‹ Alexandre Ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, Czartoryski, avec une introdChapitre 11 sur 22 · I.K PRINCE ADAM CZARTUUYSKI A l'EMPEHEUR · texte numérisé non relu

I.K PRINCE ADAM CZARTUUYSKI A l'EMPEHEUR

Ce 15/27 décembre 1812.

J'ai adressé, le 6 de ce mois, à Votre Majesté Impériale, une lettre sans signature qui lui sera probablement parvenue, et dont cependant je mets ci-joint une copie.

Les événements de la guerre ayant pris une tournure qui semble décisive, je ciains que personne ne veuille, à présent, plaider, auprès de Votre Majesté Impériale, les intérêts de ma patrie, et je me suis décidé à expédier M. K... avec les papiers ci-joints. Puissent-ils contribuer à^vous convaincre, sire!

Je redoute, d'une part, les insinuations des puissances continentales, qui voudront vous détourner d'une idée qui leur fera ombrage, et qui est trop belle pour que leurs cabinets puissent la comprendre. Ce qui me rassure, c'est que l'Angleterre, vu ses intérêts bien entendus, et vu la façon de penser du prince régent, ne peut manquer de la goûter. — D'un autre côté, je crains les conseils des personnes qui vous entourent, et qui, par diverses considérations, seront peut-être contraires au projet, ou bien qui, exaltées par vos succès, oublieront que ce sera la manière la plus avantageuse et la plus glorieuse de les assurer.

Au fond, tout mon espoir est dans vos propres sentiments, sire; vous êtes plus que personne maître du sujet. — 11 serait donc inutile d'entrer dans de plus longs développements, et de prévoir des objections pour y répondre.

Je ne saurais m'imagiiier que Votre Majesté Impériale, après avoir voulu, quand elle ne pouvait pas, ne veuille plus à présent quand elle peut tout ce qu'elle voudra. Ce sont des mumenls qui ne reviennent pas dans la vie.

Si Votre Majesté Impériale, au moment où la nation polonaise s'attend à la vengeance d'un conquérant, lui

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Icrul la main, cl lui ollVc de iilciii 'j:vt\ ce qui, pour çllc, faisait l'objet du combat, l^cllct en scia maifiqiip, c'est de quoi je vous réponds, sire; il surpassera votre attente, vous en serez étonné et touché.

S'il vous convenait de suivre l'idée relative au grandduc Michel, je prendrais sur moi de tout signer sans relard, et de répondre que tout ce que vous exigeriez serait rempli.

Je crois qu'il est de mon devoir de ne pas cacher à Votre Majesté Impériale qu'une source continuelle d'inquiétude et de frayeur pour les Polonais, c'est le grandduc Constantin, qui est votre successeur apparent. Et c'est pourquoi ils préféreraient une autre branche. — En effet, un roi de Pologne qui aura 300,000 Russes à ses ordres, dès qu'il voudra ne pas respecter les lois, ne pas tenir ses promesses, dès qu'il voudra détruire ce que son prédécesseur aura statué, en sera toujours le maître. — C'est cet avenir qui rendra les Polonais si insistants à obtenir une constitution bien réglée, quoique, dans le fond, les précautions de ce genre les mieux prises ne pourront pas garantir d'une violence décidée, ni môme d'un changement de principe et de volonté dans un souverain futur de la Russie.

Quel que soit, au reste, l'arrangement que vous pré-

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ferez, sire, d'après les bases que je vous ai soumises, je crois ne pas trop m'avaiicer en assurant qu'il se terminerait à votre pleine satisfaction.

C'est à Votre Majesté Impériale, à présent, à donner l'impulsion, à expliquer ses désirs, à indiquer les moyens de s'entendie; en un mot, à finir l'œuvre. — Je pense avoir tout fait, comme Polonais, pour la préparer.

Pour ce qui est de moi, eu particulier, dans l'attente, sire, d'une réponse de votre part, j'ai refusé jusqu'à présent d'envoyer mon accession à la confédération ; cependant je m'y suis joint par sentiment, j'y ai adhéré de tous mes vœux pour ma patrie, ainsi que le témoig'nent les trois lettres que j'ai adressées à Votre Majesté Impériale. Ce n'est pas, sans doute, tandis que mes compatriotes croient toucher au moment où leurs intentions les {)lus droites , leurs sacrifices les plus héroïques, leurs pertes les plus sensibles ne seront suivis que par des malheurs plus grands encore; ce n'est pas, dis-je, lorsque toutes les espérances de mon pays semblent péricliter, que j'irai me rétracter, et renier, devant Votre Majesté, une cause sacrée pour tout Polonais, et qui restera telle et juste, si même elle ne cesse d'être malheureuse. Si vous nous tendez la main,

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sire, j(! v(Mix ('■prouver eu |)l('iii los ravissements de mes compatriules ; si vous nous rejetez, je partagerai leur affliction et leur désespoir.

