‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 13 sur 252 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

vite. Peut-être parviendrai-je, un jour, à consacrer à ce bienfaiteur de riiumani té une étude biographique étendue et les éloges dont il est digne. Je montrerai alors, en détail, ce qu'a fait ce rude travailleur qui, presque seul, lutta contre la fureur inintelligente de la populace et contre la vaniteuse ignorance, mille fois plus dangereuse, des plus éminents de ses contemporains. Provisoirement, je ne veux pas altérer, par une esquisse trop rapide et nécessairement insuffisante, une aussi grande figure historique. Donc, en attendant qu'on me fournisse une toile et un cadre à la taille du modèle, je laisserai au simple récit du Journal le soin de peindre la conduite de Lenoir, et je consacrerai mon attention, dans cette préface, à extraire du document imprimé ci-après quelques-uns des nombreux enseignements qu'il contient.

Il y a une école de publicistes qui représente la Révolution comme ayant généreusement doté la France d'un Musée nouveau ^ , comme ayant spécialement fondé les collections de sculpture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes. Une -légende s'est déjà formée. Sans doute la Révolution a chassé l'art français des églises, des palais, des châteaux ; en mobilisant subitement de nombreux ouvrages d'art, elle a mis partout en circulation des éléments capables de former des musées ; elle a renversé tant de monuments ! Mais elle n'en a jamais, comme on le prétend , recueilU pieusement la poussière. On discutera longtemps encore sur le vandalisme révolutionnaire. On

1. C'est la thèse soutenue habituellement, et exposée en dernier lieu par Eugène Despois, dans son livre intitulé : Le Vandalisme révolutionnaire, fondations littéraires, scientifiques et artistiques de la Co7ivention. Paris, 18G8, in-12.

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