‹ Alexandre ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, 1801-1823Chapitre 12 sur 20 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

souriait à son c\nie indécise et mobile ; il s'essayait de temps à aatre à le remplir. Avant sa mort, il finit par reculer lui-même devant l'exécution de ses pro* messes; mais» pendant de longues années, il garda celte pensée, d'abord comme une espérance qui flattait son ambition, puis comme un tourment qui l'agitait, comme un secret remords; il avait peur

de son œuvre, qui n'était pourtant qu'une bien incomplète justice-

Cet épisode n'est plus que de l'histoire; il ne laisse pas cependant d'avoir^ même aujourd'hui, une éloquente signification. 11 monlreTinanitédeces transactions entre vainqueurs et vaincus, puisque la tentative la mieux faite pour réussir finit par la plus cruelle et la plus amère déception. L'empereur Alexandre !•' ne fit rien, ou ce qu'il essaya de faire se ressentit toujours de la duplicité d'une âme faible et vaine ; il osa du moins avouer cette pensée de réparation et de justice; il laissait parler devant lui, il parlait luimême d'une restauration de la Pologne; il ne méconnaissait pas entièrement le droit d'une nation ; il ne

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prétendait pas supprimer son histoire, sa religion, son nom, ses mœurs, son autonomie. II ne tint pas sans doute les engagements qu'il avait pris, auxquels il voulut un jour donner la sanction de TËurope; du moins^ il ne les abolissait pas dans un emportement d'autocratie; il en reconnaissait la force et l'autorité légale; tant bien que mal, il laissait vivre cet ordre constitutionnel qu'il avait donné au royaume de Pologne pour faire honneur aux obligations consacrées à Vienne, et il ne repoussait pas même théoriquement l'idée de rattacher au royaume les autres provinces polonaises de l'empire.

Aujourd'hui, sous le règne d'un neveu d'Alexandre l", la pensée russe, finissant par se dégager, ne connaît plus ni obligations morales ni liens diplomatiques. On marche audacieusement au but et on ne dissimule même pas ce hardi dessein devant l'Europe, qui regarde et ne s'étonne plus. Selon cet étrange droit nouveau,, la Russie, en démembrant la Pologne, n'a fait qu'exercer un droit et reprendre son bien. Il ne s'agit plus, que d'annexer, d'assimiler des provinces

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