Je supplie de nouveau Votre Majesté Impériale, de m'accorder mon congé absolu, que j"ai demandé bien avant la guerre, pour des raisons particulières, et que tous les motifs réunis me font solliciter aujourd'hui. — Votre Majesté Impériale ne peut plus en avoir pour refuser ma demande, quelque tournure qu'elle veuille donner aux affaires.

Cependant, s'il faut me rendre auprès de vous, sire, pour défendre la cause de mon pays, si vous croyez que ma présence puisse lui être utile, je suis prêt à entreprendre ce voyage.

Votre Majesté Impériale ne se rapprochera-t-elle pas du théâtre des événements, pour être plus à même de les diriger? Voulez- vous, sire, que je fasse des ouvertures à la confédération et au gouvernement de Varsovie; voulez-vous y employer quelqu'un autre? — Ne vous conviendrait-il pas que je fusse chargé par eux de conclure Tarrangement? Dans ce cas, j'enverrai bien vite mon accession à la confédération, et, muni de leur confiance , je leur obtiendrai bientôt la vôtre.

Si vos intentions sont favorables, sire, daignez me îs faire connaître en toute hâte, mais surtout, et avant )ut, donnez vos ordres en conséquence à vos gônélux.

Mon conseil serait que Votre Majesté Impériale douât, au plutôt, à son armée, des instructions analogues

ce que contient l'annexe A, et qu'en même temps vous le fissiez parvenir les articles préliminaires, que vous royez, sire, pouvoir accorder, signés de votre main. — 'autres points qui demanderaient une discussion ultéieure pourraient être réglés à la suite de cette prelière démarche.

Fort éloigné, en toute occasion, de prendre sur moi u delà de mes moyens, je crois, dans celle-ci, que per- Dune ne pourra mieux que moi combiner les choses t les finir promptement, d'accord avec les désirs de eux parties. Veuillez seulement m'instruire des vôtres. - Si Votre Majesté fait appeler le porteur de ce pauet, il sera en état de répondre à ses questions et de onner des éclaircissements sur plusieurs points.

^iot) i;KMiM:iu;ri< ai-f.xandhi: i'--

l'empereur au prince ADAM CZARTORYSKI

Leypouny, le 13 janvier 1813.

Il y a deux jours que je suis en possession de votre intéressante lettre du 15 décembre 1812 et de la copie de celle du 6 avec toutes les annexes. C'est à Meselsch que M. Kluczevsky me les a remises. Mais jusqu'ici la lettre originale du 6 ne m'est pas parvenue encore.

Aujourd'hui, j'ai reçu par le corps d'armée de Tcbitchagof une pièce signée le ministre de l' Intérieur MostovsJqj, dans une enveloppe à mon adresse. J'en joins ici la copie.

Je ne perds pas un moment pom^ vous répondre, et Qette réponse servira de même au papier de M. Mostovsky.

Les propositions renfermées dans tous ces papiers et les sentiments personnels qu'on me témoigne ont excité en moi la plus vive sensibilité. Les succès par lesquels la Providence a voulu bénir mes efforts et ma persévérance , n'ont nullement changé ni mes sentiments ni mes intentions envers la Pologne. Que vos compatriotes soient donc tranquilles sur les appréhensions qu'ils peuvent avoir. — La vengeance est un sentiment qui m'est inconnu, et ma plus douce jouissance est de payer le mal par le bien. — Les ordres les plus sévères sont donnés à mes généraux d'agir en conséquence et de traiter les Polonais en amis et en frères.

Je vais vous parler avec toute franchise ; pour faire réussir mes idées favorites sur la Pologne, j'ai à vaincre quelques difficultés, malgré le brillant de ma position actuelle.

D'abord l'opinion en Russie. — La manière dont l'armée polonaise s'est conduite chez nous, les sacs de Smolensk, de Moscou, la dévastation de tout le pays a ranimé les anciennes haines.

Secondement, dans le moment actuel, une publicité

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doniK-c à mes iiiloiili(jiis sur la ViAw^nc jetterait complôtoiiient rAutricho et la Prusso flans les bras de la France : résultai riii'il est très-essentiel d'empôclicr, d'autant |)lns (pie ces j)nissanees me If'nioi^nieul d('ja les meilleures dispositions.

Ces difficultés, avec de la sagesse et de la prudence, seront vaincues. Mais, pour y parvenir, il faut que vous et vos compatriotes me secondiez. — II faut que vous m'aidiez vous-même à faire goûter mes plans aux Russes et que vous justifiiez la prédilection qu'on me sait pour les Polonais et pour tout ce qui tient à leurs idées favorites. —Ayez quelque confiance en moi, dans mon caractère, dans mes principes, et vos espérances ne seront plus trompées. A mesure que les résultats militaires se développeront, vous verrez à cpiel point les intérêts de votre patrie me sont chers et combien je suis fidèle à mes anciennes idées. — Quant aux formes, vous savez que les libérales sont celles que j'ai toujours préférées.

