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MÉDAILLONS DE MARBRE PROVENANT DU CHATEAU DE GAILLON Fac-similé de la planche 78 da Musée des Monumens français.
98 LES DÉBRIS DU MUSÉE DES MO!VDlfENTS FRANÇAIS
addition moderne. Originairement notre haut-relief, contenu dans un médaillon, était appliqué sur une plaque de marbre de couleur. L'examen du revers, taillé en biseau, ne laisse aucun doute à ce sujet. Ce type de jeune guerrier, au profil irrégulier et personnel, est certainement un portrait dont je n'ose pas rechercher l'original, tant je crains les illusions et les suggestions de l'imagination. Je laisserai toutefois au lecteur la liberté de rêver — cgmme je l'ai fait moi-même en pensant à ce portrait au profil bizarre, au nez démesurément droit et long, — et de lui assigner telle attribution illustre qu'il voudra, sans excepter celle qui s'expliquerait par une flatterie adressée à l'héritier présomptif du trône, de 1R09 à 1515. Cependant, ayant hâte de marcher sur un terrain solide, je glisserai rapidement sur ce point.
Notre pièce provient de la source principale du Musée de la sculpture moderne, c'est-à-dire du Musée des Monuments français. Mais, confondue avec de nombreux objets similaires et de même origine, elle ne fut pas cataloguée isolément par Lenoir dans sa Description du Musée des Petits- Augustins. Le fondateur de cet établissement ne nous a rien transmis non plus, à ce propos, dans les volumineux documents manuscrits qu'il a laissés sur la formation de sa collection. Nous serions sans renseignements directs sur ce marbre, si la planche 78 du tome II du Musée des Monumens français ne nous en avait pas conservé une minuscule reproduction, à l'aide de laquelle nous pouvons suivre sa piste et affirmer sa provenance. On trouvera cijoint un fac-similé de cette planche. Nous savons donc maintenant que le petit monument de la planche 78, inséré par Lenoir dans une bordure ovale et rapproché d'autres fragments de sculpture de Gaillon, ornait une des salles de son dépôt, celle du quinzième siècle. Il y faisait partie de l'ensemble décoratif dont les Vues pittoresque et perspectives des salles du Musée des monuments français nous ont
éonservé le souvenir et dont quelques éléments furent cornpriS) en bloc, à partir de 1806, sous le numéro 233 du catalogue de ce musée.
Si la simple analyse de la sculpture nous avait fait, à priorij assigner à cet objet une origine italienne mélangée à des traces d'influence française, la provenance établie cidessus n'est pas de nature à démentir notre proposition. Nous n'avons donc plus qu*à nous demander quel est l'Italien qui est venu exécuter chez nous cette œuvre d'art. Nous possédons dans les Comptes de Gaillorij publiés par M. Deville, la liste des collaborateurs ultramontains, donnés par le cardinal d'Amboise aux ouvriers français. C'étaient, pour ne citer que ceux qui travaillèrent sur place, Guido Mazzone ou Paganino (Messire Paguenin), Bertrand de Meynal, Jérôme Pacherot, Jean Chersalle*, Antoine Juste*. Nous savons, d'autre part, que plusieurs artistes italiens, Jean Joconde, Andréa Solari, Jérôme délia Robbia, Dominique de Cortone, sont venus en France et à Paris, attirés par le roi de France ^. La famille de Juste était installée en France et s'était fixée d'abord à Tours *.
Je viens d'expliquer combien la colonie italienne s'était multipliée à Paris et comment, h partir des premières années du seizième siècle, elle s'établit dans le château du Petit-Nesle. Nous ne manquerons donc pas de mains italiennes à qui nous pourrions faire honneur de l'exécution, sur place, du buste de Gaillon aujourd'hui au LouVre. Mais^ comment nous reconnaître au milieu des nombreux intéressés que nous appelons h la revendication de cette œuvre d'art ? Un rapprochement avec une œuvre signée ou
i. A. DeTÎlle, Compte de dépenses de la construction du ûhâtêUU de Gaillon, p. cill> 3l8, 343, 356> 359, 360, etc., etc.