T. Il, 1" partie, p. 798 et
avec éloges, et auteur d'une belle statue de saint Paul et d'une de saint Pierre sur le pont du château Saint-Ange. Ce sculpteur, ainsi que plusieurs autres de ces époques si fécondes pour les arts, étoit habile orfèvre et excelloit dans la ciselure, et il avoit autant de modestie que de talent. De lui étoient en partie douze belles statues d'argent qui ornoient encore l'autel de la chapelle papale lors du sac de Rome en 1427, On citoit encore comme un chefd'œuvre de Paolo Romano un amour armé de son arc et de son carquois et qui, suivant l'épitaphe de ce sculpteur, auroit trompé Vénus qui l'eût pris pour son fils qu'elle cherchoit si la froideur du marbre ne l'avoit avertie de son erreur. Cet habile homme, qui jouissoit d'une estime générale et mérité, vécut dans la retraite les dernières années de sa vie qu'il termina à cinquante-sept ans.
Vasari fait mention d'une statue équestre d'un guerrier armé de toutes pièces et qui, de son tems, étoit renversée dans l'église Saint-Pierre, près de la chapelle de Saint-André; elle étoit de Paolo Romano, ce qui feroit croire qu'il s'étoit fait une réputation dans la représentation des chevaux, et celui de notre bas-relief offre des parties très bien traitées, ainsi que les accessoires et les ornemens. Au reste , plusieurs savans ont suspecté l'authenticité de notre inscription et la croient mise après coup et pour donner de la valeur au bas-relief. Ainsi il se pourroit qu'il ne fût pas de Paolo Romano, et qu'il ne représentât pas Robert Malatesta. Villa Rorghèse. — Hauteur : l™,59o = 4 pi. 11 po. — Largeur : l-n, 889 = 0 pi. 8 po.
Tout en faisant un judicieux rapprochement avec le texte de Vasari qui, en apparence, justifiait au moins traditionnellement l'attribution de Cicognara, Clarac se trompait comme son prédécesseur ; nous l'établirons plus loin. Il avait également tort, ainsi qu'on le verra, de douter de la sincérité de l'inscription et de la valeur iconographique et historique de ce monument. Car, sans parler de son excellente et rassurante physionomie, les preuves de sa transmission suffisaient à démontrer son authenticité.
Au moment oîi Clarac écrivait, il y avait près de deux cents ans que la sculpture était parfaitement connue, décrite, cataloguée, entourée de toutes garanties désira-
bles, universellement reconnue comme le portrait de Robert i^jalalesta. D'abord, en 1700, Domenico Montelatici dans sa Villa Borghese^ fuori di porta pinciana cou f 07'jiame7iti che si osse7'vano nel di lei Palazzo e con le figure délie statue piii singolari^ signale l'existence de notre monument :
Fra le medesime fenestre vien coUocata nel sesto ordine la statua équestre di Roberto Malatesta di Rimini, con due altre figure, corne si riconosce dal di lui nome scolpito in una parte del medesimo marmo ; il quale fu capitano famoso e générale dell' esercito di Sisfo IV, che havendo riportato moite vittorie a favor délia Chiesa et essendo percio stato ricevuto in Roma come triomfante sopravisse pochi giorni aile sue glorie ; onde da quel generoso e grato Pontefîce dicono che gli fosse alzata sopra il di lui monumento in S. Pietro quesla medesima statua, opéra di Paolo Romano, scultore di quel tempi.
En outre, dès 16S0, Jacomo Manilli parlait ainsi dans sa description de la villa Borghèse :
Nel mezzo, in correspondenza dell' altra dell' amazone ^ è posta la statua a cavallo di Roberto Malatesta, famosissimo capitano, il quale dopo moite vittorie ottenute a favore e dei Fiorentini e délia Chiesa, essendo générale di Sisto Quarto sconfisse a Campo morto l'essercito degli Aragonesi, l'anno MCDLXXXIII. E essendo percio ricevuto dal popolo romano come triomfante sopravisse pochi giorni alla propria gloria. Onde gli fù, da quel pontefice, gratissimo alla memoria disi grand'huomo, alzata sopra'l di lui monumento in San-Pietro questa medisima statua équestre, opéra di Paulo Romano, scultore insigne di quel tempi^.
Nous voici en 1650. A cette date, le bas-relief actuellement à Paris, dans la salle de Michel-Ange, était fixé dans un des murs de la façade du casino de la villa Borghèse. Ce premier point n'est pas douteux. Mais comment établir
1. Mauilli parle encore ailleurs, p. 32, de cette amazone : « E trauna finestra e l'altra si vede la statua tutta armata d'una amazone a cavallo. »
2. Villa Borghèse fuori di porta pinciana descritta da lacomo Manilli, Romano, guarda robba di detta villa. Rome, 1650, in-8, p. 38.
que le commissaire français et, avant lui, Manilli ne se sont pas trompés quand ils ont dit que la sculpture provenait de Saint-Pierre de Rome? Torrigio est là pour nous répondre avec la compétence d'un témoin oculaire et pour se porter garant de la parfaite exactitude de cette allégation. On lit dans les Sac7'e grotte Vaticane :
Roherto Malatesta d'Airiniini, detto il Magnifîco, al cui sepolcro si leggeva : Robertus Malatesta Ariminensis, veni, vidi, vici, lauream Pontifid retiili. Mors secundis relus invidit. Eravi già la sua statua équestre di marmo posta al muro nell' entrare in chiesa a mano destra, vicino alla porta del Giuditio, appresso ail' altare di SS, Caterina et Bonifacio martire; la quale nel 1607 fù dili levata coii l'occasione délia demolitione délia vecchia basilica, e fu posta sotte queste sacre grotte, ma nel 1816, a di 6 d' ottobre, fu indi estratta me présente e portata alla vigna del cardinale Sci^Dione Borghese, a Porta Pinciana, dove è stata affissa nella faciata del suo palazzo '.
Ciampini vient, en outre, prêter au témoignage si précis et si compétent de Torrigio l'appui d'un double renseignement documentaire et pittoresque. Dans son ouvrage De sacris œdificiis^ il a fait graver d'une façon détestable, il est vrai, mais cependant de manière à le laisser reconnaître, le monument de Robert Malatesta. On y voit la position qu'occupait primitivement la figure près d'une porte, dans l'église de Saint-Pierre. Ciampini, par son texte, a ainsi expliqué cette position :
Jamque ad Basilicœjanuam, quœ olim Judicii, postea S. Andreœ nomen sortita est, brevi tractu devenimus. Ad sinistram egrodientium prope sacellum B. Bonifacii Mart. exstabat sepulcrum Bonifacii IV marmoribus et cœlaturâ conspicuum, ut in tab. XIX lit. M. Pontifex iste Panthéon, célèbre Agrippae monimentum, a lurpi futilium Deorum grege expiatum, Beatissimaj Virgini, sanctisque onniibus dedicavit. Hic etiam, ut in eadem tab. XIX sub lit. P locata fuit equestris e marmore statua Ruperti Malatesta^