III
tait adressé pour exécuter le monument au plus grand sculpteur de l'époque, à Germain Pilon, c'est-à-dire précisément à l'artiste destiné plus tard à composer son propre mausolée.
Le tombeau de Yalentine Balbiani, dont les parties principales nous sont parvenues, a été décrit avec beaucoup de soin par Nicolas Bonfons. On lit dans les Antiquitez, croniques et singularitez de Paris, par Gilles Corrozet, et depuis augmentées par N. B. Parisien, édition de 1586 * :
La sépulture de la femme dudict sieur de Birague est près d'iceluy où est escrit ce qui ensuit :
Valentiœ Balbianœ matron. clariss. atque ornatiss. cujus anima salute et quiète fruilur sempiter. corpus Renatus Biragus Franc, chancellar. conjux pientiss. uxoris benemer. raemor hic condi cur. Obiit anno Christian, salut. MDLXXII. 13 calend. Januar. Vixit annos LIIII, menses sex, dies XX.
Aux deux costez d'icelle sépulture, il y a deux figures de bronze, dont celle du côté droit porte escrit en lettre d'or, au-dessus, en un petit tableau de marbre noir :
Morte n'est point qui vid au ciel.
Au-dessous des pieds d'icelle figure de bronze est escrit en lettres d'or, gravé en marbre :
Qui bien ayrae tard oublie.
Au costé senestre est escrit les deux mesmes vers en latin audessus et dessouz l'autre figure de bronze^. Ce tombeau est magnifiquement eslabouré, le tout en marbre blanc et noir. L'effigie d'icelle dame est tout en albastre, appuiée sur son coulde, deux oreillers de marbre au-dessous, et, au-dessus de ladite effigie, il y a deux figures d'anges, le tout de bronze et autres tenant un rouleau où sont les armes dudit sieur de Birague. Voyez le 2^ livre