que son grand âge ne lui permettait pas une entreprise aussi importante (*).

Empruntons maintenant d'autres particularités à la correspondance inédite d'Alex. Gendebien avec le gouvernement provisoire, et à une autre correspondance, plus confidentielle,

Wey

son

intime ami.

Le jour même de son arrivée à Paris, s'adressant à M. Vande Weyer, Gendebien lui indiquait les mesures à prendre pour activer, organiser, fortifier la révolution. « L'établissement de notre gouvernement provisoire, disait-il, a fait beaucoup plus d'effet que nous n'osions l'espérer, tant au dehors qu'à l'intérieur. » Le 2 octobre, il rédigeait une nouvelle note

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( 1 ) Voir Aperçus, etc.

qui fut remise à M. Vande Weyer par M. Tielemans. Gendebien demandait cette fois que le gouvernement provisoire lui envoyât des pouvoirs pour traiter avec le gouvernement français. Ces pouvoirs devaient avoir pour base l'indépendance de la Belgique, laquelle se constituerait en fédération sous une présidence ou sous un gouverneur général, qui serait soit M. de Lafayette, soit le duc de Nemours. S'adressant ensuite au gouvernement provisoire tout entier, M. Gendebien exposait ses vues sur l'organisation intérieure de la Belgique et sur ses rapports futurs avec la France. Il disait :

« ... Un moyen qui me paraît propre à nous constituer solidement, à obtenir la protection et l'appui armé de la France, c'est de demander au roi Louis-Philippe I er ou à la nation française, ou plutôt à tous deux à la fois, un des fils du duc d'Orléans pour gouverneur général en garantissant l'hérédité de mâle en mâle à perpétuité.

« Il serait formé avec la France une fédération ou une alliance offensive et défensive à perpétuité.

« Nous aurions une forme et un mode de gouvernement à nous propre et à notre choix, sans restriction aucune.

« Les relations de pays à pays seraient réglées diplomatiquement, ainsi que tout ce qui concerne les droits, devoirs

et prestations réciproques.

« Mon opinion personnelle est qu'il faut traiter de suite avec la France, parce que j'ai la conviction qu'elle sera avant

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six mois forcée de faire une guerre dont le premier acte sera la conquête de la Belgique

« Un moyen efficace d'appuyer nos démarches vis-à-vis de la France, c'est de m'adresser des pouvoirs et instructions à l'effet de traiter avec l'ambassadeur anglais. Je n'en userai que pour effrayer la France et pour la déterminer au parti que nous désirons lui faire prendre. J'en userai réellement si vous m'y autorisez par vos instructions.

« J'ai remarqué que l'alternative que j'ai mise en avant de nous jeter dans les bras de l'Angleterre, si la France ne traitait pas avec nous, a fait impression. C'est une corde à faire vibrer. »

Le 5 octobre il écrivait à M. Van de Weyer :

« Surveillez J. Van Halen. Il ne m'a jamais inspiré de confiance. On m'invite ici à m'en défier. Faites-le surveiller de près. Placez à ses côtés quelqu'un sur lequel nous pouvons compter. Placez-le en deuxième ou troisième ordre. C'est tout ce qu'il vaut. »

11 recommandait le général Mellinet et poursuivait en ces termes :

u J ai de linfluence sur lui. Je le ferai aller. 11 faut d'ailleurs le faire surveiller, mais avec précaution. Songez aux opérations militaires. Appelez Goblet au conseil pour la guerre : c'est un homme capable, très-capable. Goblet était commandant à Menin. Je ne sais s'il y est ni où il est, depuis que la ville est à nous. Cherchez-le ; c'est un officier précieux, — Ne pourrait-on pas penser au duc d'Arenberg pour gouverneur général, bien entendu pourvu

que les projets apportés par Tielemans ne réunissent point les suffrages... L'enthousiasme est tel ici que tout Paris marcherait en Belgique. Deux cent mille hommes y seront en un instant si on les laisse aller... De grâce, finissez-en avec la dynastie. Je vous maudirai tous de ne m 'avoir pas compris si nous retombons sous ce joug humiliant. »

Dans une lettre du 6 octobre, également adressée à M. Vande Weyer, Gendebien disait :