Je dois vous avertir cependant, et cela d'une manière décidée, que l'idée de mon frère Michel ne peut pas être admise. N'oubliez pas que la Lithuanie, la Podolie et la Volhynie se regardent jusqu'ici comme provinces russes, et qu'aucune logique au monde ne pourra persua-

der à la Russie de les voir sous la domination d'un autre souverain que celui qui régit la Russie. Quant à la dénomination sous laquelle elles se trouvent en faire partie, cette dilTiculté est plus facile à vaincre. Je demande donc que, de voire cùté, vous fassiez connaître de cette lettre ce que vous jugerez convenable aux personnes de la coopération desquelles vous croirez devoir vous servir, que vous engagiez vos compatriotes h témoigner aux Russes et à la Russie de bons sentiments, pour éteindre les souvenirs de cette campagne et pour faciliter par là mon ouvrage.

Moi, de mon côté, pour donner aux Polonais la preuve de la sincérité de mes intentions h leur égard, j'ai donné ordre à mes armées de ne pas occuper Varsovie ; mais, pour cela, il faudrait qu'aucune troupe étrangère n'y restât, et des vôtres le moins possible, pour ôter l'inquiétude d'avoir an camp derrière soi. — Engagez de ma part les membres de la confédération et du gouvernement à rester tranquillement à Varsovie, leur promettant qu'ils n'auront pas à s'en repentir.

Voici maintenant ce qui a trait aux opérations mililitaires et à uk^s forces. Outre les armées actuellement en cami)agiie, chaque régim(M]t d(> toute l'armée a déjà formé sur les derrières 1,000 liomiiitv, par régiment

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d'infanterie et doux escadrons par régiment de cavalerie complètement équipés et montés et pourvus de compagnies d'artillerie de réserve, pour entrer dans les rangs des armées actives au printemps. — Indépendamment de celte masse en réserve, un recrutement de 180,000 hommes s'achève dans ce moment, qui servira à recomposer les réserves des régiments aussitôt que celles-ci seront incorporées dans les armées actives. — En outre, toutes les milices tant à pied qu'à cheval et d'artillerie des différents gouvernements, seront sur pied ; 75,000 hommes de celles-ci marchent sous les ordres du comte Pierre Tolstoy pour se porter en observation en Yolhynie. — L'énergie de la nation est au-dessus de tout éloge et je suis décidé à pousser la guerre non-seulemenl pendant cet hiver, mais jusqu'à une paix générale stable et telle qu'il convient à la sécurité de la Russie et de l'Europe.

Quant à vous-même personnellement, j'aurais sans tarder rempli vos désirs pour votre démission ; mais deux considérations me retiennent. L'une, c'est qu'aux yeux de la multitude chez vous, qu'il est impossible de mettre au fait des choses, cela ne paraisse comme l'effet de ce que mes intentions sur la Pologne ont changé; l'autre que, dégagé de vos rapporis envers moi, vous

ne preniez des déterminations personnelles qui feront le plus mauvais effet en Russie et nuiront à l'utilité immense dont vous pouvez être pour la réussi le de mes plans sur votre patrie. — Je crois absolument, comme vouSj que votre présence là où vous êtes est infiniment plus utile, que si, vous veniez me joindre, malgré le plaisir et l'impatience extrême que j'aurais à vous revoir, surtout dans les circonstances actuelles.

Voici en résumé les résultats que j'ai à vous annoncer : la Pologne et les Polonais n'ont à craindre nulle vengeance de ma part. — Mes intentions à leur égard sont toujours les mêmes.

Pour en donner des preuves, toutes les autorités du duché sont conservées partout. La confédération et le gouvernement sont invités à demeurer tranquillement à Varsovie.

Cette ville ne sera pas occupée par mes troupes, pourvu que toutes les troupes étrangères en sortent et que le nombre des troupes polonaises qui y restera soit le moindre possible.

Tous les généraux russes ont reçu ordre de traiter les Polonais comme des amis et des frères.

A mesure que les succès des armées russes seront plus grands et plus complets, à mesure aussi la réalisa-

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lion de mes iiilciilioiis cl de mes plans sur la Pologne sera plus cerlaiiie. — Comme, par conlre, ce n'esl que dos revers seuls qui pourraienl m'en empëclier.

Ainsi lout ce que les Polonais feronl pour aider à ces succès sera fait en même lempspour réaliser leurs espérances.

Mais ce qui pourrait le plus cimenler un lien indissoluble entre les Polonais et moi, serait un traité d'alliance conclu, après l'occupation du pays, entre le gouvernement du duché et moi. — Dès lors, je me croirais autorisé de la part de l'empire de Russie, à prendre un engagement sacré, à ne pas poser les armes tant que les espérances de la Pologne ne seraient pas réalisées, parce que les Polonais auraient prouvé, à la face de la Pxussie et de l'Europe, qu'ils ont mis toute leur confiance en moi, et ce n'est jamais en vain ([u'on s'en remet à ma loyauté. ^ -

Finalement, vous êtes rintcrmédiairc qui à tous égards me convient le mieux, par la confiance entière que j'ai mise en vous; mes sentiments d'attachement vous sont irrévocablement voués.

