‹ Alexandre Ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, Czartoryski, avec une introdChapitre 13 sur 22 · I/EMPEREUR ALEXANDRE I · texte numérisé non relu

I/EMPEREUR ALEXANDRE I

Comme vous u'ùtes pas moins instruit de mes idées sur l'esprit dans lequel je prétends que le choix des divers emi)loY(''s se lasse, vous ne manquerez i)as de veiller a co qu'il .soiL dirigé dans ce sens. Dans un pays i)alloll(' depuis si Jonyieinps par lantde dérangcmenls el de révolutions, il est de la plus grande importance (pu! Ton suive une uiarclie unii'orme bien combinée. Voilà ce (fue j'ai voulu vous rappeler encore une fois par cet écrit, que je vous permets même d'exhiber afin de donner plus de foi à ce que vous aurez à dire pour satisfaire à mes intentions.

LE PRINCE ADAM CZARTORYSKI A l'eMPEREUR

Les bases de la constitution comportant un ministère de la guerre parmi les branches de Tadministration, qui, réunies sous une même surveillance centrale, composent l'ensemble du gouvernement, nous croyons de notre devoir de provoquer sur cet objet les hautes décisions de Votre Majesté Impériale et Royale.

La présence de monseigneur le grand-duc dans ce pays et les autorisations spéciales dont Son Altesse Impériale était munie par Votre Majesté Impériale et Royale ont interdit au gouvernement provisoire tout rapport avec radministration militaire, dont un comité

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si-parc'; u clé cxclLisivciiioiil cliaryV'. — C('U(,' .si-paralioii

tolalc enlrc! racliiiinislralion civile et l'adiiiiiiislration

iiiililaii'c du pays duiiiie lieu aux plus {^ravus inconvô-

iiiciils.

Klic a mis le fiouvcrnemout dans rinipossijjilitf' de préseuler à Votre i\!ajeslc un rapport général sur la situation et sur les besoins à venir de l'Étal, dont Tarmée constitue un des principaux éléments. — Tant que la partie la plus considérable et la plus coûteuse de Tadministration reste entièrement indépendante et isolée, elle ne saurait être soumise à aucun contrôle et les dépenses du pays ne peuvent être restreintes au niveau de ses ressources.

Le gouvernement, continuellement arrêté dans toute action qui a un i-appoil quelconque avec la i)arlie militaire, se voit souvent obligé de renoncer à dos mesures utiles do]it Texécution n'est possible qu'avec la coopération exacte et zélée de l'administration militaire.

Les économies qu'on s'est efTorcé d'introduire dans toutes les dépenses du pays et particulièrement dans Tadministration civile, en diminuant jusqu'à rextréme le nombre des employés et au nécessaire le plus strict leurs appointements, ne produiront aucun etfet et ne pourront être soutenues, si le même esprit d'épargne

et de rigidité ne dirig-f radministratioii de rarméc, et si Ton n'établit une espèce de proportion entre les émoluments militaires et civils.

D'ailleurs, l'administration proprement dite de l'armée touche par tant de points à l'administration civile du pays, que les deux ne sauraient être ni organisées ni régies que d'après un système commun.

Ces raisons, la certitude qu'incessamment l'armée polonaise ne pourra manquer de passer à la solde du pays, et la considération décisive que, dans ce cas, les moyens de l'Etat ne sufliraient pas à l'administration actuelle . de l'armée, déterminent le gouvernement provisoire à soumettre à Votre Majesté Impériale et Royale si elle ne jugera pas convenable d'ordonner la création d'un ministère de la guerre qui remplacerait le comité militaire et qui serait organisé sur le môme principe et dans les mêmes rapports que les deux autres ministères existants.

Le premier soin de ce ministère serait de présenter le projet de son organisation intérieure, et le gouvernement, s'il en obtient l'agrément de Votre Majesté Impériale et Royale, se réserve de mettre plus tard sous vos yeux, sire, ses observations sur le travail présenté parle comité militaire, et sur les économies qui pourront être introduites dans l'état de l'armée.

240 L'K.Ml'KULLU ALEX AN DUE ["■

LE riUNCE ADAM CZAllTORYSKI A L'EMPEREUK

Varsovie, juin 1813.

La journôc du 21 (1) peut se compter entre celles dont le souvenir devient, pour le cœur généreux de Votre Majesté Impériale, une réco. ue vos tra-

vaux, sire, pour le bien de l'humanité.

Les cérémonies ci^•ique et militaire se sont également bien passées. Les différents rapports que porîe le comte Ozarovski et celui quil fera à Sa Majesté Impériale et Royale, de vive voix, la mettront à même de juger de ce qui s'est passé.

