GLIV JOURNAL DE LENOIR
écarter des statues qu'il jugeait indignes d'entrer au Louvre et pour les renvoyer à la fonte ou h la vente. Cependant il ne pouvait pas toujours agir avec cette indépendance. Quand un envoi était fait d'office, par le Comité de Salut public ou par la Convention nationale, on l'acceptait sans discuter, car on ne raisonnait pas avec ces puissatices-là. C'est ainsi que sont entrées au Louvre quelques-unes des pièces du trésor de Saint-Denis, et certaines œuvres d'orfèvrerie adressées directement par l'assemblée souveraine ou par des clubs parisiens. Mais on se dédommageait quelque temps après. Tout ce qui n'était pas de (( premier mérite » et tout ce qui. n'avait pas été « choisi » courait grand risque d'être déclaré a inutile àrinàmiction publique » et vendu ^
!• « Parii, 16 Tendémiaire an VI de la République.
« Le Directeur général de rinatruction publique à l'adminiBiration du Musée central des Arts. » Citoyens^ le Ministre des Finances yieot d*écrire au Ministre de l'Intérieur pour lui soumettre la proposition qu'il tqus a faite de Tendre la partie d'argenterie d'église dont vous êtes dépositaires, afin d*en appliquer le produit aux beioins pressans du Musée. Avant de présenter cette affaire à l'approbation du Ministre de l'Intérieur, je désire connaître la nature et la valeur des objets que vous proposez de vendre. — Gingdené. »
« Paris, le 27 prairial an VI de la République françoise.
« Le Ministre de l'Intérieur aux administrateurs du Musée central des Arts. -* Citoyens, le Ministre des Finances vient de me prévenir que la vente ■ des objets déposés au Muséum et que vous m'aVes présentés comme inutiles à l'iustruction publique se fera très-promptement dans une des salles du Musée, par le citoyen Sicard, en présence du citoyen Delafosse, que j'ai nommé pour la surveiller. Dès que la vente sera terminée, le produit en sera versé à la Trésorerie natioDale, déduction faite des frais, et le Ministre des Finances proposera alors au Directoire d'en comprendre le montant dans met distributions décadaires pour que je l'ordonnance au profit de l'établissement confié à vus soins. Vous voudres bien fournir au citoyen Lafosse un étjit certifié par vous des objets à vendre afin qu'il puisse me rendre compte de tous ceux qui auront été vendus.
« Salut et fraternité, a Letournetix. »
ti Les objeU ont été vendus 34,682 fir. 25. La prisée étoit de 18,427 Ar. — Le bonni a été de 16,255 fr. 25. » *
Les objets vendus n'étaient pas sans valeur d'art. En voici la preuve :
« 25 messidor an VI. » Le Conseil arrête qu'on joindra, à la vente qui se fait des objets inutiles à l'instruction, deux cabinets garnis de bronze et colonnes torses, ouvrage de Boule, provenant de l'émigré..... et apportés du dépôt de Nesle.
« Le Ministre de l'Intérieur prévient l'Administration que le directeur de la