, ^ ET LE PRINCE CZAUTOIÎYSKI 2i;i

Krasnopol, le 3 janvier 1813.

P. -S. — L'écriture do cetlo lettre m'a pris deux jours, les affaires de l'armée et autres ne m'ayant pas laissé plus de temps.

Ma lettre portant un certain caractère officiel, je ne puis pas la laisser partir, mon cher ami, sans y ajouter ce petit mot d'amitié pour vous. Les succès ne m'ont pas changé ni dans mes idées sur votre patrie ni dans mes principes en général, et vous me retrouverez toujours tel que vous m'avez connu. Dites Lien des choses de ma part à vos parents et à vos aimables sœurs.

Si, à l'issue de tous les événements, je pouvais me retrouver un moment au sein de votre l'amille, cela me causerait un plaisir fou. Tout à vous de cœur et d'àme.

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LE PRINCE ADAM CZARÏURYSKI A L EMPEREUR

Le 27 mars (8 avril) 1813, de Kalisz.

Je viens d'apprendre que Czcnstochova s'est rendu, et je prends la liberté d'observer encore à Votre Majesté Impériale, que, si elle ne donne des ordres pour qu'on ne pousse pas les opérations contre le corps polonais, on forcera les choses de manière a rendre l'envoi que l'on se propose de faire à Cracovie et l'arrangement qui doit en être la suile, ou tardifs, ou entièrement inutiles. On aura l'air alors d'avoir voulu tromper, de n'avoir pas agi avec des intentions loyales et fran-

ET LE PRINCE GZARTORYSKI 2!o

ches. Je pars de la supposition que Votre Majesté Impériale a remis'simplement l'exécution de ses intentions qui sont inaltérables, que par conséquent, dans Tintervalle, vous voulez épargner toute catastrophe, tout malheur, toute effusion de sang superflue, et que, pourvu que vous évitiez de donner l'alarme aux puissances voisines, vous voulez agir de manière à inspirer de la confiance, de l'attachement aux Polonais, et leur faire deviner et prévoir le sort heureux que vous leur destinez. Voilà ce me semble votre marche. Votre Majesté Impériale s'en sera écartée totalement, si l'on attaque vivement les Polonais, tandis que d'un autre part on leur dit qu'on veut terminer avec eux ta l'amiable^Comment la confiance pourrait-elle naître alors? 11 y aurait une si grande contradiction eillre les faits et les paroles! — La destruction du corps polonais sera d"un très-pelit avantage militaire; mais je la regarderais comme une faute et un mal politique très-considérable.

L'impossibilité d'avoir des chevaux me retient encore

Je suis, etc.

P. -S. — Voire Majesté Impériale ne m'ayanl rien dit sur le billet que je lui ai adre.-sé la veille de son dr])art

:2i(; i;kmi'i;i;ki I! a i.kx amiI'.k i '

(le l\;ilis/,, Je criiis iciii|ilir \(is iiilciilinii- en faisaiil cs- \u'V('v d 1,1 pii/icc-sc II... (|ii(' son (ils ir;iiii;i [);is ses !)i('iis {•(iiilisiiMcs, cl ;i iiiadutiic I*... (|iic son iicvcu aura la ]i('riiiissiuii do rcjoiiidro sa raiiiillc

KT LE IMUNCE CZARTOUVSKI 217

LE PRINCE ADAM CZARTORYSKI A L'eBIPEREUR

Yarsovif, le 23 avril (4 mai) 1813.

Sire,

On a répandu ici des ])iTiits alarmanls sur une prélendue révolution qui devait éclater ces jours-ci dans toute la Pologne et particulièrement à Varsovie. Je présume que Votre Majesté Impériale a dû en être informée. Nous avons tous ici assuré M, Lanskoy de la fausseté de ces hriiils. Dans les mesures de précaution (pTil a jugé à |)i'0[)os de prendre, il a mis une extrême modération et une douceur ([ui pour le hien de votre service devraient

218 i/i:Mi'i:iîi:ri( Ai.Kx.witi'.i; i-

être imitrcs parhnil. A celte ()(;c;i>ioii, (•(uiinic dans tant (raiilres, j'ai élo frappr ci(! la jjraiulc rotivenancfi (lo surtir une boiiiic l'ois (rinic position qui, tant fin'eljo durera, sera toujours une source d'inquiétude sans cesse renaissante. La cause "en est gravée trop profondément dans le cœur de tous les i'olonais, et se propa.q-era de gùnération en génération; si même elle pouvait jamais s'attiédir, les principes prècliés aux Aileinaiids, et qui les arment tous aujourd'hui, sont bien faits pour lui redonner du ressort.

