TOMBEAU DE PIERRE DE RONCHEROLLES ET DE MARGUERITE DE CHATILLON
à la collégiale d'Écouis.
Fac-similé d'une gravure de Millin.
jusqu'en 1845. A ce moment, le musée de Versailles, qui, depuis 1834, possédait les figures de Commynes et de sa femme, la réclama à son tour. Elle fut inscrite ainsi sur l'Inventaire de Louis-Philippe sous le numéro 2665 : « Jeanne de Penthièvre, morte en J514, statue couchée en marbre, cédée au Roi par le ministre des travaux publics, le 6 septembre 1845, était déposée à Saint-Denis; entrée au musée le 8 septembre 1845. » Après 1848, elle revint à Paris, et Ferdinand de Guilhermy, qui la connaissait bien, l'aperçut dans un magasin du musée {Annales archéologiques^ t. XII, p. 93 et suiv.). C'était Léon de Laborde qui l'avait fait rentrer. Mais, après 1853, les traditions se rompirent complètement ; la statue de Jeanne fut évacuée d'abord sur l'île des Cygnes, portée de nouveau à Versailles en 1869, et emmagasinée depuis dans les bâtiments de la Petite-Venise, au bout du parc. C'est là que je l'ai retrouvée. Ce qui reste du tombeau de la fille de Commynes est un monument important de la sculpture française et de l'école qui succéda immédiatement à celle de Michel Colombe. La place qui doit lui être assignée parmi les ouvrages de la première moitié du seizième siècle a été indiquée par nous dans un article de la Gazette des Beaux-Arts^ en septembre 1884 ^
Pour se représenter ce que dut être le sarcophage destiné à soutenir la figure, il faut évoquer l'image de quelques monuments similaires à peu près contemporains de celuici. Tels étaient ou sont encore, par exemple, les mausolées de Louis de Poncher et de Roberte Legendre, au Louvre et à rÉcole des Beaux-Arts ; de trois membres de la famille de Bastarnay, dans l'église de Montrésor, près Loches; de Renée d'Orléans-Longueville, à Saint-Denis ; de Pierre
1. Voyez aussi sur ce monument La Part de l'art italien dans quelques monuments de sculpture de la première Renaissance française. Paris, 1884, ia-8, IJ. 30 à 33.
de Roncherolles et de Marguerite de Châtillon, à la collégiale d'Écouis ' ; de Charles de Lalaing, au musée de Douai^; d'Artus Gouffier et de Philippe de Montmo-
Pierre de Roncherolles et Marguerite de Châtillon. Fac-similé d'une planche de Millin.
rency, dans la chapelle d'Oiron ^ ; de Charles de La Trémouille et de sa femme, autrefois dans l'église N.-D. de Thouars*; de Guillaume de Montmorency et d'Anne Pot,
1. Millia, Antiquités nationales, t. III, XXVIII, p. 27, pi. IV.