D'Argenville, Vies des fameux sculpteurs, p
7. Le P. Lelong, Biblioth. hist. de la France, t. III, p. 333, q° 34,427.
8. Archives de l'Art français, t. 111, p. 233. —D'Argenville, Vies des fameux scidpteurs, p. 172. Simon Lerambert était fils de Germain Lerambert; voy. Jal, Dictionnaire de biographie et d'histoire, p. 777.
probablement son grand-oncle, Louis Lerambert \ étaient, comme lui, gardes des Antiques et sculpteurs du roi, logés au Louvre, mais son arrière-grand-père ou ses grandsoncles avaient précisément travaillé pendant fort longtemps à la décoration de la sépulture des Valois »à Saint-Denis ^. Oîi donc, mieux qu'au Louvre, pouvait-on, vers le milieu du quinzième siècle, trouver des renseignements précis et des traditions sérieuses sur le point d'histoire qui nous occupe ?
Les Comptes des bâtiments du roi, publiés tant dans la Renaissance des Arts à la cour de France que dans les nouveaux volumes imprimés par M. de Laborde et édités par la Société de l'Art français, ne peuvent nous fournir aucun renseignement confîrmatif, à cause des nombreuses lacunes que présentent ces comptes à partir de 1570. Nous serions donc obligés de nous en tenir à la parole de Sauvai, si M. de Boislisle n'avait inséré son intéressant article sur la chapelle des Valois, à Saint-Denis, dans les Me'moù'es de la Société de l'histoire de Paris. Dans un inventaire, rédigé par Médéric de Donon, fait tant à Paris qu'à Saint-Denis, lors de l'interruption des travaux, en 1572, on lit (tome III des Mémoires, p. 251) que Germain Pilon avait entre les mains, au logis des Étuves, à la pointe de l'île, « une figure de marbre blanc de Jesus-Christ ressuscité, contenant vn piedz de haulteur sur m piedz de large, avec deux Juifz aux costez de pareille haulteur s'ilz estoient debout, pour servir à ladicte sépulture ». Sauvai savait et disait la vérité. On ne peut plus douter de son allégation.
i. Archives de T Art français, t. III, p. 228, 230, 231, 232.
2. Sur les deux Louis Lerambert, l'aiué et le jeuue, Jean, Henri et François Lerambert, voyez la Renaissance des Arts à la cour de France, p. 388, 389, 397, 407, 418, 424, 430, 513, 517, 527, 534, — p. 406, — p. 526, — p. 402, 456,527; les Archives de l'Art français, t. Il, p. 196 à 198; les Nouvelles archives de l'Art français, année 1876, p. 22 et 23; les Jdémoires de la Société de l'histoire de Paris, t. III, p. 248. Sur Germain et Nicolas Lerambert, voyez Jal.
Rien de plus facile à expliquer que le passage des statues de Saint-Denis à Paris, en admettant qu'elles aient un seul instant quitté Paris et n'aient pas été portées directement de l'atelier des artistes au magasin des marbres du roi. M. de Boislisle a fait voir dans quel abandon tomba rapidement la construction élevée par Catherine de Médicis. Le monument, qui menaçait ruine avant d''avoir été terminé, ne put jamais recevoir sa décoration intérieure et fut définitivement condamné par arrêt du Conseil d'État du 24 mars 1719. A ce moment, le tombeau de Henri II fut placé dans la basilique de Saint-Denis; mais, bien longtemps avant celte date, comme l'atteste Sauvai, la salle des Antiques avait offert un asile aux marbres i-culptés de la chapelle funéraire qui demeuraient sans emploi. C'est là que vinrent toutes les statues que M. de Boislisle nous a montrées entre les mains de Germain Pilon et dans ses divers ateliers *. C'est là que Sauvai, après avoir signalé le Christ et les deux soldats, indique encore une Vierge de Piété en marbre, un saint François en marbre^ un corps gisant représentant Catherine de Médicis et un Christ mort qui pourrait bien n'être qu'un a gisant ^ ». C'est toujours là que Thiéry ^ nous fait remarquer, en 1787, la présence du saint François et de la Mère de Pitié. Enfin, c'est dans la salle des Antiques que Lenoir a recueilli les autres épaves de la décoration sculptée de la chapelle des Valois, qui ne lui étaient pas arrivées directement de Saint-Denis *.
On aurait tort d'objecter que les termes de l'inventaire de Médéric de Donon m deux Juifz » ne concernent pas les deux soldats n"* 196 et 197 et ne suffisent pas à les désigner. Il est bien certain qu'au seizième siècle, dans l'inter-
\. Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, t. III, p. 273 et 274.