Kn revenant de Kalisz, j'ai rencontré à Nicborov le ])riiice Antoine lladzivill. J'ai appris de lui des détails qu'il. est bon que Votre Majesté Impériale connaisse. Le roi de Prusse n'est pas du tout contraire à l'existence d'uni" Pologne. Il sent la nécessité de satisfaire aux v(eux de cette nation, qu'il reconnaît pour justes et raisonnables. Il a été étonné que Voire .Majesté Impériale n'eût encore rien fait de déflnitif pour les Polonais; il s'est plaint que, toutes les fois qu'il avait voulu entamer cette matière, vous aviez paru fort embarrassé, et vous aviez changé de discours. — Il a engagé le prince Antoine à venir à Varsovie, pour y sonder l'opinion publique et s'y aboucher avec moi. Enfin, sire, d'après ces données, il semble que le roi de

Prusse se prêterait à toute mesure qui conviendrait à Votre Majesté Impériale dans ce sens.

Est-ce que les deux souverains ne pourraient pas adresser de concert une proclamation aux Polonais, comme ils Font fait aux Allemands? La signature du roi de Prusse imposerait silence à tous vos généraux et à Pétersbourg. — Cette proclamation pourrait être encore en termes assez vagues pour laisser à tous les partis interressés, quels qu'ils soient, et à toutes les imaginations, la faculté d'y trouver ce qu'ils voudraient y chercher. Elle neutraliserait les esprits les moins calmes en Pologne, et, selon sa teneur, pourrait même décider l'armée à prendre un parti. Le résultat serait assez avantageux pour l'emporter sur beaucoup d'autres considérations. Afin de l'obtenir plus sûrement, il faudrait prévenir le moment où Napoléon pourra avoir des succès. L'inquiétude sur l'issue de la guerre est précisément ce qui fait sentir au roi de Prusse l'importance d'une démarche qui réunirait les Polonais à la défense commune.

En général, il semble que Votre Majesté Impériale s'exagère les dillicultés de l'entreprise du C(Ué du rui de Prusse; elles n'existent pas; au contraire, ce prince aidera beaucoup lui-même à les lever de la part de

220 L'KMl'KKKll! A I.KX A N 1(11 !•: I'

l'armôf russe, doiil ropiiiioii sera toujours prépondt''raiilu sur celle de l'élersUourg; les obstacles nie paraissent ainsi s'aplanir. Je sais que les officiers russes qui se trouvent ici parlent la pliq)art dans ce sens par conviclion, ou Lien pour flatter les habitants. Le prince Ant(jine m'a dit (juc le général Wittgcnstein s'était fortement prononcé, et ne lui avait pas donné de repos ])onr qu'il allât au quartier général pousser à la roue, vu que c'était le moment où Votre Majesté Impériale d(;vait se prononcer. Quant à rAutriclic, clic a bien permis à Napoléon de faire une Pologne, et, si Votre Majesté Impériale et le roi de Prusse adressaient h présent une proclamation aux Polonais, il serait facile d'expliquer à l'Aulriche que c'est pour tranquilliser une foule d'esprits remuants au moment où, avec toutes vos forces, vous vous éloignez de vos frontières; dans ces explications, on ferait deviner que ce n'est qu'une mesure momentanée, et que, restés maîtres de ce pays, les trois souverains s'entendraient sur ce qu'il faut en faire.

Quelques jours après mon arrivée ici, les lettres circulaires pour appeler les députes des départements ont été expédiées. Avant que ces lettres arrivent, et avant que les députés aient le temps de se rendre ici, il se

passera une quinzaine de jours. Je suis fort aflligé de celle lenleur, qui cependant ne peut être évitée et qui retarde Tenvoi d'une dépulation au quartier général et h l'armée. Votre Majesté Impériale voudra bien entrer dans les raisons de ce retard, et ne pas s'en prendre à un corps polonais ni à ceux qui plaident sa cause et celle de la nation.

La convenance de soutenir l'esprit public en faveur de Votre Majesté Impériale non-seulement ici, mais aussi en Lithuanie et en Ukraine, m'a fait penser si on ne pourrait pas réunir aussi h Vilna les marécbaux-nés de chaque gouvernement pour s'éclairer sur les besoins, les charges du pays, et la manière de le soulager. Celte assemblée, qui répondrait à celle du duché, pourrait prendre telle direction qu'on voudrait lui donner, et servirait à vos plans à mesure qu'ils se développeraient; en attendant, cela tiendrait l'esprit dans une tension d'espoir qui les détournerait de toute autre pensée. Tout ce qui s'est passé avant la guerre, les promesses des Polonais qui ont été à Pétersbourg, les démarches de M. Tchitchagof avaient donné tant d'espoir sur vos intentions, qu'on ne doutait presque plus qu'il n'y eût une proclamation de votre part, d'abord à, Minsk, et puis à Vilna. — Trompé dans

222 i;i;Mi'i;iti;rit ,\ li:\ wiiiii" i '

C(!ll(' .'illciitc, rahalUMiiciiL vl un (l(''(;oura,q-(Miionl nuMiant ont pris la place de celle illusion, el il sérail très à propos de rouvrir là-bas les cœurs à l'espérance, d'aulant f]ir()(i y est en buU(î ;ï loule sorte d'abus, aux vexalions les plus sensibles, et que 1(!S gouverneurs, au lieu de se conformer à vos intentions, au lieu de suivre l'exemple de ceux que vous avez placés ici, ont adopté, au contraire, les formes les plus dures et les plus poignantes, et se plaisent à exercer une sévérité inutile et outrée. — Les liuit anciens gouvernements sont, à cet égard, bien loin de jouir du bienfait que vous avez accordé au duché de Varsovie; leur condition est fort à plaindre et devrait attirer votre attention.

