LVI JOURNAL DE LENOIR
par David, et les nombreuses vertus dont il les qualifia tous, la France ne gagna guère au change. Les « viles créatures de Roland et leurs valets, » comme les appelait le rapporteur ofSciel du Comité d'instruction publique, furent, il est vrai, remplacés par des patriotes animés n de cet amour brûlant de la liberté sans lequel il est impossible de servir utilement ni les arts ni la patrie ^ » ; mais lès savants sérieux furent aussi bien exclus du Conservatoire qu'ils l'avaient été de la Commission. Wicar, l'amateur. intelligent que la politique avait momentanément affolé et qui a si bien prouvé depuis qu'il était capable de composer une collection, ne put rester plus de six moix dans cette galère. Après le 9 thermidor, a son amour de la liberté » parut sans doute trop « brûlant »^ et on se servit de quelque misérable prétexte politique pour écarter le seul érudit qui, avec David Leroy, se fût fourvoyé au milieu de cette bande de fonctionnaires.
La pauvre Commission du Muséum, transformée, à partir du 27 nivôse an II, en Conservatoire, fut continuellement dans un état flottant et mal défini. Remaniée à chaque instant, allongée, diminuée, divisée et subdivisée, elle n'aurait pu avoir aucune suite dans les idées, si ses membres avaient voulu se transmettre autre chose qu'une déplorable routine et une administrative inertie combinées avec la manie d'épuiser et la rage de détruire. Car on doit éviter de tomber dans le piège où Villot * s'est laissé prendre. En prairial an II ^, Varon, l'homme de lettres de l'endroit, présenta un compte rendu très-fardé des opérations du Conservatoire et 'une esquisse très-habile de ce que devait être le Muséfî de la République dans un nuageux et lointain avenir.
de Winkelmann^ oayra^ presque fini et dont la nation saura bien assurer la continuation, a
i , Premier rapport de Dayid^ p. 2.