‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 72 sur 124 · TOMBEAU DE RENÉ DE BIRAGUE · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE RENÉ DE BIRAGUE

A Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers.

( Fac-similé et réduction du dessin de Gaignières. )

tique, et l'autre en l'honneui' du mesme seigneur par Françoise de Birague, marquise de Neelle, sa fille ; l'on y void son effigie priante avec sa robbe de pourpre, marque de sa dignité, et au-dessus sont les deux vers latins, etc.. »

A la fin du dix-septième siècle, Gaignières fit dessiner les deux tombeaux. Son opérateur fut plus exact que ne l'avait été Rabel au seizième siècle. Par le fac-similé ci-joint du dessin conservé dans les recueils du célèbre amateur, on peut juger que l'exécution du tombeau de René de Birague avait été, à peu de chose près, conforme au devis du sculpteur, parafé par les deux notaires devant lesquels Pilon avait comparu. Il faut surtout remarquer que, d'accord avec les descriptions de Nicolas Bonfons et de Le Laboureur, le dessin de Gaignières nous apprend que le manteau porté par le cardinal de Birague était coloré en rouge i. Ce n'est pas d'ailleurs la seule sculpture de bronze du seizième siècle qui ait reçu l'application d'une couleur. Nous avons précédemment démontré que le buste de Jean d'Alesso, regardé à tort comme celui d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, avait également été peint en rouge.

J'ai essayé, il y a quelques années, d'exprimer mon admiration pour cet incontestable chef-d'œuvre qu'on appelle la statue de Birague 2. Pilon n'a jamais fait mieux, et cette figure est, à mon avis, la plus belle de toutes celles de la salle de la Renaissance française. Pour sentir tout ce que vaut cette sculpture à la fois si noble et si émue, si simple et en même temps si grandiose, il faut la rapprocher des monuments similaires. Dans le dôme de Ratisbonne,au milieu de la nef, s'élève la statue de bronze d'un prélat age-

1. Ce fait a été établi par nous il y a déjà longtenip?. Voyez le Buste de Jean d'Alesso, Paris, 1883, p. 4 et 3 {Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XLIII, p. 95 à 113, et Bulletin de la même Société, p. 97, séance du 16 mai 1883).

2. Germain Pilon et le tombeau de Birague par-derant notaires. Paris, 1878, in-8.

nouille devant un grand crucifix. La composition est identique à celle du tombeau de Birague, mais quelle distance entre les deux arts ! Pilon d'ailleurs, dans cet ouvrage, n'est pas seulement supérieur à tous les sculpteurs de la fin du seizième siècle, il mérite d'être égalé aux plus grand maîtres de tous les temps et de tous les pays. Le père Anselme, dans son Histoire généalogique, nous

René de Biragne.

Statue de bronze , par Germain Pilon.

(Musée du Louvre.)

a laissé une excellente biographie de René de Birague, à laquelle il suffit de renvoyer ^

Le fondateur de la chapelle de Birague ne fut pas, comme on l'a vu ci-dessus, le premier membre de cette famille qui reçut la sépulture dans l'église Sainte-Catherine du Valdes-Ecoliers. Nous avons déjà dit que René de Birague, ayant perdu sa femme, Valentine Balbiani, le 13 janvier 1572, lui avait érigé un tombeau dans sa chapelle. Il s'é-

1. Histob^e généalogique de la maison de France, t. VI, p. 492.

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