Pour ce qui est de l'idée que j'ai mise en avant, si elle n'était pas exécutable pour le moment, elle pourrait l'être plus tard, et mérite tout au moins d'être prise en considération. Je regrette, dans la masse de choses dont je vous ai importuné, d'avoir oublié de vous en faire mention, — J'ai également omis de prendre vos ordres pour le cas où je pourrais revenir au quartier général vous porter des résultats marquants qui seraient de nature à exiger quelque décision ou des propositions et des plans qui demanderaient une discussion sérieuse. — L'interdit que Votre Majesté a jeté sur moi, doit-il

durer encore longtemps? Physiquement et moralement, le repos est mon seul besoin; mais je suis si pénétré de la justice de la cause de mon pays, et de Tintérèt qu'il y a pour Thumanité, que je ne supporterais pas le regret d'avoir rien négligé de ce qui pourrait la servir. Daignez, sire, m'éclairer et me dire ce que je dois faire, me permettre de tenter lorsque vous verrez qu'il est possible que je réussisse et que je fasse quelque bien.

J'ai appris avec douleur que l'ordre du quartier général portait de confisquer les biens de tous ceux qui servent dans l'armée polonaise ; cet ordre me paraît sans aucun objet et tout à fait injuste; on ne saurait punir des gens pour avoir servi leur pays et obéi aux ordres de leurs souverains, et que Votre Majesté a reconnu pour tels. — Le conseil central d'administration a cherché dans l'exécution à modérer cet ordre, et je crois que M. Lanskoy a fait son rapport au prince Kutusof. Craignant que le maréchal ne décide la chose sans la soumettre à Voire Majesté Impériale, je prends la liberté de l'en prévenir, en vous suppliant de vous faire représenter ces papiers.

J'avoue que c'est une source de grand chagrin pour moi, quand je vois ces contradictions du caractère

221 i;i':Mi'i:in:i;r. ai.kxandiu; !■

(r('(|iiil('' ,eriirr(Mis(' que vous avez adopté, qui csl le plus beau, 1(.' plus utile qui puisse être choisi, même par inlérèl, et que Votre Majesté Impériale est si digne (le soutenir, et de conserver dans son entier et sans alliage. Elle se convaincra qu'au moment où une sorte de représentation vase réunir ici et doit vous porter rexpression de la reconnaissance et de la vénération de tout le pays, celte mesure sera d'une dissonance extrême et bien fàclieuse.

Permettez, sire, ciue j(! rappelle à Voire Majesté Impériale l'article que je lui ai soumis relativement aux sujets mixtes qui devraient faire exception dans les mesures de rigueur que vous avez ordonnées, parce qu'il était permis et parce (pi'on ne leur a jamais défendu de servir dans le duché où ils étaient domiciliés. J'ose aussi répéter mes sollicitations en faveur des prisonniers de guerre; on a tort de ne faire aucune différence entre les étourdis, les mauvaises tètes ou pire, et ceux qui se conduisent avec sagesse et convenance. Ji^ pnMids la liberté d'ajouter ici un projet d'ordre sur ce point conforme à l'arrangement que j'avais proposé à Kalisz, et qui expliquera mieux mes idées. — On diminuera par là les embarras, et les frais de transport et d'entretien, et l'on augmentera le

ET LE PRINCE CZARTOinSKI ±2n

nombre des gens cl dos l'amilles qui h(''nirnnt votro hicnfaisauce sans qu'il en résulte aucun inconvénieuL ni danger.

Je rappelle égalemeul à Voire Majesté Impériale le prince Louis Radzivill et M. Alfred Potoçki; Votre Majesté a fait espérer au premier que ses biens ne seraient pas confisques; au second, qu'il lui serait permis de r(\joindre sa famille.

±21-, i;i: Mi'i:i'.i;iiii ai.kxamuiI': i'

LE PRINCE ADAM CZARTOR YPKI A l'EMPEREUR

Varsovie, le 27 avril 1813.

Après la lettre que j'ai eu le bonheur d'adresser il y a quelques jours à Votre Majesté Impériale, j'ai reçu des nouvelles directes de Lithuanie, entre autres de M. \Vacorzeçki; ce qu'il me mande, et ce que le témoignage des personnes dignes confirme, m'a pénétré de la plus profonde tristesse, et m'impose le devoir de m'étendre davantage sur des articles que je n'ai fait qu'indiquer dans ma lettre précédente.

