‹ Alexandre ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, 1801-1823Chapitre 8 sur 20 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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disait-il, Toccasion de passer plus de temps ensemble. Il se plaisait dans notre société et la désirait, car ce n'était qu'avec nous qu'llpouvait parler sans réticences et dire le fond de sa pensée.

» Nous avions le droit de venir aux appartements lorsque l'impératrice s'y rendait dans la soirée, de participer aux promenades et aux jeux de barres qui se répétaient à chaque belle journée, ou bien d'être du nombre des courtisans qui se rendaient sous la Colonnade, partie du château où l'impératrice se plaisait le

plus, et qui touchait à l'intérieur de ses appartements. On ne dînait les jours ordinaires à la table de l'impératrice que lorsqu'on était de service. Cela m'arriva une fois, et je fus placé vis-à-vis de Catherine et chargé de la servir; ce dont je m'acquittai assez maladroitement.

» Nous revînmes souvent à Tzarskoë-Selo, et bientôt nous nous y fixâmes presque sans désemparer pour la saison.

» Nos rapports avec le grand-duc ne pouvaient qu'attacher et inspirer le plus vif intérêt ; c'était une

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espèce de franc-maçoonerie à laquelle la grande-duchesse n'était pas étrangère; une intimité qui venait de se former dans de telles conditions et dont la cause nous était si chère, faisait naître des conversatiens qu'on ne finissait qu'à regret et qu'on se promettait toujours de reprendre. Ce qui, en fait d'opinions politiques, paraîtrait rebattu et plein de lieux communs aujourd'hui, était alors palpitant de nouveauté; et le mystère qu'il fallait garder, l'idée que cela se passait sous les yeux de cetle cour encroûtée des préventions de l'absolutisme, à la barbe de tous ces ministres si pleins de leur infaillibilité, ajoutait encore de l'intérêt et du piquant à ces relations, qui devinrent de plus en plus fréquentes et intimes.

» L'impératrice Catherine vit d'un bon œil la liaison qui s'établissait entre son petit-fils et nous deux; elle approuvait ce rapprochement sans deviner assurément quel en était le véritable motif, et quelles en seraient les suites. J'imagine que, dans son esprit et d'après les anciennes notions sur l'éclat de l'arislocratie, elle crut qu'il était utile d'attacher à son petit-

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