Torriyio, Sacre grotte Vaticane, YKomç., 1G39, p
comitis, Xysto IV régnante, S. R. E. ducis generalis, qui et Urbem et Vaticanam Basilicam ab immani et avara Saracenorum rabie tutavit, et hucusque victrices gentium immanium furias acerrime propulsatas infregit ac domuit*.
Alfarano, dans son plan de Saint-Pierre de Rome, qui date de 1590, a constaté que, de son temps, la statue de Robert Malatesta était déjà placée près de la porte du Jugement ou de Saint-André, et il indique très nettement, sur sa planche, près de cette porte désignée par le numéro 137 (Porta judicii per quamdefuncti inferebantur), la situation de notre statue à côté du tombeau de Boniface IV. On lit dans la légende gravée du plan d' Alfarano « N° 53, Sepulcrum Bonifacij IIIJ et statua equestris Ruberti Malatestœ^. »
Enfin c'est bien dans le même endroit de l'église de Saint- Pierre, et dans le même entourage qui n'avait pas été modifié, que Vasari, dès 1550, année oii parut la première édition des Vue, signale l'existence d'une statue équestre, quand il dit en attribuant cette statue à Paolo Romano : « 11 medesimo Paulo fece una statua di armato a cavallo che oggi si vede in terra a San Pietro, vicino alla cappella di San Andréa^ . Torrigio, Ciampini et Alfarano parlent, il est vrai, de la porte Saint- André ou du Jugement, et Vasari de la chapelle Saint-André. Mais je puis affirmer que la porte et la chapelle Saint-André étaient voisines et contiguës, et, topographiquement, désignaient un seul et même endroit de la basilique. En effet, Mignanti [Istoria délia basilica Vaticana, Rome, 1867, t. P"", p. 88) s'exprime ainsi en parlant de la porte du Jugement ou de Saint-André «... porta ...che si chiamô del Giudizio ed anche di S. Andréa, dalla vicina cappella a questo santo
1. J. Ciampini, De sacris œdificiis, Rome, 1693, pi. XIX, p. 67.
2. Je dois la connaissance de ce renseignement à l'érudilion de M. le baron Henry de Geymûller.
3. Vasari, Le Vite, dernière édition de G. Milanesi, t. Il, p. 648.
apostolo inalzata da Papa Pio II, dopo che ebbe avuto in dono la di lui sacratissima testa ». Je puis même avancer, d'après une obligeante communication de mon ami M. H. de Geymîiller, le savant historien de Saint-Pierre, que, dans les habitudes du langage du seizième siècle, toute la colonnade de gauche de la basilique portait quelquefois le nom de Sant'Andrea, tandis que la colonnade de droite avait reçu celui de Volto santo. Ces deux noms venaient des vocables des deux principaux autels de l'intérieur de l'église, qui étaient les plus voisins de chacune des deux parties de la façade. Un inventaire des colonnes de l'ancienne basilique, dressé par Baldassare Peruzzi et Antonio d;i San-Gallo, entre 1520 et 1537, et conservé au Musée des Offices à Florence, constate l'usage courant de ce terme au seizième siècle.
Il est donc établi par des témoignages absolument dignes de foi et par des documents irrécusables que le bas-relief n° 13 du catalogue des sculptures de la Renaissance, après avoir été exposé de IGlG à 1806 sur la façade du casino de la villa Borghèse et avoir séjourné de 1607 à 1616 dans les grottes du Vatican, avait été originairement tiré de Saint- Pierre de Rome, oii il est signalé au moins depuis 1550. Une tradition constante appuyée par une inscription aujourd'hui perdue, mais conservée dans son texte, démontre que cette sculpture provenait du tombeau de Robert Malatesta. Il nous resterait à justifier la présence de la tombe de Robert Malatesta dans l'église de Saint-Pierre, si les historiens du quinzième siècle ne s'étaient complu à raconter les splendides funérailles et les honneurs extraordinaires rendus par le pape Sixte IV au condottiere vainqueur des ennemis de l'Église. La sépulture dans la basilique Vaticane fut le plus célèbre de tous ces honneurs. Nous n'aurions pas même besoin de ce témoignage indirect, car il est possible de prouver, à l'aide de pièces d'archives, qu'en 1484
le tombeau de Robert Malatesta existait dans Saint-Pierre de Rome, élevé aux frais du souverain pontife. Il résulte d'un document publié par M. Bertolotti que, le 27 avril 1484, le trésor pontifical paya quatre florins à maître Eusebio da Caravaggio « pro deposito facto in basilica principis apostolorum de corpore quondam magnifici domini Robert! de Arimino* ».
De 1484 à 1883, il n'y a pas de solution dans la chaîne de documents qui nous montrent les vicissitudes successives, la transmission et les déplacements de la figure équestre de Robert Malatesta. Il serait intéressant de parvenir à connaître l'auteur d'un monument aussi célèbre, et il faut d'abord rendre hommage aux efforts très honorables qu'on a tentés depuis longtemps pour le découvrir. Presque tous ceux qui se sont occupés de la question ont nommé Paolo Romano, comme on l'a vu dans les textes qui précèdent. Historiquement, ce nom s'imposait à l'œuvre à cause du texte de Vasari et, d'autre part, la personnalité encore indéterminée de Paolo Romano ne s'opposait pas à cette attribution. Depuis les beaux travaux de M. Mûntz sur les A?'ts à la cour des papes, le caractère de l'œuvre de Paolo Romano se dégage^. Il n'est plus possible maintenant de confondre cet artiste, qui s'appelait Paolo di Mariano, avec cet autre Paolo Romano, sculpteur exclusivement gothique, connu par quelques monuments signés conservés dans les églises de Rome. Paolo di Mariano appartient entièrement par ses ouvrages certains à la Renaissance et à une époque très accusée de cette période de l'art. On ne pourra donc plus lui attribuer des travaux d'une brutalité et d'une naïveté toutes pisanes, émanant d'un imitateur attardé de Giovanni Pisano, comme le tombeau de Bartolommeo
1. Berlolotti, Arlisti lombardi à Roma nei secoli XV, XVI e XVII. Milan, 1851, t. le-^, p. 25.