‹ Alexandre Ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, Czartoryski, avec une introdChapitre 12 sur 22 · iv 1/ H M I' !•; it i: r i< a l !•; \ a n dh k i · texte numérisé non relu

iv 1/ H M I' !•; it i: r i< a l !•; \ a n dh k i

|);ir((' que le soil les a s;iiiv('s dos sc<'IM!S les plus Icrrihlcs i\r la iriicrn'; mais, de la part des ^'ouvfirianls ot aiilaiiL (|ii(' Iciii- \()|()iil(' peut s'arcoiriplir, ils nnt aussi toiil à soiillVir. — lu coiiiilf'; (•oiiiiiic crliii de \iliia y serait indispensable; ils se réuniraient en un seul au iiioiiicnl ([u'on le trouverait opportun.

Je rappelle à Votre Majesté Impériale ce que je lui ai dit au sujet de M. Kombourley, et je crois qu'il n'est pas de l'aYantage de Votre Majesté Impériale de faire gouverner SCS peuples par des gens qui haïssent et sont haïs dans toute l'étendue du terme. — Des détails ultérieurs seraient superflus dans cette lettre déjà trop longue; les renseignements qui me sont parvenus ne laissent aucun (loiit(> sur la vérilé des faits (pie j'ai rtiis sous les yeux de Votre Majesté Impériale; la traduction cijointe d'un fragmcn t de la lettre de M .Vacorzeçki, servira de témoignage à l'appui de mes assertions. — Ordonnezlui, sire, de vous faire un rapport circonstancié et bien véridique de l'état de la province. Que le comité de Lithuanie, que celui que vous créerez peut-être en Volhynie, soient chargés de vous présenter leurs demandes et leurs aperçus. Je le répète, il est de toute nécessité que Votre Majesté Impériale s'assure de la réalité de tant de maux, et qu'elle y porte un prompt re-

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mède. Je crains beaucoup que les mêmes désastres ne soient prêts à fondre aussi sur le duché de Varsovie ; le mal commence déjà à y gagner de proche en proche. Si Votre Majesté Impériale veut s'arrêter, qu'elle se hâte d'ordonner que le conseil central soit le seul agissant tant pour la police que pour les fournitures du pays; les personnes dont Votre Majesté Impériale a composé ce conseil méritent votre confiance. Son établissement ne produira aucun bien, si d'autres personnes, d'autres pouvoirs, viennent s'immiscer dans ses attributions, et donnent, de leur propre chef, des ordres à tort et à travers dans le pays. — Veuillez vous rappeler, sire, que dans votre empire, parmi les personnes qui influent sur la marche du gouvernement. Votre Majesté Impériale est la seule qui soit un peu favorable aux Polonais. Votre pensée, -sire, votre parole change de uature et d'effet à mesure qu'elle s'éloigne, et qu'elle passe à l'exécution. — C'est de là que proviennent l'extrême décousu et les contradictions continuelles qui s'aperçoivent dans les mesures prises envers les Polonais. Tandis que Votre Majesté Impériale semble Touloir les calmer, les llatler, les attirer, la plupart des gouverneurs s'efforcent de les aigrir, de les écarter et do k's pousser à bout. Ne pourrait-on avoir quelque Polonais au ([uurlier général, à

2;?(i I/KMI'KIU.I U ALKX AMiHK l'^

poste li\<', qui si'iiiil cMiiimc (|iii diiiiil l'avocul, le ri'préseiilaiil <li' lanatimi, et (|iri)ii cliartrerail de la dirccliou (les all'aiivs (jni i-e,L:;inicnl le ijays? J'avais pensô ])()iivnir reiiiiilii' ('('(le jdace; mais tout aiilre député (pii serait eii\()\('; de \'ilii;i, (jiii ])oii seii)hlei;ii( à \olru Majesté, l;i reiindirail lotit aussi bien; |)Oiii'Vii (|iie la elioso vous eoii\ieiiiie, sire, lo choix ne sera pas difficile.

Neuf millions d'hommes mériteraient une attention particulière. Dans ce moment, il n'y a persunn(; qui plaide notre cause, qui réponde à mille accusations, et suppositions vagues, qui font prendre souvent de fausses mesures ; personne qui connaisse le pays et les individus, (pii puisse donner un renseignement juste, qui puisse proposer une idée basée sur la connaissance des localités ; personne dont la présence auprès de Votre Majesté Impériale inspire de la confiance et de l'espoir à la nation. Tout ce cpii entoure Votre Majesté Impériale est ou entièrement ignorant des affaires de la Pologne, ou indifférent, ou contraire.

La conclusion de tout ce que j'ai osé soumettre à Votre Majesté Impériale est que l'instant actuel exige qu'elle se décide à quel((ue mesure, à quelque acte, qui soit favorable aux Polonais, et qui mette lin, ou porte

remèdo aux maux dont nous sommes accal)lés. — 1/esprit public et l'opinion changent et ne sauraient se soutenir quand on ne s'en occupe pas, et quand tout ce qui se passe n'est propre qu'à les irriter. Si Votre Majesté Impériale ne peut encore déclarer ses intentions, qu'elle fasse du moins quelque autre chose qui remonte les esprits , et les rattache de nouveau. Le contenu de ma lettre précédente et de celle-ci lui en propose les moyens.

