INTRODUCTION. CXXXIX
On appliqua môme aux territoires conquis les ordres de destruction qui couvraient la France de ruines. Un discret dô la Convention nationale du 5 avril 1793, l'an II de la République française, ordonna de convertir en monnaie l'ai-geaterie provenant du pays de Jjiége et de la Belgique ' . La Coste et Braudot, représentants du peuple pcès les armées du Rhin et delà Moselle, écrivent de Strasbourg, en date du 14 nivôse an U : «Nous sommes entrés à Spire.... Les saints, ]es calices, les ciboiies et toute l'argenterie des églises sont. transportés àla Monnoie ^ »
La Convention qui, d'abord par complicité, puis par im- . puissance, laissait disparaître ou exporter sou^ ses yeux tant d'œQvres d'art de premier ordre, avait envoyé à la suite de ses armées victorieuses des commissaires chargés d'extraire des territoires annexés & la République les objets dignes de son musée. Ces braves gens faisaient leur métier en conscience. La Belgique envahie fournissait sou contingent. « L'école flamande Se levait en masse, » comme on disait alors, et accourait .à Paris. Quoiqu'il fût suspect de très-mauvais goût, on ne refusa pas à Rubens l'huspltalité du Louvre. Mais si le Conservatoire, revenu à ce moment à des sentiments plus intelligents, acceptait, avec des tableaux qu'il ji 'osait pas discuter, quelques pièces de sculpture moderne, il tenait encore à faire acte d'autorité et de discernement, à ne pas s'encombrer, « à vuider ses magasins, » Aussi, le jour où il se débarrassa des bas-reliefs expédiés par Sergent, il profita de l'occasion pour évacuer " sur le dépôt de Nesie, oil la vente était permanente, deux groupes
t. ■ La CoQTGiitian nalioDale, sur lu proposition d'un membre, décrète que rargenUrie et le numéraire proienanl du pays de Liège et de la Belgique, qui ■e IrouTeDl en dépOt k Lille ou dans d'autres places froulières, y seront da suite couTertis en monnoie et mis à k diEposiUon du pajeur général de l'année du Nord, etc. a