Tome II, p
figure de fnsrbre par Broche le Jeune , provenant du tombeau érigé au marquis (l(i Terrai) dans l'église des Théatins. (Musée du Louvre. )
marbre blanc, représentant une ferame éplorée, à genoux et appuyée sur une urne cinéraire, sculptée par Broche. Au-dessus du bas-relief est le portrait de ce savant, représenté en médaillon ', appendu à une pyramide qui sert de fond à Tensemble du mausolée; on lit cette inscription : A?nicus amico. n
Dans le dernier des différents états par lesquels passa cette sculpture, au Musée des Monuments français, elle avait été taillée sur les côtés et réduite en largeur; cette réduction est encore apparente. L'écusson de du Terrail ne s'y voyait plus ainsi que l'urne en bronze qui surmontait la pyramide. Le cippe, oiî se lisaient les mots : Lugete, pauperes, avait été rogné et ne dépassait pas la base dimmuée.
Quand arrivèrent la suppression du Musée des Petits- Augustins et la dislocation des monuments restaurés ou composés par Lenoir, la pleureuse de marbre fut attribuée à Saint-Thomas d'Aquin par le projet de répartition imprimé dans le tome VIII du Musée des Monumens français. On y lit, p. 183 : « A Saiut-Thomas-d'Aquin... un petit mausolée en marbre, sculpté par Broche; il étoit aux Théatins. » Mais le marbre ne fut jamais transféré dans l'ancienne égHse du noviciat des Jacobins de la rue du Bac. Abandonné depuis 1816 dans les bâtiments ou les cours de l'Ecole des Beaux-Arts, ce monument a subi, tant dans les magasins de cette école que dans ceux du Musée du Louvre et de Versailles, de nouvelles modifications. Il s'est
1. Voici ce que Lenoir disait de ce médaillon, dans l'inventaire de la collection des Petits-Augustins qu'il remit en 1816 à M de Vaublanc : « N» 345. — Des Cordeliers. — Médaillon en plomb de Lebatteux, homme de lettres. Ce médaillon étoit accompagné d'une inscription qui a été détruite. (En note). « Tout le monument de Le Batteux a été détruit excepté le petit médaillon qui est fort peu de chose. Je crois qu'au lieu de couvent des Cordeliers il faut lire Saint- André-des- Arcs. » Cette réflexion de Lenoir est parfaitement juste : voyez eu effet le numéro 192 de son Journal, p. 2G de notre tome premier.
encore amoindri. J'ignore ce qu'est devenu le médaillon, en plomb, de Lebatteux. La pyramide a aussi disparu. Mais on retrouve encore aujourd'hui, derrière la figure, des traces de son existence. En effet, le statuaire avait été obligé de pratiquer, dans le dos de la pleureuse, une forte encoche pour ménager le passage de cette pyramide. Celte excavation est toujours apparente. Il est donc bien certain que nous ne nous sommes pas trompé dans notre assimilation, et que la figure égarée dans la salle de Coysevox est bien celle qui, des Théatins et du tombeau de du Terrail, était venue, aux Petits-Augustins, pour y former un tombeau factice à Lebatteux.
Pour attribuer cette œuvre au sculpteur Broche, nous n'avons pas d'autre autorité que le texte de Thiéry. Mais ce témoignage n'est pas sans valeur; c'est celui d'un contemporain éclairé. Quand parut le Guide des Amateurs et des étrangers à Paris, le tombeau de du Terrail venait d'être récemment exécuté. Le nom de Broche, d'ailleurs profondément inconnu, n'est pas de ceux qu'on invente à plaisir pour les besoins de sa cause et pour recommander une œuvre à l'attention du public. On doit donc estimer que 'J hiéry était bien informé et qu'il a dit la vérité. Quant à l'auteur du monument. Broche le jeune, on chercherait, je crois, en vain des renseignements nombreux et précis pour esquisser sa biographie. Deux frères, qui étaient sculpteurs et qui exerçaient à Paris, dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle, ont porté ce nom. Je ne les connais que par une circonstance consignée par Wille, dans son Journal^ en avril 1763 : « Le 14. — Deux jeunes sculpteurs, nommés Broche, ont porté chez moi, pour être exposé, un groupe de trois figures en plâtre. Ils désireroient que je les recommande pour avoir quelque occupation *. »
1. Mémoires de Wille publiés par G. Duplesfis, tome I, p. 221. Lenoir attribue encore à Broche ua « buste ea marbre de M. de Brissac le père, maré-