INTRODUCTION. LXXIX
temeot pour l'ameublement du Palais des Consuls, charge radministration d'accorder au citoyen Le Comte, architecte, entrée dans ^es magasins pour y choisir et faire enlever des objets qui seront jugés propres et utiles pour le service du Falais. »
Le rapport qui fut fait^était sans doute favorable, et Joséphine, alléchée par le récit, voulut voir par elle-même. Dix jours après, elle arrivait au Louvre, et voici la piquante scène qui s'y passa :
f i3 ventAse aa VIII. — Le citoyea Robert prévient le Conseil que ce matin le citoyen Béoézech, conseiller d'État, l'a envoyé chercher pour l'inviter à se rendre chez M"* Bonaparte, épouse du Premier Consul, afin de prendre les dimensions d'un salon de compagnie oh elle désire qu'il soil placé, demain dans la journée, quelques tableaux, et l'a chargé de faire mettre en évidence dans une des pièces du Musée les tableaus que l'administration pourroit confier pour la décoration provisoire de ce sallon et qui ne sont point utiles au Musée, M"* Bonaparte devant aller choisir elle-même ceui qu'elle croiroit convenable d'y exposer.
« Le citoyen Robert ajoute qu'après avoir pris les dimensions des compartiments de ce sallon, 11 est revenu au Musée, et qu'accompagné du citoyen Dufourny, ils ont fait choix d'une trentaine de tableaux prisjarmi ceuï de la réserve. Ces tableaux ont été placés dans la salle d'administration et M"' Bonaparte, accompagnée du citoyen Benezech, étant venue vers une heure de l'après-midi les examiner et ne les ayant pas trouvés assez grands pour remplir les quatre compartiments principaux de son sallon et ayant laissé pressentir que quatre tableaux suf&roient, l'Administration l'a conduite dans le fond de la grande galerie pour examiner si, parmi les tableaux de l'écoled'Italie, il seroit possible d'en trouver quatre convenables.
n Après lui avoir montré plusieurs tableaux, M°" Bonaparte a désiré voir le Saint Jérôme du Gorrége et la Vierge dite à l'Écuelle, du même auteur ; après les avoir considérés, elle a demandé que ces deux tableaux soient compris dans les quatre qu'elle demande, laissant à l'administration le choix des deux autres.
LXXX JOURNAL DE LENOIR
a Le citoyen Bénézech a ensuite assuré radmïaistntioD que les tableaux ne resteroient que huit ou quinze jours dans ce salloD, et, sur la demande qui lui a été Tnite d'une autorisation du ministre pour les délivrer, il a promis qu'il alloit la demander au ministre et qu'il la feroit remettre à l'administratioQ. »
Un membre eut le courage de protester au sujet des risques que couraient des tableaux de cette valeur. Mais des protestations de ce genre ne sauraient contrarier le désir d'un chef d'État. M°" Bonaparte avait fait un choii intelligent, qui témoignait plus de son bon goût que de sa discrétion. Ette fut vraisemblablement satisfaite; car les meilleurs rapports ne cessèrent de régner entre les Tuileries et leMusée. Le 16 brumaire an JS., deux jours avant l'ouverture publique de la salle des statues antiques, le Premier Consul daigna venir au Louvre, et voulut bien accepter la proposition que lui firent les conservateurs de placer une inscription élogisuse pour lui entre la plinthe de la statue de l'Apollon et son piédestal. Le soir, tous tes membres de l'administration dînèrent au cb&teau K
Joséphine s'enhardit. Le 8 pluviôse an IX, nouvelle de-