Vojez le D* Î3 da Journal tUt, note
2. Il y a tout lieu de croire que les CoiaaiisssireadéaigBés pir U Commisnon des artt, et qui étaient tous troia mambres du Cooservatoire, ne se doDuèraot même pas la peine de se rendre à Saint-Denlg. Le choix de la cuts da Fraaciade leur niiûl ité inapiré la veille, pendant b séance de la Commiguon temporaire dont YQÏci le procèa-Terbal :
« CommUsiOTt temporaire des arts, séance da Vi fructidor an II. La Commission arrête que la cuve qui, à Franciade, aervoit de piscine ani ci-devanl Bénédictins [elj cent des moiuments de cette abbaye, dont partie a déjà ilé tranaférée au dépAt des Petita-Auguitins, seront trtuuportés dajis lea dépdta
UmtODUCTlON. CI
Et encore ne none faisons pas d'illusion; c'était .le besoin d'une vasque de-fontaine, et non sa valeur d'art, qui valut à cette sculpture cet insigne honneur. Ajoutons qu'elle avait un mérite tout particulier, celui de n'fitre pas com- . promettante au point de vue politique comme les « honteuses effigies des tyrans, n Elle n'était même pas entachée de superstition, puisque les sujets, qui la décoraient, étaient - mythologiques ou allégoriques. Voilà le secret de sa faveur, et, au fond, le motif de cette inexplicable préférence et de cet hommage exceptionnel rendu à l'art du moyen âge. A moins — ce qui serait prodigieux mais non impossible — qu'on ait tout simplement pris ce monument pour un ouvrage, antique et païen '.
nationïui que la CouunisEioD a éUblie k Paris. Ouant ',a
j1«st arrêté que DaTJd-Leroi, Dupasquier, Laonoy et l'eipert mal chargés c
«e rendre à Fraaciade pour se concerter avec l'administratioD du district ai
les moyeni à prendre pour la cooservation des olqets précieui en tout genre
qoi se trouvenl ■ ■■ .. .. ^ . . . ,,
dations de plus!
bJtité des admi
rapport
. La délibéi
LSi cette commune. Ils s'informeront des causes des dégr»' 9 dont la Burreillance est □ ' siiDiBlraleure. Lesdita commissaires prendra: r Franciade. u
des commissaires du Muséum fut immédiatemeat raUflée par ia Commisùon temporaire des arts ;
B 20 fructidor an II. — La section d'achltectura, de concert aïec les commissaires précédemment charttésde se rendre àFranciade,â'inrormeroDts'il existe lin décret ou un arrêté du Comité' de salut public qui ordonne la démolition de l'église de Franciade. Ils feront transporter au dépôt des Petits-An gust^ns les marbres des tombeaux de François l", Henri II, Louis XII, et les statues qui en lïisaienl partie, aiasi que la colonne du cardinal de Bourbon. Quant àja grande cuve en pierre, elle sera transportée dans le jardin du Muséum des arts. (Registre des délibérations de la Commission des arts, 6 septembre t79i.] La Tasque, ou lavabo, des moines de Saïnt-Ûenis fui installée dans le jardin de rinranteaTantOoréalanlV.Onlit, en effet, dans un règlement de polka du 27^1^ réal au IV : •> Le Ministre de l'Intérieur, considérant que le jardin du Muséum
est, par un ancien usage, parliculièrement fréquenté des enfiols ea bas-àge
désirant préserver à l'aïeuir les objets d'art précieui qui J sont placés ou
déposés des atleintea que la malveilla'nca ou l'inconaidération leur ont d^à
« An. II. Aucune personne ue s'asseoira sur les marbres, ne touchera aux statues non plus qu'il la cuve du milieu, etc.... d
Que le Paris d'avant la Révolution devait être beau I Sous un ciel tempéré, sur un frais horizon de verdure, h cité détachait sa fière silhouette toute hérîss,ëe de mille clochers aigus. Du haut des jardins et des villas de Monceaux, de Montmartre, de Ménilmontant et du Mont- Parnasse, on pouvaitjonir d'un délicieuï panorama, où la vieille capitale d'un grand peuple se dressait dans la majesté de son histoire et l'orgueil de ses monuments. Devant les yeux du visiteur qui pénétrait dans son enceinte, se déroulaient de pittoresques perspectives et de charmants tableaux renouvelés à chaque pas. Les places publiques étaient toutes ■ consacrées à de grands souvenirs et décorées d'admirables statues. La Révolution, qui n'aimait pas u l'orgueilleuse ardoise ' », fit aux clochers la guerre qu'on connaît, et promena, sur de nombreuses constructions parisiennes, son niveau démocratique. Quelques années lui suffirent pour débarrasser Paris de la plupart de ses monuments historiques. En trois jours^ les 11, 12, 13 août 1792, toutes les statues des places publiques furent renversées. Yeut-on connaître le sentiment d'indignation du Parisien rentrant, après la tourmente, dans le Paris révolutionnaire? Voici l'opinion d'un amateur de l'an VII :
n Vous avez exigé, mon cher ami, que, renonçant à la vie douce et paisible d'un campagnard, je me rende à Paris pour 'y voir le Salon de cette année et vous en rendre compte. Vous savez que depuis l'instant atfreux oil la France, livrée à des Vandales, vit détruire ou dégrader ses plus beaux monu-
1. u Voyez l'égalité applaudir au uauTeaa spectacle de U ferme, nuBODiB,dtaUnl un luie utile, ube beauté modeEte et veagée enfin de l'ardoiie orgaeilkuae des ehiteau. » La Commission d'i'istruction publique aux artâlet, in-fol. de 10 pages, p. 5.
