‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 9 sur 124 · Clarac, Musée de sculpture, texte, t. !<='■, p · texte numérisé non relu

Clarac, Musée de sculpture, texte, t. !<='■, p

2. SauYal, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. II, ■p. 34, et Clarac, Musée de sculpture, texte, t. 1"", p. 494.

3. Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. Il, p. 34, et Clarac, Musée de sculpture, texte, t. pr, p. 498, 499 et 503.

4. Berty, Topographie historique du Vieux Paris, réf<-ion du Louvre et de« Tuileries, t. I"^, p. 229.

5. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. II, p. 33, 34, et t. III, p. 15 à 20.

gures alors, tout en se trouvant déjà dans la salle des Cariatides, poiivaienl être retournées la face contre terre, murées dans quelque obscur cabinet, enfouies sous le pavage ou noyées dans quelque remblai. Combien de monuments du moyen âge ou de la Renaissance ont été et seront encore retrouvés ainsi I

Donner la provenance de nos statues, c'est presque en nommer l'auteur ou, tout au moins, désigner l'école à laquelle elles appartiennent. On sait, à l'aide des Comptes des Bâtiments du Roi, publiés par le marquis Léon de Laborde, que Jean Goujon a travaillé au Louvre en dehors de la sculpture des cariatides de la salle du rez-de-chaussée. On lui attribue les tympans des pavillons de la cour. L'escalier de Henri II, d'un goût si charmant, est bien digne de lui, et émane indiscutablement de son inflnence sinon entièrement de son ciseau. Il faut donc rattacher les deux figures encastrées dans la cheminée de Percier et Fontaine au groupe des ouvrages qui, à un degré plus ou moins proche, se réclament du grand nom de Jean Goujon. L'examen intime du travail est loin de démentir cette conclusion fournie par la comparaison extérieure de la composition. La première pensée qui s'est présentée à l'esprit de ceux qui découvrirent ces chefs-d'œuvre a été d'en attribuer l'exécution au maître lui-même. Clarac l'a proclamé, avec quelque réticence il est vrai. Mais, bien avant lui, tel avait été, au Louvre, le cri du cœur. On lit, en effet, sur le registre des .délibérations du conseil d'administration des Musées nationaux, à la date du 23 fructidor an VU : « Le citoyen Raymond prévient le conseil qu'il est autorisé à s'entendre avec l'administration pour le transport et dépôt provisoire, dans l'atelier de restauration qui vient d'être construit pour les marbres, des deux figures de Jean Goujon, actuellement placées dans la salle d'Anatomie. »

Cette attribution toute d'instinct qui s'imposa dès le pre-

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mier jour, après s'être longtemps continuée dans les livres, semble aujourd'hui sur le point de disparaître. Ces superbes figures, égarées au milieu de l'ornementation imaginée par Percier et Fontaine, oubliées dans un arrangement architectonique démodé, ne sont plus l'objet de l'attention qu'elles méritent. Elles ont cependant droit à tous nos hommages, car non seulement elles sont dignes de Goujon lui-même ; mais, en admettant môme qu'elles n'appartiennent qu'à son école, elles nous conservent incontestablement un des plus beaux spécimens de la décoration du palais de [lenri II. La place rationnelle de ces chefs-d'œuvre est en plein musée de la Renaissance. On en a fait assez longtemps un vulgaire dessus de cheminée. L'avenir aura à se prononcer entre les artistes et les fumistes.

Passons à une autre profanation dont le même corps d'état esi responsable. Les cheminées ne restituent pas facilement leur proie. Nous espérons cependant que les charmantes arabesques qui encadraient jadis le saint Georges de Michel Colombe seront rendues, à côté du célèbre basrelief, à leurs fonctions originelles. J'en ai parlé et j'ai nommé leurs auteurs dans le second volume A' Alexandre Lenoir^ son Journal et le Musée des Monuments français, pages 68 et 88. Enfin les quatre têtes de lions encastrées, au Louvre, dans les murs d'une salle de sculpture moderne, quand cette salle était, sous le nom de salle de Germain Pilon, consacrée à contenir les monuments de la galerie d'Angoulême, seront bientôt fixées dans les salles de la Renaissance italienne. Elles avaient été employées, au Musée des Petits- Augustins, à décorer le sarcophage isolé qui portait les statues gisantes de Louis XII et d'Anne de Bretagne (n° 445 du catalogue). Lenoir les a ainsi désignées dans le

Musée des Mo)uime?is français, tome II, deuxième éclition, p. 17o : « Les têtes de lion en marbre, que l'on voit aux extrémités, ont été tirées du château de Gaillon, ainsi que les camées qui les accompagnent ; le tout a été exécuté par

Saint Georges combattant le dragon.

