‹ Alexandre LenoirChapitre 29 sur 143 · EXTRAIT DU BULLETIN CRITIQUE XXXV · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU BULLETIN CRITIQUE XXXV

marchands. La nuit même, on ôta la statue ; elle fut portée à Chessy, dans la maison de campagne de M. de Fourcy, qui la fit élever dans ses jardins. Quelque tems après, la maison de Condé fit faire l'acquisition de ce monument, et, pour le dérober à la connoissance du public, elle le fit enterrer dans les caves de son palais. » De 1800 à 1816, sept éditions du catalogue des Petits-Augustins ont répété, avec plus ou moins de détails, les mêmes renseignements. Mais notre annotateur n'a cure de ces textes. Il ne daigne, sans doute, s'occuper des documents imprimés que lorsqu'il en découvre des copies manuscrites dans certains cartons d'archives.

Parlant (p. 293) de trois statues en marbre restituées ou données à l'église Saint-Paul-Saint-Louis, un des annotateurs déclare n'avoir pas pu trouver la décision de Chaptal, en vertu de laquelle ces figures sortirent du Musée des Monuments français. Pour être renseigné sur ce point, il lui aurait suffi de consulter le Journal de Lenoir à la date du 1" brumaire an XI. Mais le Journal de Lenoir était précisément un des documents sommairement condamnés à ne pas voir le jour. C'était un texte considéré comme non avenu.

En terminant ce rapide examen, qui serait facilement approfondi et continué, je m'empresse de déclarer que je me refuse à regarder la plupart des membres de la commission de l'inventaire comme responsables de ce travail avorté. J'estime qu'on a abusé de l'autorité justement attachée à leurs noms, en imprimant ceux-ci en gros caractères au bout de quelques mots de notes isolées, toutes spéciales, et sans aucune cohésion doctrinale entre elles. On a cru, peut-être, en imposer au vulgaire en lui montrant, au bas des pages, les noms les plus estimés de la science. Cependant ce pavillon respecté ne saurait couvrir indistinctement toute la marchandise qui réclame sa protection. Ce

XXXYI AVERTISSEMENT

n'est donc pas à quelques savants annotateurs^ collaborateurs intermittents du livre discuté, que je reproche les nombreux défauts de cet ouvrage. C'est au contraire à ces érudits que je m'adresse, pour leur signaler confraternellementle caractère dangereux et compromettant de l'œuvre à laquelle ils ont été associés à leur insu.

A la suite de la publication de ce compte rendu, une réponse fut adressée par M. Albert Lenoir au Bulletin critique. On trouvera en notes la réplique que j'opposai aux diverses observations de M. Lenoir.

A Messieurs les Directeurs du BuUetin critique à Paris, Messieurs,

Vous avez inséré, dans le Bulletin critique du 15 juin 1885, un article de M. Louis Courajod, conservateur adjoint au Musée du Louvre, sur la publication des Archives du Musée des Monuments français.

Cette publication est l'œuvre collective de la Commission de l'inventaire des richesses d'art ; mais elle a bien voulu m'associer à son travail, et mon nom, à l'exclusion de tout autre, a été inscrit par elle sur la couverture d'un ouvrage composé tout entier des travaux d'Alexandre Lenoir, mon père •.

Je n'ai pas à examiner ici si M. Courajod avait bonne grâce à discuter une publication faite par l'administration des Beaux- Arts*, dont nous relevons l'un et l'autre, mais j'ai le droit, la mémoire de mon père ayant été invoquée par votre collaborateur pour combattre la publication à laquelle je donne mes soins, de répondre à M. Courajod. U a prononcé le nom d'Alexandre Lenoir

1. Ceci n'est pas absolument exacU Un très grand nombre de documents n'émanent pas d'Alexandre Lenoir.

2. J'ai discuté la publication au point de vue scientifique. Je n'ai pas discuté le moins du monde l'administrâtion publique qui en faisait les frais. Je réserve absolument mes droits de critique : mais, en ce moment, je n'insiste pas, par égard pour M. le Directeur des Beaux-Arts, dont mes contradicteurs ont provoqué l'intervention et qui regretterait de voir la polémique se prolonger.

EXTRAIT DU BULLETIN CRITIQUE XXXVIl

en déclarant que nous altérions volontairement les documents que nous tenions de lui *.

Je ne dois laisser à personne le soin d'honorer la mémoire de mon père, et lorsque M. Courajod insinue à plusieurs reprises, dans votre journal, que les Archives du Musée des Monuments français ne tendent à rien moins qu'à diminuer un nom * qui est le mien, je me sens personnellement atteint, je réponds :

Il n'est pas exact que la publication visée par M. Courajod soit, comme il le prétend, le savant produit d'une opération de triage 3 (p. 228), M. Courajod n'est pas autorisé à dire que «les Archives du Musée des monuments français sont composées uniquement de documents volontairement altérés ou arbitrairement choisis» (p. 229)*. Je ne puis souffrir qu'il reproche aux éditeurs obligeants et désintéressés autant qu'érudits^ de la publication des archives d'avoir « mutilé ^ ou soustrait » des pièces appelées à trouver place dans les volumes que nous préparons en commun 7.

