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Voir dom Bouillart, Histob-e de Saint-Germain des Prés

2. On lit dans le Musée des Monumens français, t. II, p. 24 : « Dans les fouilles que nous fîmes dans ce temple (Saint-Germaiu-des-Prés) par ordre du

blement par son style, par ses ornements et sa sculpture à l'époque mérovingienne. Un chapiteau presque identique, trouvé à Nantes dans les déblais, lors des travaux entrepris pour l'allongement de la cathédrale, et regardé comme

Chapiteau de marbre de la basilique clirétienne de Nantes. Sixième siècle

D'après une estampe du Catalogue de M. Parenteau.

(Musée archéologique de Nantes.)

provenant d'une basilique chrétienne , a été publié par M. de Caumont*.

Document unique sur une époque de l'art qui nous échappe presque complètement dans ses manifestations

gouvernement, nous trouvâmes un chapiteau de marbre que nous considérons comme le débris de ceux qui coiffoient les colonnes de l'ancienne église dont parle dom Bouillart. »

1. Bulletin monumental, t. XXIF, p. 483 et 48i. Ce chapiteau de marbre, comme celui de Paris, est décoré de feuilles d'acanthe et d'une croix. Voici ce que dit ]& Bulletin : «M. Nau a trouvé dans les déblais, qui ont été exécutés pour l'allongement de la cathédrale de Nantes, un fragment de chapiteau corinthien en marbre blanc, d'un style plus pur que les précédents et qui, selon toute apparence, est un de ceux qui décoraient la première basilique chrétienne élevée à Nantes. Ce chapiteau, d'un volume considérable, devait appartenir à une colonne d'un grand diamètre, et l'on peut avec ce fragment se faire une idée de ce qu'était la première basilique de Nantes. » Nous avons parié de ce chapiteau dans le paragraphe précédent.

nationales, le chapiteau de Saint-Germain des Prés est destiné à devenir, comme l'os antédiluvien de Cuvier dans le domaine de la paléontologie, le point de départ de reconstitutions archéologiques. Les architectes nous sauront gré de ne pas le mépriser et de l'avoir conservé en nature à leurs études. La salle chrétienne du Louvre, qui ne fait que de naître, mais qui est déjà si bien disposée, assurera à notre monument un asile définitif et les honneurs auxquels il a droit.

D'autres fragments^d'architecture sculptée, provenant de Saint-Denis, de l'abbaye de Sainte-Geneviève et d'autres églises de Paris, attendaient encore dans la poussière le retour du goût public et le regard d'amis compatissants. Nous citerons : deux fûts de colonnes disposées en spirales datant du douzième siècle. Ces colonnettes sont en pierre et proviennent de l'église de Saint- Denis. Elles ont appartenu à quelque portail roman, comme la cathédrale de Chartres nous en montre un si beau spécimen. Lenoir avait classé aux Petits-Augustins deux monuments semblables sous le numéro S23 et les a fait graver dans le tome II du Musée des Mo7iumens fran-

Cûlonnette du portail

de Saint-Denis.

Douzième siècle.

Fragment original.

(Musée du Louvre.)

çais, 2" édition, pi. LXl;

Deux animaux chimériques venant de l'abbaye de Sainte- Geneviève décrits dans la Statistique monumentale de Paris (abbaye de Sainte-Geneviève, pi. XIII), et que nous

avons fait reproduire ici d'après la gravure donnée par iM. Albert Lenoir; Des fragments de corniches et de tailloirs de chapiteaux

^rr^j;

Chimère provenant de l'abbaye Sainte-Geneviève. Douzième siècle. ( Musée du Louvre. )

venant de la même abbaye, cités et gravés dans la Stalistique monumentale de Paris (Atlas, tome 1*'' et pi. XI de Sainte- Geneviève). Nous faisons figurer ici d'après les

Chimère provenant de l'abbaye Sainte-Geneviève Douzième siècle. ( Musée du Louvre. )

estampes publiées par M. Lenoir un de ses tailloirs de chapiteaux; qui datent du douzième siècle; les autres sont décorés de nœuds, d'entrelacs et de rinceaux élégants de feuilles et de fruits:

Un fragment de corniche sur lequel est sculpté un crapaud monstrueux; douzième siècle;

. Un morceau d^une frise en pierre, dont la décoration consiste en un demi-cercle surmonté de langues de feu ou d'un ornement pyriforme au milieu duquel est placée une tête ou mascaron grotesque; deux rinceaux sortent de la bouche du mascaron;

Tailloir de chapiteau de Tabbaye Sainte-Geneviève. ■ ( Musée du Louvre. )

Quelques chapiteaux intéressants des treizième, quatorzième et quinzième siècles ;

Des chapiteaux en marbre et des colonnes provenant du château de Gaillon (commencement du seizième siècle), etc., etc.

