‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 94 sur 124 · Tome V, p · texte numérisé non relu

Tome V, p

5. Cf. Saggio dellc opère di Leonardo da Vincij, Milan, 1872, p. 21 et 22, et Gazette des Beaux-Arts, !'« période, tome XV1I> p» 434.

bien même un signe machinal et habituel de la main du Vinci, une sorte de paraphe recueilli dans quelques exem-

Buste en marbre de Béatrix d'Esté, vu de profil.

plaires principaux, par des élèves respectueux de tout ce qui émane du maître.

On m'a objecté avec raison que, même en Italie, le goût

pour les enlacements de cordelettes pourraient bien n'avoir pas été exclusivement la manie de Léonard. Cette observation est judicieuse, et, sans sortir du Louvre, j'ai trouvé dans le tableau de Pôrugin (n° 442 de l'école italienne), sur l'escabeau soutenant les pieds de la Vierge, un dessin d'arabesques composé d'entrelacs. Le Jean-François de Gonzague agenouillé aux pieds de la Vierge de la Victoire est revêtu, par-dessus sa cuirasse, d'une cotte d'armes toute couverte de passementerie. Mais il n'en est pas moins vrai que Léonard a, plus que personne et jusqu'à l'exagération, partagé l'engouement de son époque pour ce motif décoratif tout particulièrement répandu dans le nord de la Péninsule et que, actuellement, ces « trecciedi cordicella » sont regardées en Italie, par les savants les plus compétents, comme un des caractères de son école et comme le « teraa favorito dei ghiribizzi del Vinci ^ ».

Enfin une dernière particularité doit appeler l'attention de quiconque veut pénétrer le secret de ce chef-d'œuvre. M. le baron de Guilhermy, dans le remarquable travail qu'il a publié sur le musée des sculptures modernes du Louvre, oîj il a si parfaitement compris et analysé la beauté du buste de Béatrix, a écrit les lignes suivantes : « Des ornements brodés sur le devant de la robe semblent une allusion à l'espérance d'une prochaine union. On y voit deux mains tenant une nappe d'oii s'échappe, à travers le tissu, pour retomber sur le calice d'une fleur, une poussière fécondante et mystérieuse^. » Cette allusion à un mariage pro-

1. G. Mongeri, Bullctino délia consulta archeologica di Milano, anno 111, i'asc. 2° 1876, p. 28. — Voyez surtout un excellent article de M. le marquis d'Adda, intitulé Essai Bibliographique sur les anciens modHes de lingerie, de dentelles et de tapisseries {Gazette des Beaux-Aris, Ir^ période, tome XVII, p. 434 à 436).

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