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dont je n'ai pu retrouver parmi les démolitions que quelques têtes, n Apportées d'abord à PariSp nos têtes furent
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Tête de l'un des vieillards de l'Apocalypse, venant de Saint-Denis. (Musée du Louvre.)
ensuite renvoyées à Saint-Denis, en 1816 \ M. de Guilhermy, qui ne paraît pas avoir connu les pièces originales, s'est occupé dans les Annales archéologiques^ àe la res-
1. Voyez l'État des objets transportés à Saint-Denis {Musée des Monumens français, t. VIII, p. 178, et Alexandre Lenoir, son Journal, etc., t. I«=', p. 186, n" 525.
2. T. I<='', p. 204. M. de Guilhermy s'est exprimé ainsi sur ces monuments : « Les révolutionnaires avaient décapité tous les personnages des tympans et des voussures, etc.. Les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, rangés aux cordons des voussures, devaient, suivant le texte, avoir la couronne en tête; le sculpteur, qui les a pris sans doute pour des musiciens de bas étage, les a coiffés de bonnets et de calottes d'une extrême vulgarité. Montfaucon, qui n'était pas fort on archéologie nationale, avait pris ces bonnets juifs pour des couronnes royales; c'en fut assez aux yeux du restaurateur moderne pour en affubler les personnages royaux de l'Apocalypse. »
tauration des vieillards de l'Apocalyse sur les tympans et les voussures du portail de Saint-Denis.
Tête de l'un des vieillards de l'Apocalypse, venant de Saint-Denis. (Musée du Louvre.)
Voici un évêque debout. Cette statue, malgré l'absence de la tête et des deux mains, est digne d'un souvenir. Elle est en pierre et mesure 2", 35 de hauteur. Le numéro 620 du Journal de Lenoir, à la date du 14 brumaire an IV, parle sans doute de cette pièce, sans qu'on puisse cependant rien affirmer. En 1848, elle était déposée dans la chapelle Saint-Jean, la dernière du chevet, à l'intérieur. Avant la Révolution, elle surmontait peut-être le pignon occidental de la nef. Quand je l'ai aperçue pour la pre-
mière fois, elle était placée près de la niche du chien qui, la nuit, garde le chantier de l'église. L'exagération de la
Figure d'évôque, probablement de saint Denis,
provenant du pignon occidental de la basilique. Treizième siècle.
(Musée du Louvre.)
longueur de cette figure se trouve justifiée par les exigences de la perspective. Placée très haut, elle était vue d'en bas en raccourci.
Arrêtons-nous devant un mascaron de pierre, tête grotesque aux longs cheveux, mesurant, en hauteur, 0™,20. Cette sculpture d'une admirable souplesse montre ce dont
Mascaron en pierre du treiziÈme siècle. (Musée du Louvre.)
étaient capables les imagiers du treizième siècle. Elle représente tout un côté encore mal compris de leur talent. Une terre cuite du dix-huitième siècle ne serait ni plus fantaisiste ni plus libre d'exécution. C'est un portraitcharge comme les artistes de la preriiière époque gothique se complaisaient à en sculpter sur les corbeaux, les corniches
et quelquefois les gargouilles des cathédrales. De nombreux monuments similaires datant des douzième et treizième siècles pourraient être rapprochés de ce spécimen. L'église de Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, entre cent autres édifices, possède de très nombreux corbeaux sculptés qui ont été moulés pour leur beauté. Je ne connais rien dans ce genre de plus puissant, de plus sincère, de plus naïf et de plus large que le mascaron recueilli à Saint-Denis en septembre 1881. Lui aussi est digne du moulage. Puisque l'occasion s'en présente, je ferai observer qu'on n'a peut-être pas assez remarqué jusqu'ici certaines sculptures du moyen âge appliquées à des membres d'architectures et qui produisent la plus admirable des décorations sans cesser d'appartenir à l'art le plus élevé et le plus raffiné. Dans cette classe de chefs-d'œuvre, nous indiquerons une clef de voûte venant de Saint-Bénigne de Dijon, conservée au musée de cette ville ; plusieurs têtes humaines placées au milieu de feuillages, dans les voussures de l'archivolte du portail de la Couture, au Mans ; une autre série de têtes, fixées au-dessus des chapiteaux du triforium, dans l'église de Semur-en-Auxois, etc., etc. : le tout du treizième siècle.
Quelques monuments analogues accompagnent ce curieux mascaron. Je signalerai d'abord une tête d'animal chimérique, moitié humaine et moitié canine, sculptée en pierre au treizième siècle, et j'insisterai sur un dernier mascaron auquel on a fait injustement une renommée historique. C'est une tête d'homme. Les cheveux longs et bouclés aux extrémités sont cachés par une coiffe coupée selon la mode du treizième siècle. Cette tête est encore un portrait-charge ainsi que le démontrent l'absence de toute régularité dans les traits, les yeux complètement
dissemblables, et d'autres défauts iudividuels, volontairement reproduits d'après nature. Œuvre caractérisée de la statuaire courante du treizième siècle, elle a été débarrassée
Mascaron grotesque du treizième siècle, regardé par Lenoir comme un portrait de Suger. (Musée du Louvre.)
de l'épaisse couche de couleur à l'huile qui la défigurait. Elle a 23 centimètres de haut et est en pierre.