Nous insisterons principalement sur un grand chapiteau en pierre du douzième siècle, décoré de deux oiseaux et de deux griffons. Ce monument, d'un style roman bien accusé, appartient à l'histoire de l'art par la notoriété qu'il a reçue en passant par le Musée des Petis-Augustins. S'il n'a pas figuré au catalogue de Lenoir, il a été du moins gravé, page 38, dans les Vues pittoresques et perspectives des salles du Musée des Monumens français, par Reville et Lavallée, Paris, 1816, in-folio. Il résume, dans un excellent exemple, la décoration empruntée aux bestiaires de l'époque et prodiguée sur tant de chapiteaux romans. D'après le baron

de Guilherray, ce chapiteau proviendrait de Saintes*. Il faut le confronter avec un chapiteau moulé pour le

Chapiteau de pierre (douzième siècle),

provenant du Musée des Monuments français.

( Musée du Louvre. )

ïrocadéro, et exposé dans l'escalier du musée de sculpture comparée.

Nous appellerons encore l'attention sur un chapiteau du plus pur et du plus délicieux goût de la Renaissance fran-

1. M. de Guilhermy, dans la Monographie de Saint-Denis, p. 208, s'est exprimé ainsi en parlant de deux chapiteaux de la basilique : « L'un (c'est celui qui nous occupe), exécuté en pierre et provenant d'une ét,'Iise de Saintes, représente des griffons quadrupèdes et des oiseaux qui cherchent à s'entredévorer; des cordons nattés et entrelacés couvrent le tailloir (ils sont aujourd'hui perdus, mais je crois que M. Debret avait mis sur ce chapiteau un tailloir emprunté aux débris de Sainte-Geneviève), Cette sculpture du douzième siècle a été donnée en 1817 à la basilique de Saint-Denis, par M. Jacquemard, antiquaire. » M. de Guilhermy, qui n'avait pas remarqué la gravure de notre chapiteau sur la planche des Vues pittoresques, etc., a dû rajeunir au moins d'une année le don fait par M. Jacquemard.

çaise. Malgré ses mutilations, c'est un des types les plus charmants à proposer à l'étude. Ce monument, oublié de nos jours, était estimé autrefois et compris même au dixhuitième siècle. Il servait de bénitier, croyons-nous et

Bénitier provenant de Saint- Victor.

( Musée du Louvre. )

sous réserve de vérification, dans l'église de l'abbaye Saint- Victor. Aux mauvaises heures du vandalisme, Lenoir l'avait arraché, avec la cuve baptismale de la même abbaye, à une destruction déjà commencée et dont il porte les marques. C'était le 23 pluviôse an IIÎ. Lenoir nous a raconté l'affaire dans son Journal^. La cuve baptismale de Saint-Victor n'a jamais quitté la place oii Lenoir l'avait mise dans son musée,

1. Alexandre Leyvnr, son Journal et le Musée des Monuments français, t. I", p. 78, no 532.

au-dessus de la porte de la façade de Gaillon. Elle est restée à l'École des Beaux-Arts et, toute rongée et détériorée qu'elle soit par une meurtrière exposition au dehors, elle doit à cette circonstance d'être encore aperçue du public ^ Que serait-il advenu du bénitier, s'il n'avait été reconnu et recueilli une seconde fois ? L'oubli et le dédain peuvent devenir quelquefois aussi funestes que le marteau. Lenoir, après avoir parlé du château de Gaillon, s'exprimait ainsi dans son Musée des Monumens français^ tome IV, page 61 : « L'abbaye Sainl-Victor, avant sa destruction, renfermoit un autel du même teras, dont les ornemens et les arabesques étoient de la première beauté, parfaitement conservés ainsi que les dorures et les couleurs dont on l'avoit rehaussé suivant l'usage. Ce beau monument, modèle parfait de l'architecture du quinzième siècle, que j'espérois réunir dans ce musée avec ceux qui y sont déjà, a été brise entièrement pour faire du moellon. »

