INTRODUCTION. XV
posée, suivie et uniforme. Le ton général qui y règne permet d'assigner, comme date probable à sa dernière rédaction matérielle, Tépoque de la Restauration. La dernière partie n'a pu être écrite qu'en (816. C'est le moment où la destruction du Musée créa, à Lenoir, des loisirs forcés. On sait que Lenoir, après avoir défendu, relativement assez mollement ^ et sans trop se compromettre, l'existence de son admirable établissement, ne prit pas les armes contre le décret du 18 décembre 1816 qui, sous prétexte de remettre tout à sa place, bouleversait une fois de plus les monuments si péniblement sauvés, restaurés et réunis. Il n'était plus à l'Age des enthousiasmes juvéniles. Il n'affronta pas une seconde fois les baïonnettes qu'il avait jadis si courageusement bravées, et céda avant qu'on eût employé la force matérielle. Les hommes qui avaient traversé les temps affreux de la Révolution et du premier Empire n'avaient bien souvent conservé la vi^ ou leurs fonctions qu'au prix des plus grands sacrifices au nombre desquels il faut compter l'abandon de toute énergie de caractère. En revanche ils avaient puisé, dans la succession très-brusque des événements les plus bizarres, une sorte d'indifférence et de sceptique insensibilité. Lenoir était de son temps. D ne fut pas foudroyé par la mesure déplorable qui tuait', d'un trait de plume, la merveilleuse création de son intelligence. La Révolution, l'Empire, les deux Restaurations n'avaient pu triompher de son indomptable entêtement ni entamer ses convictions intimes ; mais tant de bouleversements politiques et leurs c^séquences l'avaient endurci au point que l'ordonnance de 1816 ne lui causa ni indignation ni étonnement. Acceptant la plus ridicule des compensations qui
i. Vide contra: Quérard, ia France iittéraire, tome V, p. 168| col. 2% el Mém. de la 'Société des Antiquaires de France, tome XVI, p. xxi.
2. Le récit qu'on trouve dans les Mémoires de la Société des Antiqtiairea de France, tome XVI, p. txii^ n'a rien d'exagéré. Cf. B«n de Guilbermy, Monoyraphie de Saint-Denis, p. 102 à 10 i.