Charvet, Jehan Perreal, etc., p. 51 et
5. Aloïss Heiss, Médailles de personnages français exécutées à Lyon, en 4494, par Nicolo Spinelli, de Florence, Paris, 1884. In-8. — Les Médaillons de la Renaissance, Niccolo Spinelli, 1885. — Eug. Miintz, La Renaissance en Italie et en France, p. 490, 491 et 504.
étrangères sont nées sur le sol hospitalier de la France, et d'où a rayonné sur notre pays, plus que de tout autre endroit, l'influence de l'art italien. Je désire enfin désigner l'atelier d'oîi plusieurs des marbres de Gaillon ont dû sortir.
Ce sera l'honneur et un des nombreux titres de M. de Montaiglon à la reconnaissance des érudits que d'avoir démontré le premier, dès 18S1, sur preuve documentaire, la présence de plusieurs artistes italiens installés et travaillant en France dans les dernières années du quinzième siècle *. Établis d'abord à Amboise, à Tours et dans le voisinage des châteaux de la vallée de la Loire, particulièrement chers à leurs protecteurs, ces artistes se rapprochèrent peu à peu de la capitale. Au commencement du seizième siècle ils sont, ou du moins quelques-uns d'entre eux, officiellement domiciliés à Paris ; et l'hôtel du Petit- Nesle devient, à partir de ce moment, la Bastille de l'art transalpin en France.
C'est aujourd'hui un point absolument mis hors de doute. Il y eut à Paris, au moins depuis 1504, un véritable établissement royal, iine sorte d*atelier officiel dans lequel tous les arts de l'Italie furent pratiqués sous le patronage de la cour de France; cet état de choses dura fort avant dans le seizième siècle, jusqu'au règne de Henri III et même au delà. Lorsque plus tard, en 1608, Henri IV ouvrit le Louvre aux artistes, il ne fit donc que rapprocher de son palais les ateliers royaux séparés de celui-ci, jusquelà, par le fleuve. Le château du Petit-Nesle, dès le début, hébergeait confortablement, paraît-il, les étrangers, car la bonne réputation du logement affecté par les rois de France à leurs hôtes avait assez pénétré en Italie pour que Vasari s'en soit fait l'écho dans ses Vite. Grand est le nombre des artistes italiens qui se succédèrent dans cet hôtel avec le
, 1. Archives de Vart français, t. !«', p. 94 et suiv.
titre de pensionnaires royaux. Us y vivaient en famille, s*y mariaient entre eux, et plus d'un y mourut sans revoir le sol natal. C'est là qu'habita probablement, pendant Texéiutîon du tombeau de Charles VIII et peut-être pendant celle de ses deux statues de Louis XII, Guido Paganino, créé chevalier par Charles VIII. On sait que Guido Mazzone vécut vingt ans en France avec sa femme Pellegrina ttscalzi et avec sa fille, qui sculptaient comme lui.
« Messire » Guido, que nous avons vu fournir au constructeur du château de Gaillon des médaillons d'un goût si italien qu'ils passaient pour des ouvrages antiques, était, au moment de cette fourniture, domicilié à l'hôtel de Nesle. Rétribué presque au double de ses compatriotes, y compris Jean Joconde, il doit être véritablement considéré comme ayant exercé sur ceux-ci une sorte de direction. Il intervenait, en effet, incontestablement dans leurs travaux, puisc[ue les comptes nous le montrent, non pas exécutant, mais livrant seulement les médaillons en question, indignes d'ailleurs, pour la plupart de son ciseau. Si, ce qui est vraisemblable, Guido Mazzone travailla lui-même pour le cardinal d'Amboise, il fut l'auteur de certains ouvrages en terre cuite peinte, dont Lenoir a fait mention^ et qui offrent, par leur description, beaucoup d'analogie avec les sculptures du même maître conservées à Naples et à Modène. C'est encore à l'hôtel de Nesle que dut être logé ce Benedetto qui, suivant Yasari, vint chercher fortune en
1. Lenoir, interveiiaDt, sur la prière de Bodmann et de Lehné, pour faire protéger les monuments de la cathédrale de Mayence, s'est exprimé ainsi dans une lettre en date du 26 frimaire an X : « Lorsque j'allai à Gaillon pour y enlever cette belle boiserie si richement travaillée, pendant mon séjour dans cette ville, les militaires cazernés dans la chapelle où était déposée la boiserie mirent en pièces six statues en terre cuite de grandeur naturelle, provenant aussi du château du cardinal d'Amboise. Je les regrette d'autant plus qu'elles étaient chargées de leurs peintures et de leurs dorures primitives, et qu'elles devenoient pour moi des autorités palpables sur ce que j*ai avancé dans mon ouvrage à Particle des couleurs, dont la plupart des anciens monuments étoient recouverts. » J'ai publié dans le volume précédent, p. CXLI, note 3»
