‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 116 sur 124 · Essais historiques, 1755,1. Il, p · texte numérisé non relu

Essais historiques, 1755,1. Il, p

absent lui-mênoe de notre apport de Saint-Denis. Le petit roi sans tête, représenté debout, vêtu du manteau royal fleurdelisé et fourré d'hermine, est bien de son style. Il est en marbre et mesure 50 centimètres de haut. Il a fait partie du Musée des Monuments français, de 1806 à 181 6, sous le numéro 158. Lenoir, qui l'avait acheté au marbrier Balleux, en avait intelligemment deviné l'auteur quand il l'a décrit ainsi : Petite statue en albâtre représentant Louis XI, attribuée à Germain Pilon.

Elles sont bien dans la manière de Pilon les trois pièces que voici : Saint Jean prêchant dans le désert ( bas-relief de pierre, 0™,73, largeur 0"',65 ), Jésus et la Samaritaine (bas-relief, mêmes matière et dimension), une cariatide drapée (haut-relief, hauteur 0™,80). Ce sont des fragments de la chaire du couvent des Grands-Augustins. On sait par Millin * ce qu'était cette chaire. Adossée contre un pilier, elle était formée de trois panneaux de pierre tenus par six montants en forme de cariatides. Nous possédons non seulement une description détaillée de ce beau monument, mais, ce qui vaut mieux encore, une reproduction graphique. Il était attribué, par tradition, à Germain Pilon ^ sous l'ancien régime, et la vue de l'œuvre ne peut que confirmer cette opinion, à savoir qu'il a été exécuté d'après une esquisse du maître. L'exécution directe de la sculpture pourrait lui être discutée à cause de l'absence de variété dans la composition de deux des bas-reliefs, ainsi qu'on peut le constater à l'aide des deux gravures ci-jointes.

1. Antiquités nationales, Grands-Augustins, t. III, n» XXV, pi. II, p. 10.

2. On lit dans Piganiol, Description de Paris, édit. de 1765, t. VII, p. 124 : « La chaire du prédicateur est un excellent morceau de sculpture de Germain Pilon, qui la fit en 1588. On y voit de très beaux bas-reliefs... Mais en 1684 on s'avisa mal à propos de les faire dorer; on s'aperçut alors que la dorure en avoit gâté entièrement les beautés. »

La Révolution fît passer cette sculpture au Musée des Petits- Augustins. Lenoir la reçut complète aux premières heures du bouleversement*. Intacte encore en l'an IV,

La chaire des Grands-Augustins , telle qu'elle était avant la Révolution. (Fac-similé d'une planche de Millin. )

elle occupait le numéro 294 du catalogue du Musée des Monuments français. Lenoir utilisa diversement les détails de cette œuvre d'art, après les avoir isolés les uns des autres. A l'aide du bas-relief de Saint Jean prêchant à la foule et des cariatides, il forma un piédestal pour la

1. Alexandre Lenoir, son Journal,e\.c.,t. I", p. 2, n" 19. C'est par erreur que Lenoir a dit dans la Notice succincte de 1793, u» 21, que ces bas-reliefs étaient en plâtre.

Statue de David, de Francheville^ Les deux autres basreliefs, Saint Paul 'prêchant et la Samaritaine^ furent employés au tombeau de Villers de l'Isle-Adara ^. Au moment de la suppression des Petits-Augustins, le Saint Paul vint au Louvre. Il ne fut pas compris, gn 1824, au nombre des quatre-vingt-quatorze monuments , catalogués par Clarac, qui formèrent la galerie d'AngouIême ; mais il fut exposé, lors du remaniement des salles de la Renaissance, par Léon de Laborde, et il a été décrit par M. Barbet de Jouy sous le numéro 123 de la Description des Sculptures du moyen âge et de la Renaissance. Les deux autres basreliefs de la chaire, c'est-à-dire Saint Jean et la Samaritaincy furent, après 1816, portés à Saint-Denis. Le baron de Guilhermy a constaté qu'en 1848 la Prédication de samt Jean dans le désert était déposée dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, au chevet de l'église ^.

Le même auteur ne dit rien de la Samaritaine qui, déjà, était peut-être égarée et qui a tant souffert d'avoir été longtemps méconnue. Une des six cariatides cataloguées dès 1793 par Lenoir, sous le numéro 39 de la Notice succincte^ accompagna, on ne sait pourquoi, les deux bas-reliefs à Saint-Denis. C'est celle qui est mentionnée ci-dessus. Elle était enfoncée dans le sol de l'un des magasins de Saint- Denis et avait échappé à l'attention, parce que, après avoir été retournée la face contre terre, elle servait de support à des madriers. Les cinq autres cariatides restèrent à l'Ecole des Beaux-Arts après 1816. Quatre d'entre elles, aperçues subrepticement par Léon de Laborde, furent réclamées par

1. Onlitdans les Catalogues de Lenoir : «N"121... Statue en marbre blanc, représentant David vainqueur de Goliath, par Francheville. Tout le piédestal de cette statue est nouveau, il a été fait avec les marbres du musée. Le basrelief qui en fait le milieu vient des Grands-Augustins. » Le piédestal du David est gravé dans \q Musée des Monumens français, t. IV, p. 154.

2. N° 447 des Catalogues de Lenoir. Ces deux bas-reliefs sont gravés dans la planche 101 du Musée des Monumens français, p. 50.

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