Je viens de relire ce que j'ai écrit, et je crains que, pour avoir trop voulu convaincre Votre Majesté Impériale, je ne me sois exposé à l'offenser ; cependant tout ce que j'ai écrit est vrai, et il est bon que Votre Majesté Impériale le sache puisque je l'ai une fois écrit ; j'envoie cette lettre telle qu'elle est. — Tant que Votre Majesté Impériale me permettra de correspondre avec elle, je lui dirai ce que ma conscience et mon cœur me dicteront, sans écouter aucune autre considération. Si je n'étais pas Polonais, j'aurais cherché tout de même par humanité, par l'amour delà justice, à appelervotre attention, à intéresser votre équité , votre sensibilité aux souffrances d'un pays qu'il dépend de vous de faire cesser ou d'adoucir considérablement. — Je conjure Votre Majesté Impériale de ne pas mclliv d{> coté tout ce que je

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lui ai (lil par allacliciDciit d j):ii- |)l<'fiilii'l(' de zrle

et (le rraiiiliisc. Si vous iTy raili'S aucune allcntion,

TclaL actuel (l(i suuirraiice, qui va aller augmentant,

aura les suites les plus tristes pour le j)ay.->, pour

les habitants et pour le bien du service de Votre

Majesté.

Le généi'al Ertel vient de l'aine très-inopinément son entrée en ville, avec une suite nombreuse, et avec tout l'appareil d'un grand inquisiteur. — La héraldie de Saint-Pétersbourg a envoyé ici une foule d'employés de tout grade. — On va créer pour eux des places tout exprés, dans les dilFérents dicastcres du gouvernement, et dans les départements. — Voti-e Majesté Impériale devinera l'efTet que produisent dans le public ces apparitions et ces mesures, et combien l'espoir d'un bonheur à venir doit s'aiTaiblir et se perdre. — Le général Zajaczek âgé de soixante et dix ans et sans jambes ; le général Dzievanovski à peu près du même âge, et d'une santé entièrement ruinée, tous deux gens d'honneur, ont été transportés de Yilna dans l'intérieur de la Russie. — Que pouvaient entreprendre ces deux vieillards estropiés et pourquoi les faire voyager? Une quantité de prisonniers estropiés et hors d'état de jamais servir, qui se trouvent dans l'intérieur de l'empire, qui offrent leur

parole d'honneur, et la caution de parents respectables, devraient être relâchés avec la permission de joindre leur famille. — Des motifs d'humanité et d'économie parlent pour eux.

240 1. r.MI'F.liF.in AI.F.XANTtUF. I'"-

L EMPEREUR AU PRINCE ADAM CZARTORYsjKI

Vienne, 13/-2.J mai 181.j (1).

Pendant le temps qne vous avez passé auprès ûc moi, vous avez eu Toccasion de connaîtiv mes inlonlious sur

(1) C'est pendant le congrès de Vienne que l'empereur adressait cette note au prince Adam Czartoryski. L'issue victorieuse et peutêtre inespérée de cotte terrible campagne de 1812-1813, dont on vient de voir, par les lettres antérieures, un cùté secret, n'avaient pas altéré jusqu'à un certain point, du moins en apparence, les intentions bienveillantes d'Alexandre à l'égard de la Pologne. Les transactions de Vienne n'offraient, il est vrai, aux Polonais, que des satisfactions bien incomplètes. L'article I''' de l'acte final de 1813 a été trop souvent mentionné pour que nous le rappelions ici. Dans cette situation, cependant, telle que la faisaient les traités, consacrant ou modifiant les anciens partages, il y avait pour les diverses parties de la Pologne

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les institutions que je veux établir en Pologne cl sur les améliorations que je désire introduire dans ce pays. Vous aurez soin de ne jamais les perdre de vue dans les délibérations du conseil cl d'y attirer toute l'attention de vos collègues, afin que la marche du gouvernement et les réformes qu'il est chargé d'opérer soient d'accord avec ma manière de voir. Vous n'omettrez pas, si le besoin s'en présentait, de prendre à cet égard l'initiative pour hâter les résultats et présenter des projets conformes au système adopté.

annexées aux trois États copartageants des garanties du respect de la nationalité et d'une administration distincte, el, de plus, l'ancien duché de- Varsovie, érigé en royaume sous le sceptre russe, devait être constitué dans les conditions de ce qu'on noiiiino une unicm personnelle avec des institutions libérales.

C'est pour faire lionncur à cette stipulation que reni].ercur Alexandre, dans une proclamation du 13-2o mai ISlo, posait les bases de l'existence nouvelle du royaume de Pologne, en projuetlant aux Polonais une constitution, l'usage de leur langu;' dans tous les actes publics, une armée nationale, une adminislralion entièrement autonome, tous les moyens pour perfectionner leurs lois, la libre circulation de la pensée, etc.; ces bases devinrent, en effet, la constitution du !;> novembre 181i5. En attendant, un gouvernement provisoire avait été formé à Varsovie, et le prince Adam Czartoryski, qui, pendant les négociations de Vienne, n'avait pas quitté l'empereur, auprès duquel il était le défenseur de la Pologne, fut envoyé, comme membre du gouvernement provisoire à Varsovie, pour présidera l'organisation nouvelle du pays. Les instructions de l'empereur se rapportent à cette mission que, nul n'était plus propre à remplir que le prince Adam et dans laquelle était en ce moment le dernier espoir des Polonais. On verra que cette mission n'était point sans diflicultés et que le prince Czartoryski lutta tant ([u'il pût pour que ces promesses du moins restassent une vériti^

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