INTRODUCTION. LXXVII
Lesueur et Varon pour voir le citoyen David et l'engager à venir septidi au Conservatoire '. »
La date de septidi thermidor n'était pas heureusement choisie; c'était l'avant-veille de la chute* de Robespierre. Un sinistre pressentiment pesait certainement ce jour-Jà sur les habitants du Louvre. La confiance dans le résultat de leur réclamation avait singulièrement baissé, car voici le procès-verbal de leur délibération :
« Septidi thermidor an II. — Le Conservatoire arrête que le rapport concernant la demande d'adjoints à la Commission temporaire des arts, qui devoit être présenté au Comité d'instruction publique, sera déposé dans les cartons pour servir et être présenté au besoin. »
Huit jour après, la situation avait empiré pour le Conservatoire. La réaction thermidorienne était triomphante. Les administrateurs du Louvre, loin d'aller braver en masse le Comité d'instruction publique, étaient accusés de mauvaise volonté et d'inertie. Deux d'entre eux donnaient leur démission. J'ignore, dans les détails, ce qui s'est passé le lo thermidor, le Conservatoire ayant eu soin de ne pas laisser de procès-verbal d'une séance qui ne dut pas lui être agréable ; mais voici ce qu'on lit dans le registre, à la date du 20 :
« En l'absence du président, le vice-président Dardel a pris le fauteuil. Le Conservatoire, d'après ce qui s'est passé à la séance du 15 thermidor, relativement aux membres du Conservatoire inculpés pour avoir négUgé les travaux de la Commission, arrête qu'il enverra une députation au Comité d'instruction publique pour lui porter ses vœux et le témoignage en faveur des principes et du zèle du citoyen Dardel, un de ses membres, tant pour l'amour des arts, son obéissance aux lois, et qu'il s'est toujours montré remplir ses devoirs quand il en a été requis dans les fonctions de conservateur, et qu'il s'est constamment montré opposé aux moyens d'être influencé en aucune manière que celle du bien pour les arts. »