CXLII JOURNAL DE LRNOIR
sculpté par Bontems '; les monuments de Bonport'; les
Le tombeau de Diane fut détruit officiellement. J'en ai pour garant le témoignage, assurément non suspect, de M. Roussel, dans son luxueux ouvrage sur le château de Diane de Poitiers. Cet appréciateur bienveillant des procédés révolutionnaires s'exprime ainsi, p. 107 : « La seule destruction du tombeau a été décrétée par un(î motion faite par deux commissaires de sûreté générale venus de Dreux. C'est le seul (sic) ornement du château qui ait été abîmé et détruit par le fait direct delà Révolution, etc., etc.» Lcnoir acheta de M. Herigoyen, propriétaire d'Ânet, la statue de Diane agenouillée.
1. Le monument qui renfermait le cœur de François I" fut vendu en janvier IIGS, avec le mobilier du prieuré de Hautes-Bruyères : «N" 154 : Ite7n, le mausolée en marbre blanc de François I^"', crié à la somme de 24 livres, a été adjugé après plusieurs enchères, au citoyen Percheron, pour 52 livres 11 sous. {Bulletin monumental, 5* série, t. V, 43^ de la collection, p. 192 et 193). Lenoir le réclama pour son musée dans les termes suivants : « Paris, ce 11 germinal an VIII de la République. — Alexandre Lenoir, etc., au ministre de l'Intérieur. — L'abbaye de Hautes-Bruyères, située près de Montfort-l'Amaury, déparlement de Seine-et-Oise, renfermait un monument précieux qui avait été érigé à François P''. Ce monument est simplement composé d'un fût de colonne en marbre blanc, orné de bazes et corniches d'un travail recherché d'arabesques et de médaillons représentant les Beaux-Arts. Un vase, qui renfermait le cœur de ce généreux chevalier, surmontait le tout. \\ y a environ quatre ans que cette abbaye qui dépendoit de celle de Saint-Cyr, près Versailles, a été vendue. Cependant le morceau intéressant précité a été réservé de la vente du domaine et le propriétaire l'a fait déplacer et transporter dans sa cour où il est encore dans un état d'abandon.. — Je pense, citoyen Ministre, que ce monument, par le motif de sou érection et la beauté de son travail, peut entrer dans la collection précieuse des monuments du xvie siècle, et figurer, dans le Musée que je dirige, auprès du tombeau du vainqueur de Cérisoles, dont je viens de terminer la restauration. — Citoyen Ministre, je réclame de votre amour pour les arts l'autorisation suffisante pour retirer cette colonne funéraire de l'état d'abandon où elle est. — Je pourrai, si vous adhères à ma demande, Çfiire conduire ce morceau précieux dans le Musée des monuments français, à la suite du transport de la maison de Diane de Poitiers à Anet, dont j'ai commencé le déplacement. J'éviterai, par ce moyen, des frais particuliers pour le transport de celte colonne qui est faite pour arrêter votre attention, et par ce moyen, [je pourrai] la faire arrivera Paris sans dépense. Salut et respect. — Lenoir. »
Le ministre de l'Intérieur autorisa, le 15 germinal an VIH, le déplacement du mausolée de François I^r^ qui fut gracieusement offert par sou propriétaire : « J'ai reçu du citoyen Marguerie, propriétaire à Hautes-Bruyères, le monument qui avait été érigé à François I'^'', dans cette abbaye, le 13 floréal an YHL — Lenoir. »
2. « Bonporl, le 22 fructidor an IX.— De la Follie, au citoyen Lenoir, etc. — Citoyen, je suis prêt {sic) d'effectuer l'envoy des objets détaillés dans votre dernière du 4 courant, sçavoir : 1" La colonne de Desportes, son piédestal en pierre revêtu de marbre, ses accessoires et le médaillon en bronze. — 2" La statue couchée en pierre du grand veneur, avec le masque eu marbre. — 3° La statue, de même nature, de sa femme et sou masque. — 4" Le bas-relief gothique en pierre avec son cadre en bois, etc. — De la Follie. »
INTRODUCTION. GXLIII
bustes de Henri II, de Charles IX, de Henri III'; la cheminée du château de Mennecy ^', le tombeau de François de La Rochefoucauld ^; le buste de Martin Fréminet *; le bas-relief du Réveil des nymphes (n" 110 du catalogue) ^; le Clovis et la Clotilde de Corbeil ^. Je cite, au hasard, quelques-uns des objets vendus parce qu'on n'avait pas voulu les rainasser, et qui sont entrés, en morceaux, dans les collections nationales après avoir été miraculeusement reconquis par Lenoir. Au Louvre, on s'occupait de régénérer l'art et d'éviter l'encombrement en « vuidant les magasins, n
L'autorisation d'acquérir, au prix de SOO fr. tout compris, avait été donnée le 19 fructidor an IX. Le tout fut payé 550 fr. le 22 prairial an XII.
1. Lenoir a dit, dans le Musée des monum. franc., t. IV, p. 16G : « J'ai acheté ces bustes, précieux pour la vérité des têtes et la recherche dans les draperies, à un serrurier du village de Monceaux qui les avait acquis au château de Riucy dont ils oruoient le salon. »
2. On lit dans une note iuédite de Lenoir : « Acquisition faite à M. Goinard, maître charpentier, d'un monument d'architecture provenant du château de Mennecy, servant de cheminée, orné de deux figures de femmes en bas-reliefs, représentant des nymphes, de deux figures de satyres servant de supports, et d'autres sculptures arabesques; le tout par Germain Pilon. »
3. Acheté au citoyen Balleux, marbrier. « Les débris de ce beau monument », dit Lenoir, Musée des monum. franc., t. IV, p. 184, « détruit par la vente du domaine qui le renfermait, furent vendus. Je me suis procuré ce bas-relief, la seule pièce qui eu restoit, d'un marbrier qui l'avoit acquis avec les autres débris de marbre. »
4. On lit daus le t. IV, p. 185, du Musée des monum. franc., à propos du buste de Freminet, provenant de l'abbaye de Barbeau où Millin [Antiquités nation, t. II, p. 14) l'avait vu et fait graver : « Ce monument, pendant la Révolution, passa à Melun, après la vente de l'abbaye de Barbeau. Il devint la propriété d'un chaudronnier avec lequel j'en traitai pour le réunir à la collection du Musée. «
5. Echangé le 18 floréal an VI, avec le marbrier Balleux, contre des débris de marbre inutiles, n» 938 du Journal de Lenoir.
6. Aujourd'hui à Saint-Denis, ces ligures furent achetées par Lenoir à un brocanteur : « Je soussigné, reconnais avoir reçu du citoyen Lenoir, administrateur du Musée des monuments français, la somme de soixante et douze francs pour deux statues en pierre du sixième siècle, représentant Clovis \" et Clotilde, sa femme, dont quittance à Paris,* ce 16 messidor an XI de la République française. Bodrolleaux, mouleur, rue du Fauxbourg-Saint- Antoine, nos g et 9. »