‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 23 sur 252 · INTRODUCTION. . XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. . XXVII

de ce vasle édifice qui peut-être dans deux siècles n'offrira plus que des débris. M. de Marigny a depuis peu exécuté la plus importante de ces choses, la conservation de l'édifice. »

L'ignorance persistante de la foule est sans excuses, dans cette matière, puisque la vérité a été proclamée depuis longtemps dans des livres tirés h. très-grand nombre d'exemplaires. Dès 18o3, M. Villot, dans l'introduction de son excellent catalogue, après avoir rappelé la part de Lafont de Saint-Yenne ^ à cette grande innovation de la publicité des collections, disait (p. xxxi) : «En 1775, le comte d'Angiviller conçut à son tour le projet de rassembler tout ce que la couronne possédait de beau en peinture et en sculpture dans la grande galerie oii étaient exposés alors les plans et modèles des forteresses et des villes de France. »

(( Les plans transportés aux Invalides «, s'écriait d'Argenville, en 1778 2, « cèdent la place à la riche collection des tableaux du Ptoi que M. le comte d'Angiviller a résolu d'offrir •aux yeux du public. La réunion des chefs-d'œuvre des écoles anciennes et modernes dont elle est composée, formera un spectacle aussi imposant pour les étrangers qu'intéressant pour la nation et utile aux artistes. Quel Muséum, quel Lycée où le génie doit s'échautfer du feu des grands hommes que leurs ouvrages ont immortalisés ! Je m'empresserai d'en donner une description, lorsqu'il sera ouvert, aux amateurs des beaux-arts, pour joindre à ce Voyage. »

Dans son même catalogue ^ , M. "Villot a encore constaté

1. Voici ce que Lafont de Saint-Yenne disait, dès 1747, dans la 1'^ édition de ses Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture en France : « Le moyen que je propose pour l'avantage le plus prompt et eu même temps le plus efficace pour un rétablissement durable de la peinture, ce serait donc de choisir, dans ce palais ou quelqu'autre part, un lieu propre pour placer à demeure les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de l'Europe et d'un prix infini qui composent le cabinet des tableaux de Sa Majesté, entassés aujourd'hui et ensevelis dansxle petites pièces mal éclairées et cachées dans la ville de Versailles, inconnus ou indifférents à la curiosité des étrangers par l'impossibilité de les voir^ etc.. » Réflexions, 2^ édition, 1732, p. 227.

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