Qui connaît de près Votre Majesté Impériale ne

saurait admettre le moindre soupçon sur la loyauté de ses sentiments, ni nourrir un seul instant la crainte qu'en faisant espérer aux Polonais un avenir plus heureux, vous n'ayez pas l'intention de l'exécuter. Mais, quelles que soient à ce sujet vos idées, que le public ne saurait approfondir, il est constant' et hors de doute que, dans ce moment-ci, votre intention est de flatter la nation polonaise, de l'attirer à vous, non-seulement par l'équité de votre gouvernement, mais par des marques de générosité, de clémence, et de lui faire même espérer que les vœux qu'elle vous adresse peuvent être exaucés. Dans votre position, sire, un prince qui ne serait que politique, et qui n'aurait aucune qualité morale, en agirait do même : tel est le système que vous avez adopté, sire, telle est la volonté que vous avez émise ; cependant cette volonté si sage n'a pas d'effets, elle se perd dans l'exécution toute fautive, malveillante; ceux qui doivent la remplir y contreviennent de la manière la plus criante.

Les cinq gouvernements de Lithuanie, au lieu des bienfaits dont vous avez voulu les faire jouir, et dont vous voulez qu'ils jouissent, gémissent, au contraire, sous le fardeau d'un régime dur, injuste, arbitraire à un point qui n'a pas encore existé. Personne n'y

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est polir ;iiii>i diic .>i"ir di- >;i rniiniic, de sa vif, fie snii lidiinciir. Le inciiiicr \;iiiri<'ii, et il n'en ni;iri- (|ii(' iiiiIIl' pail, cliaiiui' juil, rli.Kiuc liuiiiiiic (iiruii d('.-iide vciiî-'-cuiicc ou rajipàl du i.'-ain conduit, pciil l'aire le iiialliciir du cilnyi'ii le |)lii> iiiiiocciil cl de [oiil(.' sa raiiiillc. i.e végimo des dénonciations est là en j)iciiie vigueur; ce régime, qui est cité comme une source principale des plus grands malheurs de Rome, sous ses plus tyranniqucs empereurs, est-il croyable qu'il puisse exister sous le règne de Votre Majesté Impériale? Un acharnement avide et aveugle qu'on ne prend pas la peine de cacher, un mépris insultant assaisonné de la plus amcrc ironie», forment l'essence de la conduite des employés russes; ils s'efforcent, par toute sorte de chicanes, d'augmenter le nombre des confiscations. En un mot, le gouvernement et toutes les autorités, au lieu de protéger, de défendre les habitants confiés à leur soins, croient quils ont été nommés pour les tourmenter, les avilir, leur tendre des pièges, les dépouiller et les perdre.

Vous n'avez pas idée, sire, du mal qui se fait en ^ o-' tre nom, car vous le feriez cesser. Si les maraudeurs à la suite de l'armée française, par leur conduite, n'ont réussi qu'à travailler pour Votre Majesté Impériale, les autorités russes en Lilhuanie, si elles continuent ainsi,

et si on ne leur met an frein, parviendront à travailler contre vous. On y est à bout de force et de résignation; le désespoir de la mort s'est emparé de tous les habitants, et, tandis qu'il n'y avait jusqu'à présent aucune apparence de mouvement dans ce pays, maintenant il se pourrait qu'on se portât à quelque soulèvement, non par conviction ou espoir du succès, mais uniquement par excès de désespoir, et pour périr plutôt que de voir durer l'état de choses actuel. Je ne serais pas étonné que des employés russes n'eussent même ce but en vue, et très-certainement le plus grand nombre se rc'jouira d'un aussi funeste résultat, afm que, par des désordres partiels, les malheurs de tout le pays augmentent et que Votre Majesté se lasse de le défendre contre leurs exactions, et renonce à ses projets bienfaisants.

Au reste, si ces terribles effets d'un régime dur, arbitraire, doivent avoir lieu, aucune rigueur ne les empêchera, car celle-ci est déjà portée à l'extrême. Il faut prévenir le mal par nn régime sage, juste, -doux, calmant, qui fasse respirer et renaître. — Les troupes russes, animées du même esprit, se permettent des excès et des cruautés que Votn» .Maj(vsté linpériah' leur a sévèrement défendus, augmentent le trouble et

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lu (h'.'Solal'KJii, (i ne coniiiiciicciil ;i dcvciiii- plus riKjdi''lY'ps qu'après avoir dépassé la froiilirrc. Co sont là (les lails i{iii (jciiiamlcril l:i plus si-i-icusc atlctitioii, cl (les i('iii'''d('s prompts. .I(^ no Irouvo, si j'ose le dire, qu'un seul tort à Votre Majesté: c'est de ne pas l'aire toujours de bons rlioix et de les laisser tomber souvent surdos personnes dont les défauts et l'iurapacité lui étaient déjà connus.

