T. ni, no XXV, p. 40, 41, 42^ 43i
fille nommée Jeanne, morte en 1S14, épouse du comte René de Penthièvre. Voici son épitaphe. (Suit Tépitaphe. ) Marville dit qu'on voyait sur le tombeau un globe ou relief et un chou cabus avec cette devise : « Le monde n'est (( qu'abus. » La figure de Jeanne étoit couchée, la tête appuyée sur un coussin ; sa coiffure en lacis ressemble à celles de la princesse Renée d'Orléans et de Jeanne de Bourgogne. Elle a un long surcot et un ample manteau dont le fermail est en forme de coquille, pièce de l'écusson de son père. Son surcot est entouré de pierres précieuses. Cette figure avait été relevée et placée debout contre la muraille, comme elle est représentée. En entrant dans la chapelle, on trouvait, à droite, un des pans de la muraille du chœur chargé d'ornemens assez élégans et singuliers : il paroît que ce pan de muraille faisoit encore partie de la chapelle de Commines et que cette chapelle avoitété décorée par la comtesse de Penthièvre, sa fille, car son écusson se retrouve sur le montant chargé. d'ailleurs de feuilles d'eau, d'épis de bled, d'enroulemens, de moulures qui indiquent, pour l'art, les règnes de Charles VIII et de Louis XII. Ce qu'on remarque de plus singulier, c'est la parabole de celui qui voit une paille dans l'œil de son voisin et ne voit pas une poutre dans le sien^ représentée par deux hommes habillés en fous, l'un avec de longues manches, comme on figure Momus, l'autre en feuillages ; tous deux se montrent réciproquement au doigt. Entr'eux, il y a une pierre carrée sur laquelle on lit les paroles de cette parabole, etc. Le tombeau et les ornemens sont de meilleur goût que la chapelle ; ils paroissent avoir été faits quelque temps après, par les soins de la fille de Commines. )i
En 1791 et 1792, au moment de la suppression d'un grand nombre d'établissements religieux, les œuvres d'art les plus importantes du couvent des Grands-Augustins furent transportées au dépôt des Petits-Augustins. Parmi
ces œuvres figuraient des fragments enlevés à la décoralion de la chapelle de Commynes. Lenoir a mentionné l'arrivée des principaux morceaux de ce monument sous les numéros IS, 23, 28, et 33 de son Journal *, notamment rentrée des statues de Philippe de Commynes, d'Hélène de Chambes et de Jeanne de Commynes, mariée, comme on l'a déjà dit, à René de Brosse, comte de Penthièvre. On retrouve ces statues sous les numéros 18 et 34 de la Notice succincte de 1793, et, à partir de Tan V, elles occupèrent le numéro 93 du catalogue de Lenoir jusqu'à la suppression du musée des Petits-Augustins.
A l'époque de la fermeture du Musée des Monuments français, les statues de Philippe de Commynes et d'Hélène de Chambes restèrent abandonnées dans le bâtiment de ce musée devenu l^cole des Beaux-Arts. La création du musée de Versailles les sauva en 1832. Elles furent reçues dans ce dernier musée en 1834, et en firent partie jusqu'au moment où le musée de la sculpture moderne fut réorganisé au Louvre, de 1850 à 1853. Mais, tandis que les figures avaient été destinées aux musées nationaux, le sarcophage, sur lequel elles reposaient à la fin de l'ancien régime ^, avait été oublié à l'École des Beaux-Arts. Sans s'occuper de sa provenance, Duban s'en était servi pour décorer la cour de l'École. Le marquis de Laborde reconnut le fragment précédemment négligé, le réclama^, l'obtint et' l'installa au Louvre ^, dans une des salles de la Renaissance. La statue
1. Alexandre Lenoir^ son journal y etc., t. !«', aux numéros indiqués, p. 2, 3. 4.
2. Les plus anciennes éditions de Corrozei signalent « le tombeau de marbre et d'albâtre» de Jeanne de Commynes, et parlent seulement des efûgies de Commynes et de sa femme c à genoux et au naturel». Ces deux figures sont en pierre.
3. Gazette des Beaux- Arts, octobre 1882, et Un Fragment du tombeau de Vamiral Chabot, à l'École des Beaux-Arts, p. 15.
4. « Paris, le 18 décembre 1851. — Monsieur le directeur général, je vous prie de m'autoriser à employer un ornemaniste, dont M. Debay connaît l'aptitude, pour terminer en retour du sarcophage de Gommines des ornements