(1) Jour de la proclamation du royaume.

Je nie bornerai à ajouter que Timpression générale a été telle qu'on pouvait la désirer : reconnaissance sans borne pou. ' bienfaits auxquels on ne croyait

plus, et sentiments de dévouement qui gravent un serment de fidélité dans les âmes de vos nouveaux sujets.

Les bases de la constitution ont surtout emporté tous les cœurs; mais elles étaient" nécessaires pour produire cet effet après la longue attente, les espérances souvent trompées et la conduite du grand-duc.

On a regretté Taigle tel quïl avait été laissé jusqu'à présent; la no'iveUe forme des armes et l'immixtion des Russes dans le gouvernement ont été vues avec peine ; mais les bases de la constitution ont fait tout oublier.

Ceux qui avaient assisté à tant de cérémonies précédentes dans ce pays, ont remarqué que celle-ci avait un tout aulre caractère, quel':"^ i^" -':> '"'^ c^im^ et de réel, rien de théâtral et de „ ^ cette

nation, après tant de souffrances, n'avait plus assez de ressort pour se livrer à une joie folle; la sensibilité profonde et la conviction du raisonnement étaient peintes sur tous les visages, et caractérisaient d'une manière frappante cette journée...

248 i;i:.MiM;i<i:iit Ai-RXANfmr: v

LE PRINCE ADAM CZAIITORYSKI A L EMPEREUR

Varsovie, ce l*^"" juillet 1813.

Lo gouvernement commence à s'organiser; dans les premiers m.oments, avant que chacun soit à sa place, et sache ce qu'il doit faire, la machine éprouve quelques difficultés à se mouvoir; ces difficultés s'écartent successivement; notre premier objet est que rien ne s'arrête.

Je me flatte que, ces premières difficultés vaincues, l'administration se perfectionnera dans toutes ses branches eu se conformant aux bases de la constitution. — •

ET LE PRINCE CZARTOUYSKI 2i0

Ce pays-ci devra à Votre Majesté Im[)orial(uin régime et une Torme d(^ gouvcrnemonl qui s"approclicrout successivement de la perfection.

I/esprit public est bon, et devient encore tous les jours meilleur. — Les gardes russes et polonaises se sont traitées réciproquement; il règne parmi elles la plus grande concorde. Monseigneur le grand-duc la cimente avec beaucoup d'amabilité ; Son Altesse Impériale paraît satisfaire les troupes.

Le temps n'ayant pas permis que la cérémonie du serment ait pu déjà être remplie dans tous les départements, cette circonstance a retardé Ja députation que le pays demande à envoyer a son souverain et à son bienfaiteur, pour lui porter rhonimage de sa fidélité et de sa reconnaissance.

Un des objets les plus essentiels et les plus difTiciles à régler, c'est Varsovie. Son régime actuel rend tout contrôle et tout ordre impossibles. — Le lien qui doit exister entre le gouvernement et l'administration militaire n'existe pas du tout, et sera l)ien difficile à établir avec un grand-duc de Russie; aussi, jusqu'à présent, ce lien que Son Altesse Impériale est chargé d'établir par l'ukaze du... n'existe nullement.

On dit que les gardes sont déjà à la hauteur de

230 i;E.MrtUEUR ALEXANDRE 1"

Yilna. Si Voire Majeslé Impériale s'en lient y. ce qu'elle a décidé précédemment, que le grand-duc marche sur le Rhin à la tôle de son corps, Votre Majesté Impériale ordonnera sans doute à qui le commandement sera confié et comment il sera réglé. Le moment sera favorable pour l'organiser.

La première question à décider, c'est si les troupes polonaises seront sous le commandement d'un général russe. Monseigneur le grand-duc aura dit son opinion à ce sujet.

Il semble que le CG.iiiixc-iiu.unt polonais pourrait se concerter en tout avec le général Muller.

Lorsque le général Kosciuszko sera ici. Votre Majesté Impériale lui confiera-t-elle le commandement en chef de l'armée?

XXVîI

LE PRINCE ADAM CZARTORYSKI A L EMPEREUR

Varsovie, es 17/29 iuiliel 1813.

L'organisatic j'eur, des finan-

ces, c,' -■ est au mo-

ment uc. j:-, Ci: cLua jjv.-x icauii..- dne éco-

uoinis asb^„ -.^....ùérable. — Notre premier soin était de ne pas arrêter la marche du gouvernement ; le second est d'introduire, sans retard, Tordre et l'économie possibles dès le début.

Les réformes subséquentes et les institutions qui, graduellement, doivent être mises à exécution d'après

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