« Si on n'a pas le courage de prononcer la déchéance de la dynastie, qu'on stipule au moins que toutes les troupes hollandaises se retireront au delà du Wahal ; qu'aucun prince de la famille royale ne mettra le pied en Belgique jusqu'à ce qu'une assemblée nationale, composée de deux cents députés belges élus par tous les citoyens payant par exemple 10 à 20 florins de contributions directes et indirectes (ou directes seulement), aient prononcé sur la forme de leur gouvernement et le choix libre de son chef (*). »

Gendebien s'étonnait du silence du gouvernement provisoire. Il se plaignait le 9 octobre

(«) Pendant que M. Gendebien se trouvait à Paris, le gouvernement provisoire, par un décret du 4 octobre, avait arrêté qu'il serait convoqué un Congrès national auquel serait dévolue la mission d'examiner un projet de constitution et de le rendre exécutoire. Par un autre arrêté du 10 octobre, le gouvernement provisoire décréta que le Congrès serait composé de deux cents députés et, le 1 2, il décida que les membres de cette assemblée seraient élus directement.

que depuis dix jours il n'avait pas encore reçu les pouvoirs qui auraient dû lui être envoyés dans les vingt-quatre heures, ni même un signe de vie. Si l'intention de ses collègues, ajoutait-il, était de le dégoûter et de l'écarter des affaires, il fallait avoir la franchise de le lui dire. Il s'empresserait de s'effacer, et il ne pouvait, disait-il encore, en donner une meilleure preuve qu'en offrant sa démission.

En réalité, le gouvernement provisoire, connaissant les tendances trop françaises de Gendebien, croyait devoir montrer une grande réserve : il ne voulait point se lier par une adhésion précipitée et qui aurait pu avoir de funestes résultats. Les instructions que lecomité central, chargé du pouvoir exécutif, avait arrêtées le 6 octobre, instructions très-sages, n'avaient réellement pour objet que de régula-, riser la mission de l'envoyé belge à Paris (').

(') Les voici :

•• Le gouvernement provisoire de la Belgique, comité central, autorise M. Gendebien à entrer en rapport avec le gouvernement français à l'effet d'entretenir les bonnes relations où la France se trouve à l'égard de la Belgique.

« Le principe de non-intervention, soit armée, soit diplomatique, fera l'objet principal de ses négociations.

« M. Gendebien fera en sorte que, si des puissances étran-

De retour à Bruxelles le 10 octobre, Gendebien fut immédiatement adjoint au comité central, chargé du pouvoir exécutif; en même temps il prit la présidence du comité de justice.

Le gouvernement provisoire s'occupait alors des conditions électorales pour le Congrès.

Gendebien provoqua, dit-il, l'arrêté du 16 octobre qui réduisit de moitié le cens des campagnes.

Cependant des nouvelles alarmantes étaient venues d'Anvers. On parlait d'intrigues qui devaient avoir pour résultat l'intronisation du prince d'Orange, avec le consentement de Louis- Philippe, qui n'hésiterait pas à le donner si la nouvelle dynastie française était reconnue par la

gères interviennent violemment dans la question belge, la Belgique puisse compter sur l'intervention armée de la

France.

« Si elles interviennent diplomatiquement, il fera en sorte

que la France n'y consente qu'aux conditions suivantes :

« \ ° Que la France soit partie contractante au traité qui réglerait les relations extérieures de la Belgique avec les

autres puissances ;

u 3° Que la question d'organisation intérieure de la Belgique reste en dehors de toute négociation et que l'état des choses établi à l'époque où les négociations commenceraient soit préalablement reconnu par toutes les puissances con-

tractantes.

« Bruxelles, le 6 octobre 1830. »

«ji*

Russie. Il fut alors décidé que Gendebien retournerait à Paris, chargé en apparence de négocier un emprunt. Mais d'après les instructions qui portaient également sa signature, il devait, dans l'hypothèse où le Congrès convoqué à Bruxelles proclamerait pour chef du gouvernement un des fils de Louis-Philippe, il devait, disons-nous, demander quelles mesures le gouvernement français prendrait pour appuyer cette élection contre les puissances étrangères et la dynastie déchue. En toute hypothèse, il devait demander une profession de foi catégorique, c'est-à-dire, pensons-nous, une déclaration formelle sur le maintien du principe de non-intervention (').

(') Voici le texte inédit de ces instructions :

« Le gouvernement provisoire delà Belgique, comité central ,

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