MONUMENTS DES DOUZIÈME ET TREIZIÈME SIÈCLES
J'ai traité précédemment des fragments d'architecture sculptée recueillis à Saint-Denis. La série des sculptures proprement dites débute chronologiquement par quelques têtes d'hommes coiffées d'un diadème, la barbe et les cheveux longs, les yeux à fleur de tête. Ce sont là des fragments de figures de pierre appartenant à l'école romane des onzième et douzième siècles. Puis, nous rencontrons cinq petites têtes de rois, le front ceint de la couronne, taillées dans la pierre et mesurant de 19 à 21 centimètres de haut. Spécimens de l'art de la fin du douzième siècle ou, tout au plus, des premières années du treizième, ces sculptures ne manquent pas d'intérêt ni même de charme, et leur provenance originelle, que je suis parvenu à déterminer, montre la valeur de notre gratuite acquisition. Ces têtes
proviennent, en effet, de statues représentant les vieillards de l'Apocalypse qui étaient sculptées à Saint-Denis comme au portail de la cathédrale de Chartres. Elles entrèrent au musée des Petiis-Augustins en vertu d'une décision du
Fragment d'une figure provenant des chantiers de Saint-Denis.
Onzième ou douzième siècle.
(Musée du Louvre.)
ministre Quinette *. Lenoir en a parlé dans le Musée des Monumens français quand il a dit : « Suger, qui a fait construire cette partie de l'église de Saint-Denis, avoit fait représenter dans l'archivolte du portail trente-deux rois
1. Note des objets qui restent à recueillir dans la ci-devant abbaye de Saint-Denis, d'après l'autoi'isation du ministre de l'intérieur... 3° Dans l'église, vingt-quatre têtes environ, débris de monumens du moyen âge, provenant de la démolition du portail », etc.