‹ Alexandre Ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, Czartoryski, avec une introdChapitre 8 sur 22 · L'EMPEREUR ALEXANDRE I · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR ALEXANDRE I

ma (lomiindr', fine je fiicIs anjoiinriiiii à ses piods,

Volro .Maj('sl('! Icriiiinci-a (rmilrait (oulcs mes ini|iii<'-

tiulrs.

Je serais au désespoir si celle dcmarKh- allail déplaire à Vdire Majeslé Impériale. — J'ai été, il est vrai, péiii- J)l(iiic[d aireclé par son rescril sur Krzcmicnieç. Ellemême m'aurait désapprouvé, si j'avais été capable do ne pas m'en émouvoir. Mais, sire, dans ce moment, daignez ne pas prendre ma demande pour IVd'cl d'un mouvement d'humeur que je ne pourrais me pardonner. Veuillez. considérer la réunion de toutes les raisons que j'ai indiquées plus haut, et les instances de mes parents pour me marier, et mon isolement à Pétersbourg, et tant d'autres raisons dont Votre Majesté a connaissance. Elle jugera, dès lors, ma démarche pour ce qu'elle est, la suite de toutes les convenances et considérations particulières, jointes à rintime conviction que j'ai acquise, que je ne suis plus nécessaire, et que je ne puis plus être d'aucune utilité au service. Aussitôt que je serai informé des résolutions de Votre Majesté Impériale, que je suppose m'ètre favorables, je partirai droit d'ici, pour aller visiter la Suisse et les parties de l'Italie que je ne connais pas, et pour prendre cniin les eaux et les bains dont j'ai besoin, et que

je n'ai pu parvenir à prendre depuis trois ans. Il y a environ dix jours que je suis revenu de Varsovie, où j'ai été passer près de trois semaines. On y est fort pauvre, tant en argent qu'en nouvelles. L'avenir est ici parfaitement couvert, on vit au jour la journée dans une grande disette de numéraire, et dans rattonte d'un changement en mieux sans savoir en quoi il consistera et quand il arrivera.

Le duc Louis de Wurtemberg, fort imprudemment et contre l'avis de tout le monde, s'est arrêté à Varsovie pour y attendre son fils, qui était allé passer huit jours avec sa mère à Pulavy. Les créanciers du duc . se sont réunis pour demander à être payés, la justice a suivi son cours, et, malgré tous les soins qu'on s'est donnés, le duc s'est trouvé forcé de ne pas quitter la ville. Son fils est parti pour Dresde et Stutgart, afin d'arranger cette désagréable et malheureuse afTaire.

En terminant, je ne parlerai pas à Votre Majesté Impériale des sentiments qui m'attachent à sa personne; ce sujet m'entraînerait si je voulais le traiter comme je le sens, et cette lettre n'est déjà que trop longue. Mes sentiments sont tels que Votre Majesté les a connus dès les premiers lemits que j'ai eu le bonheur de

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r;ip|Mni|icr, ul ct'S SLMitiiii'iils soiil II jiimais iin'll.i- (jablcs,

iJaifiiii'/, sin', »'ii ri'icvoir l'Iioiiiiiiii^c avec boiitù. Je suis, avec le plus pioruiiil respect, elc.

LE PniNCE ADAM CZARTORYSKI A L EMPEREUR

Sire,

La commission qui avait été nommée pour examiner le gymnase de Krzemienieç vient de terminer son en- ({uète. Ses conclusions sont favorables à l'établissement et honorables pour M. Czaçki. — Le projet de transporter le gymnase dans quelque autre endroit, que la commission paraît n'avoir pas voulu entièrement désapprouver, est cependant reconnupar clle-mômepour inexécutable. Il l'est sans aucun doute, et, pour le suivre, il faudrait devenir ennemi et destrucleur de tout ce qui a été

i2i i;i;mi'i:i;i,i u .\ij;\amiiu". I".

