X INTRODUCTION
que, mobile, inconstant, mais ayant, à ce premier moment, toute Tapparence de la générosité de la jeu* nesse.
Le prince Adam a décrit lui-môme cette origine mystérieuse et tout intime de ses rapports avec Alexandre dans des pages qui n'ont point encore vu le jour et qui sont,. si je ne me trompe, le prologue le plus naturel de cette correspondance. On est en 1796 à Pétersbourg, au lendemain du désastre de Macieiowice, au milieu de la cour de Catherine, et c'est luimême qui parle :
« Avant que la débftcle du Ladoga et les glaces de ce lac entraînées par la Neva ramènent à Péterâbourg un froid trës^vif , ce qui arrive ordinairement à la fin d'avril, on jouit dans cette capitale de quelques jours de beau temps, d'un soleil clair, d'un froid qui s'élève h peine à quelques degrés, et les quais alors sont remplis de promeneurs; toute la société s'y refûd; les
dames en toilette soignée du matin, les élégants de même*
INTRODUCTION xi
tt Le grand-duc Alexandre s'y promenait aouvent, quelquefois seul, quelquefois avec la grande-duchesse. C'était un motif de plus pour y faire ailluer la belle compagnie. Nous étions aussi avec mon frère parmi les promeneurs, et, toutes les fois que le grand* duc rencontrait Vun do nous, il d'arrêtait pour causer, et nous témoignait une bienveillance particulière.
» Ces rencontres du matin faisaient en quelque sorte suite aux soirées de la cour ; nos relations avec ce prince prenaient chaque jour le caractère d'une cou" naissance plus suivie. La cour se transporta au printemps, comme de coutumoi au palais de la Tauride^ où l'impératrice Catherine prétendait être plus retirée et n'admettait le soir qu'une société choisie dont le corn» mun des cavaliers de la cour ne faisait pas partie» excepté à l'occasion de concerts donnés à là cour où l'on se rendait par invitation spéciale. Le grand-duc venait encore de temps à autre faire ses promenades sur le quai ; m'ayant rencontré un jour, il me dit qu'il regrettait de me voir si rarement et m'invita