Nous signalerons enfin une main tenant une épée couronnée ^ bas-relief de marbre blanc plaqué sur marbre rouge (hauteur 1"',12, largeur O'^.SS). Cette pièce provient de la décoration de la chapelle de Montmorency, aux Célestins de Paris. C'est le « dextrochère mouvant des nuages» qui porte l'épée du connétable. Quelques objets semblables existaient déjà dans le Musée du Louvre ou sont encore restés à Saint-Denis. Il y en avait un très grand nombre autour du monument qui renfermait le cœur du connétable Anne. Ces sculptures décoratives furent apportées en 1791 et 1792 au Musée des Monuments français {Journal de Lenoir^ n"' 8 et 97 ). Pour reconnaître quelle était la dispo-

1. Voyez Alexandre Lenoir, son Journni et le Musée des Monuments français, t. Il, p. 47 et 49.

sition de la chapelle des Montmorency, il faut consulter Millin, Antiquités nationales^ tome I*"", n° 3, pi. XIV, p. 71 ; le Musée des Monumens français^ tome IV, p. 94 et suiv., et surtout le volume de Gaignières, Églises diverses de Paris, au Cabinet des Estampes (Pe. H réserve). Les

Fragment de la décoration du tombeau de Philippe Desportes. (Musée du Louvre. )

gantelets d'Anne de Montmorency et son casque sont restés, si je ne me trompe, à l'École des Beaux-Arts et n'ont pas accompagné au Louvre la colonne du connétable. De pareilles répartitions de monuments morcelés entre deux établissements publics, comme le Louvre et l'École des Beaux-Arts en présentent tant d'exemples, se comprenaient à une époque oti il était permis d'ignorer la provenance individuelle d'innombrables débris partout dispersés.

Mais, aujourd'hui, à mesure que la lumière se fait, je crois que maintenir ces divisions, ce serait s'associer à l'acte de vandalisme qui les a opérées. L'inattention des générations précédentes, qui consacra ces barbares fractionnements,

Tombeau de Philippe Desportes à l'abbaye de Bon-Port. Fac-similé d'une planche de Millin.

était excusable dans une certaine mesure, puisqu'elle était involontaire. Aujourd'hui, notre indifférence serait de la complicité.

Tous les fragments d'architecture recueillis à Saint- Denis viendront grossir utilement au Louvre le lot d'objets similaires que le Musée national avait obtenu lors de la première répartition des monuments du dépôt des Petits-

Augustins. Ce premier apport avait été très considérable, quoiqu'il n'ait pas été sufûsamraent apprécié. Nous rappellerons que le Louvre possédait déjà de nombreux fragments de la décoration architectonique de Gaillon, une des

Pied de l'autel de la chapelle d'Anet.

(Musée du Louvre.)

deux fontaines du même château, de nombreux pilastres de même provenance {Musée des Monumens français^ tome II, 2" édition, p. 140, pi. LXXVIII, etc.), les têtes de lion de la salle actuellement désignée sous le nom de Houdon, le magnifique encadrement du saint Georges de Michel Colombe fixé provisoirement dans la même sr.lle, trois panneaux de la chapelle de Commynes, dont le reste se détruit à l'Ecole des Beaux- Arts {Musée des Monumens français, tome II, 1" édition, p. 136, et 2* édition, p. 157, 160, 175, et tome VIII, p. 26), la cheminée du château de

Villeroy, achetée par Lenoir à M. Boigre ( n° S51 bis du Catalogue du Musée des Moïiumens fra7içais)\ les doubles <î) du tombeau de Philippe Desportes à l'abbaye de Bon- Port (Millin, Antiquités nationales, tome IV, n° XL, pi. 1, p. 5 ; — N" 546 du Catalogue de Lenoii et Musée des Monuments français, t. IV, p. 173); enfin, les pieds ou supports de l'autel de la chapelle d'Anet exposés sans indication de provenance dans la salle de Jean Goujon, mais signalés dans V Histoire du château d'Anet, par Désiré Roussel, recueillis par Lenoir et ensuite par le Louvre. On lit dans un état des objets d'art provenant de l'ancien Musée des Monuments français et demandés par M. le Directeur des musées royaux le 9 novembre 1821. « Deux piédestaux semblables. PiS sont en pierre de liais et proviennent des démolitions du château d'Anet; sans destination, n

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