L'une (les premières causes de; tous les malheurs ipie je signale ù Votre Majesté, c'est M. Ertel. Cet homme, qui n'a ni âme ni bon sens, qui est une espèce d'énergumène,sans aucune idéediï ce ([ui est juste, convenable, nécessaire, est dans ce moment le maître de la vie, du bien-être, et de la réputation de chaipie malheureux polonais; nationbienmalheureuse, puisqu'elle est abandonnée à de telles mains. Il a le pouvoir d'enlever chaque individu, de le renvoyer où bon lui semble, sans procès, sans interrogatoire; car qu'est-ce qu'un interrogatoire fait par M. Ertel? Les citoyens disparaissent du sein de leur famille, sans qu'on sache ce qu'ils sont devenus,' ce qu'ils ont fait; M. Ertel a, à ses ordres, une quantité d'officiers cpii courent tout le pays, pour lui amener des victimes, et Votre Majesté Impériale sentira facilement que, pour se rendre

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importants, et pour plaire à leur chef, ils ne mettent pas de bornes aux dénonciations, aux emprisonnements, et aux coups qu'ils distribuent pour obtenir Taveii d'un crime. Si on allait aux voix sur le compte de M. Ertel, ce serait un des articles où il y aurait unanimité entre les Russes et les Polonais ; tous par acclamation voteraient contre lui, et confirmeraient le portrait que j'en ai tracé. Partout où il a été employé, il n'a fait c{ue du mal, et, par sa nature, c'est la seule chose qu'il sache faire. Un tel serviteur n'est pas digne de Votre Majesté.

Une seconde cause que je ne dois pas taire à Votre Majesté Impériale de l'état déplorable de la Lithuanie, c'est le choix de M. Lovinski, gouverneur connu par une animosité décidée contre les Polonais, et qu'il a tous les moyens et toutes les occasions de satisfaire. Pourquoi Votre Majesté Impériale emploierait-elle des personnes qui ne savent faire que le contre-pied de ce qu'elle veut, qui dénaturent, gâtent le bien qu'elle conçoit, et qui, au lieu de se pénétrer de votre caractère et de vos qualités, en rendent l'effet nul, ou par leurs défauts, ou par leur mauvaise volonté?

Le prince Korsakof, ([iii a mille bonnes ([ualités, est entraîné dans la même voie; il ignore (ju'il ne faut pas la suivre. Votre Majesté Impériale ne trouverait-elle pas

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ù ])ru])us (le lui iiitiiiici', ;iiiisi (iii"aii.\ autres ^--(tuvornciirs fîéiir'raux, (ra(J()|)t('r iiiif coinliiili' conciliaiilc, ('(|ui[al»l(', ukkIciV'o, |)n)|)i(' à calnicr et à gagner les esprits, de lépiiiiier sévèreineiit les désordres que les Iroiipes eoiiiniiiteiil, en iiii mot fie leur donner des inslruclions semblables à celles dont Voire Majesté à muni M. do Lanskoy et les généraux commandant dans le duché? Si les gouverneurs de Litlmanic ou M. Ertel avaient été à Varsovie, avec tous les bruits, rumeurs, dénonciations qui se sont succédé ici, ces jours passés, et qui n'avaient aucun fondement, nous aurions vu des exécutions et des troubles provoqués par une sévérité outrée et nuisible. Ordonnez, sire, qu'on ne prête pas l'oreille aux dénonciations sans des raotils valides, et des examens impartiaux. Personne ne trouvera rien à redire à la punition d'un brouillon et d'un coupable; mais qu'il soit jugé loyalement et publiquement. Faites siéger dans ce tribunal des citoyens, ils seront les premiers à condamner ceux qui voudraient troubler le repos public, et irriter la bonté de Votre Majesté Impériale; mais, ])ar contre, il faut qu'un dénonciateur qui se fait un jeu dos pleurs et de la perte d"uii innocent, soit puni avec une sévérité aussi exemplaire. Tout ce qui a précédé Tamnislie et qu'elle a recouvert de son voile,

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ne peut plus être sujet à aucune enquête ni persécution, puisque l'amnistie a tout efTacé.

Les droits des époux et des créanciers sur les biens mis sous séquestre, dont j'ai entretenu Votre Majesté Impériale, et que le prince Kutusof a recomius en ma présence, devraient être confiés à l'examen d'une commission impartiale, composée de citoyens respectables. — Comme tous les employés, dans l'animositê qui les domine, ne peuvent que faire beaucoup de mal, et que, non-seulement ils ne s'en font aucun reproche, mais qu'ils le considèrent comme permis et même méritoire, on ne saurait prendre assez de précautions contre eux, si l'on veut faire prévaloir la justice; il faut continuellement opposer quelque digue aux etforls continuels de la haine et de l'avidité.

J'apprends que Votre Majesté Impériale a rétabli le comité central à Vilna pour la répartition des charges; afin qu'il devienne utile autant qu'il peut l'être, il faudrait que chacun des cinq gouvernements qui portent le même fardeau y envoyât quelqu'un. — Le comité, si on lui donnait de l'importance, si l'on augmentait ses attributions, pourrait répondre à l'idée que j"ai mentionnée à Votre Majesté Imiiériale dans ma lettre précédente. — Les trois gouvernenienls du Midi sont moins à plaindre,

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