Bas-relief de marbre, par Michel Colombe. ( Musée du Louvre. ) •

Paul Ponce, sculpteur particulier de Georges d'Amboise. » L'attribution à Paul Ponce ne signifie rien, comme toutes celles que Lenoir a faites à cet insaisissable artiste ; mais il faut remarquer le style incontestablement italien de ces sculptures. Les cornes d'abondance fixées dans la bouche des lions sont, comme motifs de décoration, à comparer avec des ornements du tombeau de Jean de Coca, dans

Cheminée de la salle de Germain Pilon à l'ancienne galerie d'Angoulême.

l'église de la Minerve, à Rome. Ces têtes de lion, entrées chez Lenoir, au commencement de l'an VI*, avec les arabesques conservées tant sur la cheminée de la salle de Huudon que dans la salle de Michel Colombe^, se rapprocheront bientôt, dans une installation définitive,

Bas-relief en marbre du commencement du seizième siècle, provenant de Gaillon. ( Musée du Louvre. )

des colonnes de marbre à chapiteaux sculptés que j'ai rapportées de Saint-Denis en 1881, et dont quelques autres ont été également choisies par le Musée de Cluny.*

1. Alexandre Lenoir, son Journal et le Musée des Mo7iinnenfs français, t. 1"^ p. 120, n° 909. Voici un document qui confirme l'allégation de Lenoir : o Citoyen, niali,'ré que je n'ai pas encore reçu d'ordre, je profite d'une voiture qui porte peu decho:<e dans votre voisinage, et je vous envoyé les quatre rna>ques de lion, les deux pilastres du bas-relief et les niontaus qui ont été demandés par le citoyen Delanoue. Aussitôt que j'aurai reçu l'ordre de vous livrer, je vous ferai porter le surplus. .l'ai l'honneur d'être votre concitoyen. CoKBEL fils. — Paris, le 22 vendémiaire an VI. »

2. Description des sculp itres du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes, 17 J., 17 M.

Conservant toujours des traces de son aménagement primitif, lors de son affectation au musée de la sculpture moderne en 1824 ', la salle actuelle de Houdon devra restituer à leurs séries chronologiques les monuments qu'elle renferme et qui, dans un milieu transformé depuis 1851,

Une des salles de la galerie d'Angoulême , aujourd'hui salle de Houdon.

ont cessé d'être compris. Que signifie encore ce bas-relief de marbre blanc datant du dix-septième siècle et représentant un homme en costume ecclésiastique? Cette sculpture n'est pas poriée au catalogue et n'a jamais été dt'signée par une étiquette. Fixée d'une manière trop complète à la muraille, elle n'a pas été déplacée qu 'ud la salle, désignée autrefois sous le nom de salle Germain Pilon, a été plus

1 . Voyez notre Histoire du département de la sculpture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes, la Galerie d'Angoulême {l'Art, février et mars 1866).

spécialement consacrée à recevoir les monuments du dixhuitième siècle. Comme sa valeur, au point do vue historique, domine de beaucoup sa valeur au point de vue de l'art, il est à désirer qu'elle soit transportée au musée de Versailles, ainsi que le médaillon ignoré qui lui fait pendant et qui re[trésente le prévôt des marchands de Fourcy. Essayons de justifier les prétentions de notre inconnu, de faire valoir ses droits et de préparer son entrée dans le musée ouvert à nos gloires nationales.

Les iconophiles, qui professent si justement tant de respect pour la mémoire du célèbre amateur auquel la France doit les plus grandes richesses de son cabinet d'estampes, savent tous que l'abbé de Marolles, mort en 1681, fut enterré à Saint-Sulpice et qu'il y avait reçu un tombeau sculpté. Trois ans après sa mort, Germain Brice, dans la première édition de su Description de Paris ^^ s'exprimait ainsi en parlant de la sépulture de Michel de Marolles :

« A un des pilastres, entre deux chapelles, e-t l'épitaphe du fameux Monsieur de MarDlles, abbé de Villeloin, le plus grand traducteur que notre langue ait jamais eu, et qui l'a enrichie d'un grand nombre d'auteurs qui n'avoient point esté mis en françois. M. l'abbé de la Chambre, son intime ami et son exécuteur testamentaire, l'a fait mettre en cet endroit pour en conserver la mémoire. C'est une médaille de marbre blanc, oii est son portrait, sur lequel un Amour pleurant est appuie, qui tient son flambeau renversé. Voici ce qui est au bas :

MICHAELI DE MAROLLES,

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