Lenoir, après avoir recueilli cette sculpture à Saint- DeniS; s'était amusé à la faire passer pour un portrait de Suger et l'avait reproduite par la gravure ; c'était son numéro 520. « Le médaillon, » dit Lenoir, « dont on voit la gravure (pi. 43) au-dessus des tombeaux d'Adam et de
Pierre d'Auteuil est tout ce qui nous reste des monumens qui furent érigés à la mémoire de ce grand ministre. Cette tête, que j'ai sauvée de la dévastation, forraoit la clef d'une des voûtes de la partie de l'abbaye de Saint-Denis qu'il avoit fait construire, et ce portrait est d'autant plus précieux qu'il a été exécuté par des sculpteurs contemporains de Suger^ » Lenoir eut même l'aplomb, un jour que le premier Consul était venu visiter le dépôt, de chercher à attendrir Bonaparte sur le minisire de Louis VII, en lui montrant notre mascaron. Quelque temps après, dans un mémoire adressé au chef du Pouvoir exécutif, Lenoir évoquait ce souvenir et lui disait : « Après avoir jeté des fleurs sur les cendres d'Héloïse, vous avez dirigé vos pas dans le treizième siècle. Là un sentiment naturel a fixé votre attention sur le buste du ministre Suger. » L'Empire succéda au Consulat et la Restauration à l'Empire sans qu'aucune atteinte fût portée au culte historique dont ce monument était l'objet. Il fut transporté avec égards à Saint-Uenis, vers 1817, lors de la suppression du Musée des Petits-x^ugustins et installé dans la basilique restaurée. M. de Guilhermy réclama avec énergie dans les Annales archéologiques contre cette surprise de la créduhté publique : a On a aussi imaginé », dit-il, « de fabriquer un Suger au moyen d'un mascaron de pure fantaisie, extrait d'une clef de voûie de l'ancien cloître, face bouffie et triviale, enluminée récemment d'un rouge d'ivrogne. Soyez donc un des plus grands hommes de France pour qu'il soit permis de venir vous caricaturer ainsi jusque dans le sanctuaire que vous avez édifié de vos mains et gloriûé de votre génie! » Celte élo-
1. Cette alléijatioii de Lenoir est absolument erronée. La tête, gravée sur la planche 43 du Musce des Monumeris français, date incontestablement du treizième siècle, et non du douzième; de plus, comme elle est sculptée en ronde bosse et non pas en bas-relief, il paraît difficile qu'elle ait pu décorer une clef de voûte. Nous pensons donc qu'il ne faut pas prendre cette affirmation au pied de la lettre.
quente protestation n'a pas suffi, et le même érudit dut revenir à la charge, en 1848, dans la Monographie de Saint-Denis. « Vous pourriez croire », dit-il encore, « que l'imagier qui tailla cette sculpture, au treizième siècle, voulut faire la caricature de quelque moine peu tempérant. La face a été enluminée à nouveau d'une manière triviale; les cheveux dorés sont, en partie, couverts d'une espèce de serre-tête attaché sous le menton qui achève de rendre le
personnage complètement grotesque C'est une honte
qu'on ait pu travestir à ce point le grand abbé Suger, l'une des plus vénérables et des plus nobles figures de notre histoire. »
Voici encore trois têtes qui méritent un regard. Elles proviennent d'un grand cul-de-lampe ou du tailloir d'un chapiteau sculpté en pierre, au treizième siècle, ou tout au plus au commencement du quatorzième. Ce fragment d^architecture était destiné à supporter quelque construction posée en encorbellement. C'est de la belle et bonne sculpture française de la grande époque gothique, car je ne crois pas que les savants copistes qui ont rempli les magasins et l'église de Saint-Denis de leurs étonnants pastiches aient pu, malgré leur habileté, atteindre un semblable résultat.
Passerai-je indifférent près de cet Enfer ^ fragment d'une sculpture en pierre représentant le Jugement dernier : largeur 1",18; hauteur 0"\83? Il n'est guère de cathédrale du treizième siècle qui n'ait possédé le même sujet sculpté au-dessus d'une de ses portes. Ce Jugement dernier^ qui a été horriblement mutilé, provient vraisemblablement de la
partie méridionale de l'église abbatiale de Saint-Denis ' ; il présente encore quelques traces des beautés de son exécution, qui était fort remarquable. On aperçoit en
Cul-de-lampe provenant des chantiers de Saint-Denis. Treizième siècle. ( Musée du Louvre. )
quelques endroits des restes de la peinture qui le recouvrait.
Citons encore un Christ apparaissant à la Madeleine, fragment d'un groupe de pierre représentant la scène du Nolime tangere. Le Christ, aujourd'hui tout seul, est debout, drapé, le flanc droit découvert. Il mesure 2", 22. Cette figure était autrefois placée dans une niche et faisait pendant à une Madeleine agenouillée, disposée dans une niche voisine. Les deux sculptures étaient fixées sur le
1. Voyez VioUet-le-Duc, Dictionnaire raisonné iV architecture, t. VII, p. 427.
mur extérieur des chapelles de l'église de Saint-Denis ^ Elles furent transportées à l'intérieur et placées pendant quelque temps dans la première chapelle du nord de la
Le Christ apparaissant à la Madeleine.
Pin du treizième ou commencement du quatorzième siècle.
( Musée du Louvre. )
nef^. M. de Guilhermy attribuait notre Christ à une « époque déjà un peu avancée du quatorzième siècle ». Je crois, au contraire, que cette noble sculpture se rattache