France et y séjourna pendant quelque temps. C'est là que Montorsoli, durant son court passage à Paris, dut venir visiter ses compatriotes, s'il n'y travailla pas lui-même pour François I". C'est là qu'était établie la famille des délia Robbia, et qu'elle y prospérait pendant et après la construction et la décoration du château de Madrid. C'est là que Cellini demeura avec ses élèves et s'installa pour modeler et fondre sa Nymphe de Fontainebleau. C'est là qu'Ascanio, devenu orfèvre du roi Henri II, épousa une fille de Girolamo délia Robbia. C'est là qu'il se trouvait encore quand, digne élève de son maître, il tua d'un coup d'arquebuse un bourgeois de la rue Saint-Denis, en 1S63. C'est là que Jérôme délia Robbia mourut au service de la France, le 4 août 1866 . C'est à côté et probablement dans une sorte de dépendance du même bôtel que Rustici avait exécuté son cheval de bronze, aujourd'hui disparu, et qu'il conservait le petit modèle du Cavallo de Léonard de Vinci, qui fit plus tard partie de la collection de Leone Leoni. C'est dans le voisinage que devait vivre l'élève et le collaborateur de Rustici, Lorenzo Naldini, surnommé Guazzetto, dont Vasari dit qu'il a beaucoup travaillé en France. La liste des noms à citer serait interminable.
Le Petit-Nesle et Gaillon, comme on vient de le voir, furent d'actife ateliers d'artistes italiens qui fonctionnèrent en France pendant la première période de la Renaissance. D'un autre côté, ce n'est pas en vain qu'un roi de France, dès 1497, payait les «gaiges et entre tenements des ouvriers
un renseignement fourni par Lenoir sur ces sculptures de terre Cuite. La note de Lenoir se termine ainsi : « Je n'ai pu recueillir que le buste en marbre et à mi-corps du roi Louis XII, que j'ai acheté à M. Gorbel, et celui de Jeanne d'Arc, qui était en morceaux (?). Tous les bustes de cette galerie étaient en terre cuite; celui de Louis XII, comme le prince régnant, était le seul en marbre. » Lenoir dit enfin, dans le t. VIII, p. 24, du Musée des Monumens français : « Toutes les statues de la galerie de Gaillon ont été brisées et mises en morceaux, excepté celle-ci et un buste de Jeanne d'Arc que j'ai fait restaurer par le même Beauvallet. n
et gens de métier qu'il a fait de son royaume de SiciUe venir pour ediffier et faire ouvraiges à son devis et plaisir à la mode dltallie ^ », Jean Joconde, Andréa Solari, Guido Paganino, Jérôme dellaRobbia, Dominique de Cortone, etc., n'étaient pas venus accomplir sur les bords de la Seine un simple voyage d'agrément. René, nous l'avons déjà dit, était rentré en France suivi de sculpteurs au nombre desquels étaient Francesco Laurana et Pietro da Milano. Il résulte de tous ces faits que des artistes italiens considérables ont demeuré chez nous, et c'est, par conséquent, un devoir pour nous de rechercher les témoignages de leur activité dans notre pays.
Le Louvre possède un buste d'homme en marbre qui fait partie de la série des ouvrages franco-italiens de Gaillon et qui a été récemment transmis au département delà sculpture moderne par le département des antiquités grecques et romaines dans les magasins duquel il avait été déposé jusqu'à ces dernières années. A peine reçu, ce monument fut exposé dans une salle du musée de la Renaissance, et des recherches, dont les premiers résultats ont été consignés dans la Gazette des Beaux- Arts en septembre 1884, lui assignèrent bientôt une place dans la série des sculptures conservées par le Louvre. L'auteur de ces recherches, guidé par le style de l'œuvre et par une analyse sommaire de ses qualités intrinsèques, la présenta au public comme un marbre de travail italien exécuté en France au commencement du seizième siècle. Ce beau buste mérite d'être l'objet d'une étude plus approfondie, d'où résultera encore pour lui, croyons-nous, une attribution certaine à un auteur déterminé et déjà connu par d'autres œuvres.
La gravure qui accompagne ces lignes nous dispense de toute description. Supprimé par nous sur cette planche, le piédouche, qui supporte actuellement le buste, est une