INTRODDCTIQN. Clll
ments, l'Ame profoodément affligée, je courus m'enserelir daDS un désert. Arrivé à Paris, vous croirez sans peine que mon premier soin futdecourir. Je dirigeai ma course vers les | portes Saint-Denis et Saint-Martin ; je fus agréablement surpris de les retrouver intactes ; de là je m'acheminai vers la place des Victoires. La place des Victoires! Dans la métro- pôle de la République française I J'avoue, mon cher ami, que cette idée échauffant mon imagination, je montai à pas lents la rue des Fossés-Montmartre, et cela dans l'intention de réfléchir à ce que j'aurais élevé sur cette place, si j'eusse eu la souveraine puissance. J'étais jaloux' de voir en quoi mes idées se rapporteraient à celles de l'artiste chargé de transmettre à la postérité les étonnanls succès de nos armées. J'aperçus, du milieu de la rue, un obélisque en marbre, d'une assez belle ordonnance; je double aussilAt mes pas; j'approche. ' honte ! cet obélisque est de bois. Je crains de me tromper, je toumej une planche vermoulue que le vent a détachée des antres, ne me laisse plus de doute. vainqueurs de Fleurus, de Jemmapes, d'Arcole, de Lodi et des Pyramides, est-ce ainsi que l'on consacre vos victoires I Une décoration d'opéra a remplacé ce superbe groupe de bronze qui ofirait aux regards étonnés, un roi, un despote. Et laRépublique française, la grande Nation, substitue des madriers au bronze I Superbes insulaires, orgueilleux Anglais, combien je me réjouis que vous ne puissiez venir contempler notre mesquinerie et vous applaudir de nous avoir réduits à cet état d'avilissement !
(I Profondément affligé de ce spectacle, je pousse un soupir douloureux et tourne mes pas vers ma demeure, regrettant déjà d'avoir cédé aux sollicitations de l'amitié. Tout à coup je me rappelle avoir lu dans les journaux une invitation du ministre de l'Intérieur, adressée à tous les artistes, pour les engager à proposer un plan d'édifice à élever sur la place de la Révolution. Puisqu'il s'agit de décorer cette place, pensaije, sans doute qu'elle a déjà un monument digne d'elle. Allons admirer. Arrivé, j'ouvre de grands yeux et n'aperçois que décombres : une balustrade en ruines ; un piédestal brisé sur lequel est assise une femme dont les formes dures et colossales sont en tout hideuses et repoussantes. Représentez-vous, moucher ami, mastupéfàctionàceténormemorceaudepl&tre tombant par lambeaux. La* bouche béante, l'cDilfixe, je doute
CIT JOURNAL DE LENOIR
8L jfl veille et crois qn'nn rave pénible me toannente ; j'étais Traimeot médvsé. Un citoyen, frappé sans doute de mon étonnement, s'arrôte,' me considère et m'adresse la parole : • Citoyen, vous paraissez surpris? — Non, citoyen, je suis indigné. — Et de quoi donc? — Citoyen, je suis ami des arts, très-jaloux du nom français; je n'ai point tu Paris depuis la HévolutioD. Je viens de la place des Victoires nationales; vous me voyez ici. C'est, je crois, vous en dire assez. — Bon, je conçois maintenant votre étonnement ; vous vous attendiez à voir dignement remplacés les chefs-d'œuvre, que la magnificence royale avait élevés sur toutes les places de cette capitale, par d'autres que le génie répablicaîo aurait enfantés et que la grande Nation aurait adoptés pour transmettre à la postérité sa puissance et les principaux événements de son étonnanle révolution. — Sans doute, et j'étais autorisé à avoir cette opinion, car on m'a assuré qu'il avait été fait un fonds de 100,000 francs à l'ancien ministre de l'Intérieur pour être employé en encouragement à donner aux Arts. — Cela est vrai; mais comme le ministre était poète, il a donné la préférence aux favoris des muses, et len disciples du Poussin, de Lebrun et de Puget ont été négligés, etc. '.
Au mois d'août 1792, on était parvenu h arracher h la populace quelques fragments des belles statues de bronze qui décoraient les places publiques de Paris. Ces débris des plus illustres monuments de la capitale et des ouvrages des premiers artistes de notre pays furent emmagasinés dans le dépdt du Roule et conservés par égard pour leur valeur métallique. Cependant tes commissaires aux accaparements ne leur avaient pas définitivement pardonné, et, au mois d'octobre 1794 , ils réclamèrent pour la fabrication des canons ce qui restait des effigies royales. La protection de la Commission temporaire des arts s'étendait alors sur elles et son consentement était nécessaire pour leur destruction. Il s'agissait de sauver de la fonte ou de livrer aux arsenaux :