XL JOURNAL DE LENOIR
faire ni d'y placer un grand tableau. Je vous demande à rester dans mon coin en vous observant que, de l'autre côté latéral de ces mêmes atteliers, il existe un autre logement plus grand, puisqu'indépendamment de la pièce sur le quai, il y en a une seconde sur la cour, lequel est occupé par Mlle Thomas qui y a resté, j'ignore par quelles considérations, sous le ministère de Roland et même depuis. Gomme cette personne n'est point artiste, et, par conséquent, point dans le cas du bénéfice du décret en faveur des artistes, je m'arrête à cette seule observation. Je présume trop de la justice de mes concitoyens, et je me crois h l'abri de toute inquiétude quand je pense que je parle à des républicains qui respectent les décrets.
c( Salut et Fraternité. « Cazin. »
L'Administration du Conservatoire procéda toujours avec la plus grande prudence dans ces revendications individuelles de logements indûment envahis par des particuliers; car, dans bien des cas, les ministres étaient complices de ces abus, et, malgré le puritanisme affiché par le gouvernement, il eût été dangereux quelquefois de déplaire à ses favoris.
<( 26 ventôse an V. — L'Administration du Musée central
des Arts au Ministre de V Intérieur.
« L'Administration doit donc, citoyen Ministre, renouveler ses instances pour être mise le plus tôt possible en possession de l'entresol que va quitter le citoyen Dejoux. On a observé, à l'administration, que le citoyen David jouit d'un logement au Louvre, que le citoyen Gérard, qui doit lui succéder, est aussi logé, et que la citoyenne Bouillar, qui doit succéder au citoyen Gérard, est de même logée provisoirement au Louvre. Ainsi, en mettant l'administration en possession du logement que va quitter le citoyen Dejoux, personne ne se trouve délogé, et il semble que, pour l'avantage d'un monument tel que le Musée, les artistes ci-dessus nommés pourraient attendre que le citoyen David eût trouvé une habitation telle qu'il la désire.
(( Toutes les convenances s'accordent à appuyer notre juste demande : rLa jouissance d'une communauté indispensable;
INTOODUCTION. XLl
2° Des magasins que l'on gagnerait à ces nouvelles dispositions; 3" La sûreté de cet établissement dont l'administration ne peut répondre si des étrangers ont le droit d'y venir à toute heure de la nuit.
« La seule vue du bien public peut nous autoriser à vous proposer de revenir sur les dispositions que vous avez faites de ces entresols, mais nous croirions manquer à la confiance dont vous nous avez honorés, si nous ne soumettions à votre sagesse le bien qui peut résulter de la possession de ce local par l'administration, et les inconvénients inséparables d'un nouvel emménagement projeté. »
L'Institut fut, à son début, au nombre des envahisseurs.
a 3 messidor an V. — L'Administration du Musée central des Arts au Ministre de Vlntérieur.
«Citoyen Ministre, nous vous avons transmis, dans le courant du mois de ventôse dernier, une lettre que nous adressions à l'Institut pour réclamer le salon d'Apollon, pièce absolument nécessaire au Musée, et qui, lors de la distribution des localités, fut accordée à l'Institut par décret du Corps législatif. Si vous daignez vous en faire donner connoissance, vous jugerez des motifs qui engagèrent l'administration à en redemander la possession. En effet, cette pièce et la salle d'assemblée de la ci-devant Académie de peinture appartenoient auparavant au Musée, et formoient la ligne de démarcation des deux monuments : le palais national des Sciences et des Arts, et le Musée central. L'Institut, pénétré de la justice de notre demande, suspendit les travaux qui doivent être faits dans ce salon, mais, ne voulant pas perdre les localités que la loi lui accorde sans sûreté d'en obtenir d'autres, il ne consentit à le céder que lorsque le gouvernement l'en dédommageroit par une autre pièce de même grandeur.
« Nous apprenons d'une part qu'il va être mis en possession de la vaste salle de la Marine, emplacement où il pourra, s'il le juge à propos, placer convenablement sa bibliothèque. Nous avons de même su que vous veniez de lui faire céder une partie du logement dont jouissait la citoyenne Benoist, que vous prêtez provisoirement à cette citoyenne l'attelier du citoyen Hacquin, lequel jouira aussi provisoirement de celui du citoyen Girault, peintre absent.