Voyez la lettre ornée de la page
2. Dans Tesprit môme des artistes français les plus éclairés, le mot antique et le mot italien se confondaient alors ou étaient presque synonymes. On lit dans une lettre de Jean Perréal à Louis Barangier, secrétaire de Marguerite d'Autriche, à la date de 1511, à propos du tombeau du duc de Bretagne, à Nantes : a Michel Goulombe besongnoit au moiz, et avoit pour moiz XX escus l'espace de cinq ans; il y avoit deux tailleurs de massonnerie antique italiens, qui avoient chacun VIII escus par moiz, l'espace de sine ans », etc. (Benjamin Fillon, Poitou et Vendée; œuvres de Michel Colombe^ exécutées pour le Poitou, l'Aunis et le pays nantais, p. 10 et 13.)
3. J. Gavallucci et Ë. Molinier. Les délia Robbia et leur œuvre, Paris, 1884, in-4, p. 164.
d'affirmer qu'il avait été devancé et annoncé en France par la venue de quelques-uns de ces modèles qui traînaient à Fétat de moulages dans l'atelier de sa famille et dans beaucoup d'autres ateliers italiens. Avant que Giovanni et Girolamo délia Robbia fissent cuire à Pistoja, vers 1525, d'après des modèles circulant un peu partout, les charmants pilastres qui accompagnent les figures des Vertus sur la frise de Thôpital du Ceppo, avant même que les fours italiens eussent livré, en 1511, à Cerreto Guidî, la cuve baptismale qui décore l'église de San Leonardo, les mêmes modèles ou leurs congénères étaient copiés à Gaillon et sculptés dans cette pierre française que Vasari, après en avoir entendu parler, compare, à propos du château de Madrid du bois de Boulogne, au calcaire de Volterre \ Des dessins, des estampes comme celles de Nicoletto de Modène, des plaquettes de bronze et même des moulages avaient donc certainement franchi les monts dès les premières années du seizième siècle. Il est fort possible qu'alors on ait vu en France, tout comme à Milan^ à Lodi, à Pavie et dans les environs de Turin, des exemples de la décoration économique des édifices, obtenue à l'aide de la terre cuite et même du stuc. En tout cas, certains monuments, comme le mausolée du duc de Bretagne, à Nantes (bien que le maître de l'œuvre fût un Français), comme les tombeaux de Philippe de Commynes et de Louis XII, nous prouvent d'une manière irréfutable le succès considérable que rencontrèrent chez nous, dès le début, les arabesques d'origine italienne.
Le courant presque exclusivement italien de la décoration du château commandé par le cardinal d'Amboise saute aux yeux, pour ainsi dire, quand on compare, dans la cour de l'École des Beaux-Arts, cette décoration à l'ornementation de l'hôtel de La Trémouille, restée, au contraire,