l'ail iii-i|ir,i |)i('-('ii( (l;iris lis piiAinccs [lolnnai.-cs c/i favciii- (le riii-liiictiun [iiiltlii|iic. (le (ravail sera probahlciiKiit, mis sDiis les yeux de Volro Majosté Impr-riale. )ai^n('z, siro, en lo prônant en runsidi ration, donnnr il)i-(' coins ;ï vus sciilitncnts connus de justice et d(.' lonlc haiLinc/.. [.ai' leur inaniCcslation, consolider un nsliliit excellent (jui fera époque dans la province ou l s'est élcvô, et récompensez un homme vertueux, inustement calomnié, et (pii mérite d'être protégé et encouragé par Voire Majesh' liii|ii'riale.

Une marque de votre bienveillance, sire, précieuse dans tous les cas, le serait davantage à présent comme réparation du tort qu'on a voulu faire à M. Czaçki dans votre esprit, et pour effacer les craintes que le pulilic a conçues sur rétablissement auquel il a lait tant de sacrifices coûteux.

Je sais combien Votre Majesté Impériale est obligée d'être économe de ses dons; cependant, s'il y avait moyen de venir au secours de M. Czaçki, (pii s'est ruiné pour n'avoir pensé qu'au bien des instituts qu'il a créés, et jamais à ses propres affaires, ce serait le moment où cet acte de gratitude publique et de justice pourrait être accompli par le gouvernement avec le plus d'à-propos. Je dis de justice, car les pertes considérables quil

ET LE PRINCE CZARTORYSKI d2o

a faites lors du séquestre de ses biens et la confiscation dOstrog, tandis que les dettes hypothéquées sur cette terre ont été laissées à sa charge, autorisent cette expression.

Permettez, sire, que je rappelle ici à votre attention Tallaire des fonds d'éducation, depuis si longtemps stagnante au conseil. Une régie séparée de ces fonds est indispensable pour qu'ils puissent-être conservés, augmentés et consacrés à leur destination. J'ai prouvé, dans un mémoire présenté à ce sujet, que, sans cette régie séparée, il n'y aurait jamais ni ordre ni sûreté dans l'administration des fonds, ni possibilité de fournir aux besoins des écoles, et de procéder aux améliorations demandées. Toute la province le sollicite, sire : elle y cherche la mesure des sentiments du gouvernement à son égard; les propriétaires y voient la garantie des dons faits par leurs ancêtres, et de ceux offerts depuis peu, ou que l'on veut encore offrir pour le bien des générations présentes et à venir. Veuillez, sire, céder à tant de motifs réunis, où l'utilité publique, la bienfaisance, la justice et jusqu'à la politique se sont rencontrées et plaident la même cause.

Voilà plus cruii an et demi que C(>(le affaire est pendante sans aucune fin. Il y aura aussi l)i(Mil('il un an (pie

i2r, i.'i;.vii'i;ui:i i; a i.i:\a.M)I;i. i '

j";ii ciivoyi; (h; \iln:i ;iii iiiiiii.-lic un iiiojcl de rr;.'lriiiciils spéciaux |t()iii- Il nivcrsilfi (lic>>('; sur les lieux av(3C beaucoup de soin et crallcMiliuii. I>";iuln,'s objetiiiilisiiciisalilcs el utihjs, tels que lu coiislruclioii de la l)il)liutl)e(|ue, riustilution des culléfc'es pour les pauvres étudiants a Vilnu et a Krzeniienier restent également sans solution.

Je n'aurais jamais osé entretenir Voire .Majesté Impériale de ces détails, si ce n'était la crainte que mon absence ne nuise aux alfaires de rarrondis.sement dont j'ai Thonneur d'être curateur. Cette crainte m'oblige de porter la hardiesse juscju'a sui)plier Votre .Majesté de les prendre, s'il est possible, sous sa protection spéciale, dont l'université de Dorpal a longtemps eu le bonheur d'éi)rouver les eiiets.

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