Un tel langage ne mérite pas d'être relevé ; si je reprends ces termes offensants 8, c'est moins pour mettre votre collaborateur en présence des expressions dont il s'est servi que pour en arriver à examiner le fond, et pour démontrer son inexactitude absolue ^.

1. C'est un poiat de fait auquel répondent notamment es pages 230, 231 et 232 du Bulletin critique. Les textes originaux et les textes modifiés y sont mprimés sur deux colonnes juxtaposées.

2. Le nom d'Alexandre Lenoir est de ceux qui ne peuvent pas être diminués. La publication des Archives du Musée des Monuments français n'est compromettante que pour ses éditeurs.

3. Toutes les sources principales, sans excepter les sources imprimées, ayant été mises à contribution dans le volume publié en 1883, j'ai prouvé surabondamment l'exclusion syslématique de certains documents.

4. C'est un point de fait. Le lecteur peut se reporter à ma démonstration : il jugera.

5. Pour justifier pleinement cette épithête, il aurait fallu répondre aux nombreux reproches d'erreur et d'inexpérience consignés dans mon article. Je constate que mon contradicteur a renoncé à défendre le tome premier. J'en prends acte.

6. C'est encore un point de fait établi dans le Bulletin critique,

7. On avouera que c'est une étrange manière de se réserver in petto la publication intégrale d'un document d'archives que de commencer par en imprimer une leçon expurgée, dans laquelle quelques mots du texte ont été omis à dessein. Si, réellement, les mots ou les documents absents du premier volume devaient paraître dans le second, pourquoi ne les a-tron pas donnés du premier coup ?

8. J 'affirme que ces termes n'ont et ne peuvent avoir rien d'offensant. Ils constituent, dans ma pensée, la simple constatation d'un fait.

9. Si, dans l'impression de mes colonnes comparatives, il s'est glissé quel-

XXXVIII AVRRTISSEMENT

M. Courajod n'a voulu lire que la, première partie de l'ouvrage qui nous occupe, sans se demander ce que pourraint contenir le second et le troisième volume de la publication qui n'est pas achevée *.

Le premier tome renferme les papiers qui sont ma propriété personnelle et les documents conservés aux archives de l'administration des Beaux-Arts*; les volumes suivants, en cours d'exécution, comprendront les pièces déposées aux Archives nationales, et cette partie du travail, classée, comme la première, par ordre chronologique, s'arrête, dans le dernier fascicule paru, à la date du 13 juin 17943.

ques erreurs^ je suis prêt à les rectifier; mais^ jusqu'à présent, je les tiens pour exactes.

1. J*ai lu, de cet ouvrage, tout ce qui avait paru au moment où j'ai rédigé, et même au moment où j'ai imprimé mon compte rendu dans le Bulletin critique du 15 juin 1885. Je n'avais pas à me demander ce que contiendrait le second volume, car je n'ai pas reproché aux éditeurs d'avoir ignoré, supprimé ou altéré un seul document postérieur à 1817, date à laquelle s'arrêtaient les documents publiés par eux dans Tordre chronologique.

2. Cette distinction, entre les papiers qui sont propriété personnelle de M. Lenoir et les papiers qui n'ont pas cette qualité, est absolument factice. D^abord, ces papiers, dans leur ensemble, proviennent tous ou presque tous de la même source^ c'est-à-dire du musée des Petits-Augustius. Ils ne doivent pas être divisés, puisque le but même de la publication est précisément de les réunir. Ensuite, le fait d'appartenir matériellement à telle ou telle personne, à telle ou telle administration publique, ne dispense pas les documents d'archives de la nécessité d'être classés en originaux et en copies. Les copies fautives imprimées dans le tome premier, d'après des papiers dits papiers personnels ou d'après les archives de l'administration des Beaux-Arts, devront donc être rectifiées dans les volumes suivants, d'après les originaux conservés aux Archives nationales. C'est une règle de critique à laquelle on ne peut pas se soustraire, et nous veillerons à ce qu'elle soit respectée. Alors il faudra réimprimer le premier volume presque en entier ou le cribler à'erraia. De ce fait résulte la preuve que, dans le plan primitif, il ne devait pas être question des textes des Archives nationales, qu'on ne réservait rien pour l'avenir et que le manuscrit, remis à l'imprimerie en 1883 et classé dans Tordre chronologique, était définitivement arrêté. C'est ce texte déplorable que j'ai déjà discuté parce qu'il condamne la publication et rend toute amélioration impossible.

3. A la date du 15 juin 1885, je n'avais pas à m'occuper de volumes non encore parus. Avant la publication des premières feuilles du tome II pouvais-je prévoir Texistence d'un erratum, — car ce n'est pas autre chose, — destiné à combler tant bien que mal quelques-unes des lacunes signalées \ Vous reconnaissez que, pour un espace de quatre ans et demi, il vous manquait cent soixante pages de documents^ c'est-à-dire qu'il y avait, dans le premier volume, plus de pièces omises que de pièces publiées. En vérité, vous êtes plus sévère que moi-même.

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