Gazette des Beaux-Arts, t. XIII, p. 559 et
4. Bibliothèque nationale. Cabinet des estampes, fonds Gaignières Pe, 7, Réserve, f. 23.
jadis dans Téglise de Montmorency*; enfin de Charlotte d'Albret, duchesse de Valentinois, dans l'église de la Motte- Feuilly, en Berry. Il est bien certain que les sarcophages dont se composaient les monuments signalés ci-dessus avaient reçu une décoration inspirée dans une certaine mesure par l'Italie. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur quelques-uns de ceux qui subsistent, ou de lire la description de ceux qui ont disparu. Pilastres, arcades, coquilles, niches, arabesques, tout le programme italien s'y retrouve, et des textes subsistent pour prouver que les amateurs contemporains ne s'y trompaient pas plus que nous. Martin Cloistre, de Blois, s'engageait en 1524, vis-à-vis de Guillaume de Montmorency, à fournir pour un tombeau qui lui était commandé, « tous les piliers (pilastres) faits à l'anticque, le mieulx que faire se pourroit et le plus richement; item, sur chascun apostre, une belle coquille^ ». Le môme artiste, dès 1521, s'était obligea élever, dans l'église de la Motte, la sépulture de Charlotte d'Albret, où devaient être employés des «pilliers taillez à l'antique à candélabres» et des statues de Vertus « sur chascune desquelles Vertuz sera une coquille bien taillée à l'antique ^ » .
La statue de Jeanne de Commynes que j'ai rendue à l'étude est, sinon d'une beauté égale à celle de la statue de Roberte Legendre, au moins d'un intérêt capital pour l'histoire de l'art.
En effet, nous manquons un peu de renseignements sur les sculpteurs français qui succédèrent immédiatement à Michel Colombe, sur Técole des Martin Cloistre ou Claustre, de Blois, et des Bonberault, d'Orléans, etc.
1. A. Duchesne, Histoire de la maison de Mo ifmorency, Paris, 1624, p. 364.
2. Bibliothèque de V École des Chartes, \\l« série, t. II, p. 275; article de M. de Montaiglon.
i. Edm. Bonnaffé, Inventaire de la duchesse de Valentinois, Charlotte d'Albret, p. 26.
Un monument de provenance et de date certaines est donc précieux à classer au Louvre, Si nous ignorons quel a été
Charlotte d'Albret.
Sculptée sur son tombeau par Martin Cloistre. (Église de la Motle-Feuilly.
l'auteur de la figure en question, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer l'analogie frappante qu'elle
présente avec une figure de femme* de l'église de Thouars dessinée dans un recueil de Gaignières ( Cabinet des estampes Pe 7, Réserve f" 23) et avec celle de Charlotte d'Albret, œuvre de Martin Cloistre, gravée dans V Inventaire de la duchesse de Valentinois, publié par M, Bonnaffé. Non seulement la disposition du costume, la coiffure, la forme et l'attache du manteau sont les mêmes, mais encore le style paraît identique dans les sculptures comparées. La statue d'Anne Pot, gravée dans V Histoire de la Maison de Montmorency ^ ressemble aussi beaucoup par la coiffure, par la coupe et les ornements du corsage, par le système des plis, à la statue de Jeanne deCoramynes. Rappelons encore ici que le monument de l'église de Montmorency avait été exécuté en 1524 par Martin Cloistre, assisté vraisemblablement de Benoît Bonberault.
Deux écussons de marbre ornés de têtes d'anges sculptés PAR Germain Pilon. — Ces charmants et délicats morceaux de sculpture proviennent de la chapelle de Birague, à Sainte- Catherine du Val-des-Écoliers.
Le chancelier René de Birague possédait, dans l'église Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers, une chapelle destinée à recevoir son tombeau et ceux des autres membres de sa famille. Quand il mourut à Paris, le 24 novembre 1583, il fut inhumé dans cette chapelle avec une pompe extraordinaire- non loin du mausolée qu'avant d'entrer dans les ordres il avait fait élever à sa femme, Valentine Balbiani. La chapelle de Birague a été minutieusement décrite dès 1586 par le continuateur de Gilles Corrozet. Nicolas